20/07/2012

Chi, une vie de chat / Konami / Glénat / coll.Glénat Kids

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Chi est un chaton femelle. Son histoire commence tristement par une journée pluvieuse alors qu’elle est de sortie avec sa maman et ses frères et sœurs. Chi est un instant distraite par un papillon qui passe. Ce moment fatidique lui vaut d’être perdue. Après de vains efforts pour retrouver sa famille, elle est recueillie par des humains. A partir de là, une relation incroyable se développe, une relation comme peuvent la connaître toutes les personnes qui ont un chat, mais vue ici à travers les yeux du chat. Ce qui est extraordinaire, c’est la faculté de l’auteur de cette BD de rendre l’ordinaire d’une famille avec un petit chat absolument captivant, sans pour autant verser dans le sensationnalisme. Le moteur de la BD se limite strictement au quotidien le plus banal qui soit, mais l’auteur a réussi à capter toute la magie de ces instants de simplicité et à la restituer avec humour et sensibilité. Petits et grands ne s’ennuieront pas une seconde à la lecture de cette charmante et pétillante BD, véritable phénomène d’édition puisque sept tomes, tous plus émouvants et amusants que les autres, sont déjà parus chez nous. Le soin apporté aux décors et aux couleurs pastels n’y est certainement pas non plus étranger. Le style graphique assez simple n’empêche pas une surprenante richesse dans les  expressions des personnages. « Chi, une vie de chat », par Konami, aux éditions Glénat, collection Glénat Kids.

 

 

M.Descornet

 

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19/07/2012

Mary Kingsley, la montagne des dieux / Mathieu, Dorsion, Clot, Telo / Magellan, jusqu’au bout du monde / Clot, Verguet, Orenge / Glénat / coll.Explora

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Une nouvelle collection voit le jour aux éditions Glénat, dédiée aux explorateurs, avec deux premiers albums consacrés à Magellan et à Mary Kingsley. Henrique Magellan est le premier navigateur à avoir effectué le tour un monde lors d’une expédition qui s’est étalée entre mille cinq cent dix-sept et mille cinq cent vingt-deux. Magellan n’est en fait pas revenu vivant de ce périple. Mais sa légende s’est construite sur son exploit. La BD nous propose une version romancée du voyage, augmentée d’une supposition qui donne un relief particulier à cet événement historique et à la renommée de Magellan. Le récit qui en est fait se révèle tout bonnement passionnant. On est loin des BD didactiques barbantes. Ici, un soin tout particulier a été apporté au dessin et à la mise en pages, de même qu’à l’intérêt de l’intrigue. Sur le même principe, l’album sur Mary Kingsley nous fait découvrir le parcours d’une femme qui s’est éveillée à la vie, au moment du décès de ses parents, et qui s’est lancée dans l’aventure en Afrique, mue par le désir de poursuivre l’œuvre de son père, lui aussi explorateur. « Mary Kingsley, la montagne des dieux », par Mathieu, Dorsion, Clot et Telo, et « Magellan, jusqu’au bout du monde », par Clot, Verguet et Orenge, aux éditions Glénat, collection Explora.

 

 

M.Descornet

 

18/07/2012

Les ruines, Berlin / Sherman, T5 / Griffo, Desberg / Le Lombard

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Le régime nazi avait savamment planifié l’extermination des Juifs, des Tziganes, des personnes handicapées et de tous ses opposants quels qu’ils soient. Cette capacité à organiser systématiquement et sans états d’âme une entreprise sans aucune prise en considération éthique a contribué à asseoir la réputation d’efficacité de l’Allemagne. Cette logique pragmatique à l’extrême séduisait le monde des affaires juste avant la seconde guerre mondiale. De nombreuses sociétés ont d’ailleurs poursuivi leurs relations commerciales après le déclenchement des hostilités. C’est ce qui est reproché par un mystérieux inconnu à Sherman, un homme d’affaire américain dont le fils, candidat à la Présidence, a été abattu et dont la famille est menacée. Cette BD évoque ostensiblement le cas de la société allemande IG Farben, entreprise chimique qui fournissait notamment le fameux gaz Zyklon B, utilisé dans les chambres à gaz des camps de concentration. Tant le scénariste Stephen Desberg que le dessinateur Griffo semble s’être donné comme mot d’ordre l’efficacité. La sobriété manifeste des dessins, des dialogues, du développement narratif, de la mise en page concourt à la fluidité et l’impact du récit. La conclusion nous est promise dans le prochain album. « Les ruines, Berlin », cinquième tome de « Sherman », par Griffo et Desberg, aux éditions Le Lombard.

 


M.Descornet

 

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17/07/2012

Le cargo maudit / Tramp, T10 / Kraehn, Jusseaume / Dargaud

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Depuis l’invention du radeau de fortune, la circulation des personnes, des biens et des marchandises par voie maritime occupe une part essentielle dans la vie du monde et la marche du progrès. Les dockers l’ont bien compris. Leurs revendications associées à des arrêts de travail ont marqué l’histoire syndicale et ont engrangé des avancées sociales certaines. Dans ce dixième album de « Tramp », Yann Calec a racheté un cargo et s’apprête à devenir son propre commandant. C’est une étape importante de son évolution. Mais pour franchir ce pas décisif, il doit recruter un équipage et décrocher un contrat. Ce n’est pas une mince affaire. Les gros affréteurs n’apprécient pas qu’on marche sur leurs plates-bandes et se montrent prêts à tout pour conserver la mainmise sur le port. Yann rencontre de grosses difficultés pour composer son équipage, et ceux qu’il parvient à embaucher, bien qu’ils lui inspirent confiance, sont des gars pas faciles, qui tirent parfois des vieilles casseroles derrière eux. Pour ne rien arranger, un meurtre rituel a eu lieu à quai à bord du navire de Yann, et on n’a pas encore identifié le coupable. Cette série se recentre admirablement sur son univers de prédilection, le microcosme marin, et développe une intrigue palpitante de bout en bout. « Le cargo maudit », dixième tome de « Tramp », par Kraehn et Jusseaume, aux éditions Dargaud.

 

 

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16/07/2012

Le protocole Pélican, T.2 / Ponzio, Marazano / Dargaud

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Ce n’est que le deuxième album de cette série et on a l’impression d’en avoir déjà lu plusieurs. L’intrigue est particulièrement fouillée et dense. Une douzaine de personnes sont enlevées et séquestrées sur une plateforme isolée en haute mer. Leur environnement carcéral est rigoureusement pensé, de la cadence des moments de détentes ou d’interrogatoires à la terminologie qualifiant le moindre aspect de leur réalité imposée. Une équipe de chercheurs les surveille, les interroge et analyse leurs comportements. Il s’agit donc d’une expérience, d’autant plus que rien ne laisse deviner sur base de quels critères ces cobayes humains ont été sélectionnés. L’objectif de cette expérimentation reste obscur, hermétique. Peut-être que la référence au pélican peut nous donner des indications. Cet oiseau particulier au gosier réservoir symbolise l’amour paternel qui nourrirait soi-disant ses petits de son propre sang. En tant que blason, comme il figure sur l’écusson dans la BD, le pélican se perce le cœur avec le bec. Voilà qui ne nous éclaire pas davantage. Nul doute pourtant que Richard Marazano nous a concocté une révélation ébranlante dans les pas des expériences de Conrad Lorenz sur la soumission à l’autorité. C’est ce qui transparaît dans cette excellente série qui n’a pas fini de nous étonner. « Le protocole Pélican », tome deux, par Ponzio et Marazano, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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14/07/2012

Sauvez la France ! / magazine « Spirou / Dupuis

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Le premier tour de l’élection présidentielle met le président sortant Nicolas Sarkozy en fâcheuse posture face au candidat socialiste François Hollande, une situation inédite, d’autant plus interpellante que l’extrême droite fait un score exceptionnellement élevé. Ce résultat est sans doute fortement influencé par le contexte économique désastreux auquel la France doit faire face, le malaise social et le sentiment de peur qui poussent au repli sur soi. Les thèmes abordés pendant la campagne et l’attitude des candidats, sauf exception, manquent de mise en perspective, privilégiant les émotions au détriment d’une vraie réflexion. Ca a du remuer dans les chaumières. Les enfants et ados s’en sont pris plein les oreilles sans toujours comprendre de quoi il retourne alors que c’est leur avenir qui est en jeu. Le journal de Spirou leur propose des pistes de compréhension et a fait appel à l’imagination de ses auteurs pour trouver des solutions inédites. La créativité a toujours été le premier pas vers l’innovation, et l’innovation vers le développement des civilisations. L’humour en BD représente quant à lui une planche de salut, dans tous les sens du terme. Il permet de désamorcer les tensions, justement exacerbées en cette période de jeu politique intense. « Sauvez la France ! », numéro spécial élection présidentielle du magazine « Spirou » aux éditions Dupuis.

 

 

M.Descornet

 

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Psychothérapie / Lloyd Singer, T7 / Brunschwig, Martin / Bamboo / coll.Grand angle

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Le titre de cet album en dit long sur ses enjeux sous-jacents, à commencer par la volonté du scénariste Luc Brunschwig de poursuivre l’aventure Lloyd Singer. Le dessinateur Olivier Neuray avait justement jeté l’éponge à la fin du cycle précédent. Se posait alors la question de relancer cette série au héros bougrement attachant. Au terme d’un profond questionnement, Brunschwig s’est décidé à continuer, en compagnie d’un jeune dessinateur, Olivier Martin. Graphiquement, le passage de relai se voit très fort et peut rebuter le lecteur exigeant. Mais à y regarder de plus près, au-delà des nombreuses imperfections et hésitations, il y a un potentiel qui ne demande qu’à s’épanouir. Martin s’est bien approprié la physionomie des personnages et surtout leurs expressions qui jouent un rôle primordial dans cette BD. Sa mise en cases séduit par de nombreux atouts. Quant au récit, Brunschwig prouve qu’il n’a pas encore tout dit et que sa décision de persévérer est la bonne. Lloyd Singer se retrouve en famille face au psy pour déterrer les vieux souvenirs et tenter de surmonter les douleurs du passé. Les conséquences sur le présent se révèlent aussi vertigineusement perceptibles. « Psychothérapie », septième tome de « Lloyd Singer », par Brunschwig et Martin, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

 

M.Descornet

 

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