23/06/2012

Sun Ken Rock, T.12 / Boichi / Bamboo / coll.Doki Doki

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Ken est un Japonais débarqué en Corée par insouciance et amour pour une jolie policière. Les circonstances vont le mener malgré lui à devenir chef de gang, un rôle qu’il assume avec grand talent. Mais Ken n’en peut plus et souhaite retrouver un vie normale, d’autant plus que son statut criminel ne lui laisse pas entrevoir un avenir radieux avec l’élue de son cœur, représentante des force de l’ordre. Ken s’est essayé au dur métier de manager d’un groupe de chanteuses en devenir. Ce qu’il découvre du côté coulisses le met hors de lui. Les jeunes filles sont soumises à des conditions de travail abominables. Elles sont forcées de se prostituer pour espérer percer un jour dans le show-bizz. Ken ne peut le supporter et se rebelle ouvertement contre ses supérieurs qui le voient comme un minable et ne connaissent pas du tout son passé de malfrat. Ken se voit contraint d’user à nouveau de violence, et même de faire appel à ses hommes. Chaque nouvel épisode de cette BD coréenne est soigneusement réalisé. Le dessin de belle qualité soutient parfaitement un récit qui reste captivant au fils de l’ascension de Ken et l’extension perpétuelle de son empire. L’humour et l’érotisme à petite dose apportent également leur contribution à cette excellente série. « Sun Ken Rock », douzième tome, par Boichi, aux éditions Bamboo, collection Doki Doki.

 


M.DESCORNET

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22/06/2012

Fraternity / Diaz Canales, Munuera / Dargaud

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Jose-Luis Munuera est assurément dans son élément avec cette BD qui attire le regard et convaincra les lecteurs qui veulent un dessin léché de haute qualité. Un bon dessin sans une bonne histoire, c’est comme du chocolat sans cacao. Juan Diaz Canales allie avec harmonie tous les ingrédients qui font justement une bonne histoire. Une dose de mystère, de la violence pas gratuite, des tensions au sein d’une communauté d’hommes et de femmes qui veulent réaliser un idéal mais ne s’en donnent pas vraiment tous les moyens, un climat social délétère, propice à la résurgence des individualismes, un modèle organisationnel en bout de souffle, quelques fortes têtes, le tout bien tassé entre une forêt habitée par un démon et un labyrinthe rocheux ; ajoutez-y un contexte bien flippant du style la guerre de sécession et vous obtenez un récit captivant à souhait, surtout quand c’est un alchimiste de talent qui donne vie à ce mélange. Les protagonistes sont subtilement travaillés et possèdent tous leur part d’ombre et de lumière. Cette BD fait mouche tant elle se structure sur un postulat tout simple qui est condamné à l’échec tel que chacun d’entre nous peut l’expérimenter. L’être humain tente de vivre en harmonie avec ses semblables mais le démon qui sommeille en nous prend inévitablement le dessus. « Fraternity », par Diaz Canales et Munuera, aux éditions Dargaud.

 


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21/06/2012

Au nom du fils, T.2 / Perrotin, Belin / Futuropolis

 

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Michel Garendeau est un Français d’âge mûr dont le fils Etienne a été enlevé par la guérilla colombienne. Les autorités le rassurent de manière un peu trop convenue à son goût. Plutôt que de s’en remettre aux aléas de la diplomatie et à la lourdeur des tractations, il décide partir lui-même à la recherche de son fils. C’est ainsi que Michel réalise un véritable voyage initiatique à la rencontre d’un pays très différents, d’une population et d’une société bâtie sur d’autres valeurs, d’une jeunesse aussi, une jeunesse actuelle aux motivations parfois lointaines de celles des générations précédentes. Michel découvre un monde inattendu. Cette quête de son fils passe presque, à un moment du récit, au second plan. Il suit sa trace mais les informations qu’il parvient à glaner ne lui donnent pas les indications suffisantes pour le localiser avec certitude, ce qui donne lieu à de très longues périodes d’attente, l’occasion pour Michel de faire connaissance de manière approfondie avec cet environnement incomparable. Le contact avec les gens et avec leurs coutumes, leur façon de vivre, lui permet aussi d’atténuer l’inquiétude permanente de ne pas retrouver son fils. Et pour nous, lecteurs, c’est une leçon sur l’ouverture, sur la curiosité envers d’autres manières de penser, qu’elles soient intergénérationnelles ou culturelles. « Au nom du fils », deuxième tome, par Perrotin et Belin, aux éditions Futuropolis.


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20/06/2012

Ellen / Destins, T.14 / Giroud, Durand / Glénat / coll.Grafica

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Cet album est la conclusion d’une série concept qui nous aura trimbalé dans plusieurs directions, plusieurs destins qu’auraient pu vivre Ellen Baker, une femme militante engagée, mère de deux enfants, épouse d’un avocat aux dents longues. Ellen a commis une erreur de jeunesse qui la rattrape aujourd’hui. Elle a tué quelqu’un mais n’a jamais été identifiée. A présent, c’est une autre qui est accusée à sa place et qui risque la peine de mort. Face à ce dilemme, Ellen a fait un choix. Mais si elle en avait fait un autre, il n’est pas sûr que son destin aurait été radicalement différent. Ellen se trouve internée dans une institution psychiatrique. L’arrivée d’un nouveau directeur va provoquer un changement. Ellen s’ouvre à lui. Les événements qui vont suivre provoquent une prise de conscience libératrice qui va offrir à Ellen un nouveau destin, à moins que ce ne soit tout simplement celui qui était tracé pour elle depuis le début. Cette série se conclut par un message maintes fois ressassé mais qui mérite de l’être. Par contre, au bout de quatorze albums, on a envie de se dire « tout ça pour ça ?! » ; avec le sentiment que tout aurait pu être dit efficacement sans infliger au lecteur de telles dépenses et avec des albums de qualité parfois médiocre. Heureusement, Michel Durand replace graphiquement la barre très haut pour ce quatorzième tome de « Destins », « Ellen », scénarisé par Giroud, aux éditions Glénat, collection Grafica.


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19/06/2012

Only for your eyes / Game over, T.7 / Midam, Thitaume / Mad Fabrik

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La colonne vertébrale de cette série, c’est le concept. Bien sûr, plein de BD reposent sur un concept. Mais ici, c’est le concept de concept qui compte. Le septième tome présent une couverture originale, conceptuelle, totalement noire avec un dessin en surbrillance. Le héros de cette BD est un petit barbare, l’avatar de Kid Paddle dans un jeu dont le but est de sauver une princesse des griffes des Blorks, d’horribles monstres patibulaires. Le petit barbare finit irrémédiablement par mourir de mille et une manière, si ce n’est pas la princesse elle-même qui y passe. Le concept consiste à déployer des trésors d’imagination dans un univers très limité et un scénario bâtit sur le principe du running gag. Tout le talent de Midam, le créateur de la série, réside dans son improbable habileté à insuffler dans ce canevas extrêmement répétitif une dose létale d’humour d’une originalité époustouflante. Graphiquement, l’apparente simplicité dissimule un imposant travail de recherche qui se traduit par une grammaire percutante. Les gags allient fluidité et acuité, avec pour résultat une efficacité redoutable qui fait mouche. Dans cet album, Kid Paddle apparaît à trois moments, comme pour mieux nous rappeler ce qui le lie au petit barbare. « Only for your eyes”, septième tome de « Game over », par Midam et Thitaume, aux éditions Mad Fabrik.


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18/06/2012

Deuil et espoir / Walking dead, T15 / Kirkman, Adlard / Delcourt / coll.Contrebande

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Dans l’épisode précédent, une communauté réfugiée dans un quartier barricadé a du faire face à une invasion de zombies. Lors des combats, plusieurs personnes sont mortes. Rick est un policier, pour autant que cela signifie encore quelque chose dans un monde dévasté. Il survit et se bat pour préserver sa famille et la communauté dont il a pris naturellement la direction. Ses pires ennemis ne sont pas les zombies mais bien les membres de la communauté, en proie aux dissensions internes, aux conflits humains tels qu’ils ont toujours existés mais qui prennent dans ce contexte une dimension bien plus dramatique. Rick tente de maintenir la cohésion du groupe. Il agit dans ce but, et avec les moyens nécessaires, mêmes s’ils sont parfois radicaux. Mais petit à petit, Rick se rend compte qu’il existe un ennemi encore plus redoutable que les zombies ou ses compagnons, c’est l’homme qu’il est en train de devenir. Et puis, son fils a été gravement blessé à la tête. Rick a déjà perdu sa femme. Il ne lui restera aucune raison de continuer si son fils meurt. Cet épisode confirme l’énorme qualité de la série. Il y a une véritable cassure dans la perception que Rick a de lui-même et de ce que devient son fils. Ce ne sera pas sans conséquence sur les développements futurs. « Deuil et espoir », quinzième tome de « Walking dead », par Kirkman et Adlard, aux éditions Delcourt, collection Contrebande.


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17/06/2012

Le choix d’Ivana / Tito / Casterman

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La guerre de l’ex-Yougoslavie représente une des blessures de l’histoire européenne les plus sanglantes. Les plaies ont du mal à cicatriser. L'ancien président serbe Slobodan Milošević était accusé auprès du Tribunal pénal international pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, mais il est mort avant la tenue de son procès. Le commandant en chef de l’armée serbe, Ratko Mladić, est accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois et coutumes de la guerre. Il a été arrêté en mai deux mille onze. Radovan Karadžić, dirigeant des Serbes de Bosnie, est accusé de crimes de guerre et de génocide pour avoir orchestré le siège de Sarajevo, et pour le massacre de Srebrenica. Il a été arrêté en juillet deux mille huit et doit être jugé par le Tribunal pénal international. C’est à ce moment que commence pour Ivana une quête primordiale. Quelques années plus tôt, alors qu’elle tentait de survivre aux tires des snipers dans Sarajevo, Ivana a été violée par des miliciens serbes. Un enfant est né de ce viol, une petite fille dont elle s’est occupée avec amour. Mais comme beaucoup de mères, elle a du s’en défaire, ne pouvant lui assurer un avenir. A présent, Ivana veut retrouver sa fille, adoptée en Italie. Tito réalise là un récit poignant, empreint d’une profonde humanité et porteur d’espoir malgré la dureté du propos. « Le choix d’Ivana », par Tito, aux éditions Casterman.


M.DESCORNET

 

 

 

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