05/01/2012

Cendres / Metropolitan, T.3 / Bonneau / Dargaud

 

Sous des dehors de polar tendu, « Metropolitan » nous propose une percutante démonstration de la nocivité de quelques uns de nos pires comportements, à commencer par l’égoïsme. Notre société et la manière dont nous la structurons révèle notre moi collectif profond. La violence qui se manifeste à tous les niveaux et de différentes formes est un corolaire inévitable de l’individualisme. La course au profit et la course au pouvoir sont indissociables de notre mode de vie. C’est ainsi que les amitiés sincères peuvent dissimuler de terrifiants secrets capables de détruire un homme. Vincent, Marc et Alexeï se sont liés par un croisement de leurs destins. Cette rencontre les a soudés d’une certaine manière. Et elle les a aussi condamnés à une douloureuse et inévitable déchéance. Les auteurs, deux frères dont la collaboration semble porter de succulents fruits, ne proposent pas de solutions. Ils dressent un constat impitoyable, d’une noirceur profonde. Et ça fait mal. Le lecteur refermera ces trois tomes assez secoué, envahi par un sourd sentiment de malaise. Il fera inévitablement le lien avec les événements qui font l’actualité, les troubles sociaux aux quatre coins de la planète, qui frappent indistinctement les pays développés ou moins nantis, les démocraties comme les états policiers. « Cendres », troisième tome de « Metropolitan », par Julien et laurent Bonneau, aux éditions Dargaud.

 

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04/01/2012

Pour la gloire du diable / L’œil des dobermans, T.1 / Cothias, Ordal, Zanat / Bamboo / coll.Grand angle

 

Patrick Cothias lance plusieurs séries simultanées aux éditions Bamboo. Celle-ci porte un titre qui lui va comme un gant. Cothias est en effet fort porté sur la chose religieuse, en ce qu’elle permet d’iconoclastie. Mais en l’occurrence, le diable prend ici la forme d’un petit caporal qui a survécu au charnier de la première guerre mondiale, sauvé par un humaniste. Vingt ans plus tard, le caporal est devenu Chancelier allemand. Son armée annexe l’Autriche. La seconde guerre mondiale se profile dangereusement. Adolf Hitler se souvient de son sauveur Arno Ixks, devenu archéologue. Il souhaite justement s’adjoindre ses services. Hitler est en effet féru d’occultisme et de reliques mystiques. Ce que le führer souhaite a des allures d’obligation incontournable. Arno ne se prive pourtant pas pour lui tenir tête devant ses généraux, Himmler, Göring, Heydrich, Goebbels. Des menaces sur son entourage le décideront malgré lui à accepter la mission. Arno Ixks est envoyé au Tibet. Il rejoint une équipe d’experts dans des disciplines scientifiques variées, qui ne sont pas nécessairement informés du véritable objectif du projet. Cothias retombe dans ses propres ornières mais parvient tout de même à susciter de l’intérêt, voire de la compassion. « Pour la gloire du diable », premier tome de « L’œil des dobermans », par Cothias, Ordal et Zanat, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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03/01/2012

Les aventures d’Hergé / Bocquet, Fromental, Stanislas / Dargaud

 

La sortie sur les écrans de cinéma du film « The Adventures of Tintin – The Secret of the Unicorn » est accompagné d’un véritable raz de marée de produits dérivés. C’est aussi l’occasion de surfer sur la vague et de publier l’un ou l’autre ouvrage sur l’univers de Tintin ou de son créateur Hergé. « Les aventures d’Hergé » entre dans cette catégorie. Cette BD raconte les débuts de Georges Rémi, alias Hergé, en tant qu’illustrateur puis auteur d’un reporter dégourdi qui part à la conquête du monde pour faire œuvre de messager auprès de la jeunesse catholique, le lecteurs du Petit Vingtième. Hergé a créé Tintin à l’instigation du directeur du journal, l’Abbé Wallez. Tintin est d’abord parti en U.R.S.S pour y dénoncer les méfaits du bolchévisme. Cette première aventure a connu un succès retentissant. Un faux retour a même été organisé à la gare du Nord de Bruxelles avec un acteur. Une foule impressionnante s’était déplacée. Les aventures de Tintin prenaient leur envol. Hergé voulait l’envoyer au pays des Peaux rouges mais son mentor en a décidé autrement. Il s’agissait de faire œuvre de paternalisme envers la colonie Congolaise. Après Tintin au Congo, Hergé a enfin pu concrétiser son envie d’Amérique. A côté de son œuvre, la BD nous fait découvrir les grands jalons de sa vie privée. Une intéressante porte entre-ouverte : « Les aventures d’Hergé », par Bocquet, Fromental et Stanislas, aux éditions Dargaud.

 

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02/01/2012

Les meilleurs ennemis / Première partie :1783 – 1953 / David B., Filiu / Futuropolis

 

Les attentats du onze septembre ont soulevé beaucoup de poussières mais également de doutes et de suspicions. Les théories du complot ont vite émergé des décombres. Les liens étroits qu’entretient la famille Bush avec les Ben Laden ont alimenté les spéculations les plus audacieuses. Les relations entre les Etats-Unis et les pays arabes ont de tous temps été ambiguës. L’un des plus gros consommateurs de pétrole ne peut que s’entendre avec les principaux pays producteurs, même si l’amour et la haine se côtoient parfois de manière très tumultueuse. Jean-Pierre Filiu et David B. nous retracent l’histoire chaotique des échanges entre les Etats-Unis depuis qu’ils existent avec les pays arabes. Le premier opus de cette œuvre ambitieuse s’attarde à la période qui s’étend de la première intervention américaine en Lybie au coup d’état orchestré par les Américains en Iran. D’un ton sarcastique mais néanmoins fort pertinent et rudement bien documenté, les auteurs expliquent comment les premiers accords de paix se sont conclus, favorisant l’expansion du commerce. Ils focalisent particulièrement leur attention sur l’Arabie saoudite. Un épais ouvrage hautement recommandé si vous voulez comprendre un peu mieux le dessous des cartes de la diplomatie américaine au Moyen-Orient. Superbement illustré : « Les meilleurs ennemis », Première partie :1783 – 1953, par David B. et Filiu, aux éditions Futuropolis.

 

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