31/08/2012

Vêtue par le ciel / Muraqqa, T.1 / Ruiz, Miralles / 12 bis

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 « Muraqqa » est un mot persan qui désigne littéralement une œuvre composée d’éléments mis ensemble, un pourrait dire un « patchwork ». La signification de Muraqqa est pourtant plus large et s’applique à des recueils de peintures de petit format ou de calligraphies islamiques de diverses natures et origines. Très populaire au seizième siècle, les muraqqa ont progressivement relégué au second plan les recueils de poésies illustrés qui présentaient une plus grande cohérence et une unité plus vaste dans leur conception. Créer un muraqqa demandait énormément de temps et de talent. Les commanditaires étaient généralement à la fois esthètes et fortunés. L’empereur perse Jahangir désire faire réaliser un muraqqa représentant les différentes facettes de son harem. Pour effectuer ce travail qu’il ne peut évidemment pas confier à un homme, il recrute Priti, une jeune hindoue orpheline originaire de la communauté jaïn. Le fait qu’elle ne soit pas musulmane va lui valoir quelques chocs culturels, tels que la consommation de viande. Et puis, il y a un protocole très strict à respecter dans le harem. Priti va néanmoins rapidement s’adapter et nouer des relations enrichissantes. Une mission artistique en immersion complète au sein d’un des lieux les plus inaccessibles :  « Vêtue par le ciel », premier tome de « Muraqqa », par Ruiz et Miralles, aux éditions 12 bis.

 

 

M.Descornet

 

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30/08/2012

Variable d’ajustement / Dans mon open space, T.4 / Larcenet, James / Dargaud

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Que signifie au juste une « variable d’ajustement » ? Ne cherchez pas, vous ne trouverez aucune définition de cette expression pourtant de plus en plus usitée, d’origine statistique et qui a trouvé un terrain d’application dans le monde de la gestion des ressources humaines. Voilà encore une belle expression déshumanisante, « ressources humaines ». Nous ne sommes plus des personnes, des travailleurs mais des ressources au même titre que le matériel de bureau, les logiciels informatiques ou les machines de chantier. Et donc, les ressources humaines sont devenues des variables d’ajustement. En clair, cela veut dire que les personnes qui offrent, contre rémunération, donc qui vendent leur temps et leurs compétences, sont susceptibles de se faire licencier à tout moment en fonction des besoins de l’entreprise. En fait, il n’est même plus question de besoins mais, puisque nous sommes des variables statistiques, de répondre aux fluctuations du chiffre d’affaire et des dividendes. N’empêche que, au quotidien, l’endroit où, après notre lit, nous passons le plus de temps dans notre existence humaine, c’est l’entreprise, cet univers qui nous chosifie et qui a la perverse prétention de nous faire croire que nous sommes des humains de valeur, pas du mérite, non, mais une valeur quantifiable, ajustable. « Variable d’ajustement », quatrième tome de « Dans mon open space », par Larcenet et James, aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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29/08/2012

Gettysburg / La Jeunesse de Blueberry, T.20 / Blanc-Dumont, Corteggiani / Dargaud

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La couverture de cet album rend hommage à Jean Giraud, récemment décédé, créateur de Blueberry, avec Jean-Michel Charlier. Le récit semble par contre peiner à inclure le héros dans le fil de cet épisode de l’Histoire, avec un grand H, qui est ici conté. Entre le premier et le trois juillet mille huit cent soixante trois, la bourgade de Gettysburg fut le théâtre d’une des plus effroyables boucheries sanguinaires de la guerre de sécession aux Etats-Unis, avec cinquante et un mille morts. Les historiens s’accordent pour dire que la bataille de Gettysburg représente le moment décisif vers la victoire de l’Union. Le Président Abraham Lincoln y prononça un discours resté dans les annales et dont voici un extrait : « Nos pères ont donné naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux. Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation, ainsi conçue et vouée au même idéal, peut résister au temps ». Un texte qui reste furieusement d’actualité en bien des endroits de notre planète, dont plusieurs semblent pourtant bien paisibles, tant les libertés fondamentales se trouvent insidieusement menacées. Une leçon d’histoire : « Gettysburg », vingtième tome de « La Jeunesse de Blueberry », par Blanc-Dumont et Corteggiani, aux éditions Dargaud.

 

 

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28/08/2012

L’hôpital des docteurs Toc-toc / Petit Poilu, T.11 / Bailly, Fraipont / Dupuis / coll.Puceron

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Petit Poilu est un personnage attachant tout noir et poilu. Tous les matins et tous les soirs, un rituel ponctue ses journées, chaque fois un peu différent, parce que la vie ce n’est jamais monotone. Et entre le lever et le coucher, il se passe plein de chouettes aventures. Après un bon petit déjeuner, Petit Poilu reçoit un bisou de sa maman et s’en va à la découverte du monde. Cette fois-ci, il fait connaissance avec l’hôpital des docteurs Toc-Toc. Dans cette clinique un peu particulière, les médecins siamois diagnostiquent une méchant microbe dans le ventre de Petit Poilu. Il va alors apprendre le quotidien d’un malade et la réalité des soins prodigués dans un hôpital, même si celui-ci est un peu toc-toc. Grâce aux bons soins des médecins et infirmières, et aussi d’un nouveau copain qui partage sa chambre et lui remonte le moral, Petit Poilu guérit. De cette histoire faite de simplicité, les plus petits peuvent mieux appréhender l’univers hospitalier, de l’auscultation à la guérison , en passant par la salle d’opération et les appareillages techniques. Pierre Bailly et Céliné Fraipont s’adressent avec une remarquable justesse aux enfants à partir de trois ans, et à leurs parents, avec un nouveau récit tout en images, habilement construit. « L’hôpital des docteurs Toc-toc », onzième tome de cette sympathique série « Petit Poilu », par Bailly et Fraipont, aux éditions Dupuis, collection Puceron.

 

 

M.Descornet

 

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27/08/2012

Les terres basses / Seuls, T.7 / Vehlmann, Gazzotti / Dupuis

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Un monde déserté, figé, dépourvu d’adultes. Des enfants seuls, laissés à leur triste sort. Des événements mystérieux et une menace sourde et permanente. Voilà quelques-uns des ingrédients clés de cette série attachante bien qu’inquiétante. Le premier cycle avait permis de comprendre ce qui avait engendré cette situation. En réalité, les enfants sont morts et l’endroit dans lequel ils évoluent à présent est une sorte de purgatoire. Il leur est impossible d’en échapper. Et y mourir a pour conséquence d’y ressusciter. Le deuxième cycle, commencé avec l’album précédant, approfondit le questionnement et la découverte des subtilités de cet univers oppressant. Les choses se compliquent. Non seulement, les relations interpersonnelles se révèlent aussi féroces que dans la vraies vie, mais en plus de nouveaux dangers font leur apparition. Des enfants zombies aux yeux rouges tentent de s’emparer des presque-survivants. Quant à la ville, elle s’enfonce inexorablement. Une course contre la montre s’engage. Il s’agit de trouver le moyen de fuir vers les zones en hauteur qui deviennent de plus en plus inaccessibles. Cette série qui s’adresse aux jeunes ados innove constamment et finement. Si la menace s’intensifie, la tendresse trouve aussi une place grandissante et surprenante dans « les terres basses », septième tome de « Seuls », par Vehlmann et Gazzotti aux éditions Dupuis.

 

 

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25/08/2012

Naja / Bengal, Morvan / Dargaud

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Le naja est un serpent tueur. On ne pouvait pas choisir meilleur totem pour cette histoire de tueurs qui s’entretuent. Une organisation de tueurs mandate son numéro un pour éliminer son numéro trois. Le numéro deux se pose quelques questions. Il y a du rififi chez les méchants. Ca va faire du grabuge et c’est peu de le dire. L’apparente simplicité du récit permet au dessinateur de se déchaîner. Les variations de cadrage sont sidérantes. L’action est sublimée par le style graphique nerveux de Bengal. C’est un plaisir de lecture pour qui aime les bonnes histoires de tueurs professionnels de haut niveau. Et puis, au fil des pages très rythmées, les commentaires du personnage principal, une jeune fille aussi venimeuse que sexy, ses commentaires donc vont vous faire découvrir une autre dimension au récit. Sans vous en rendre compte, vous serez séduit par la profondeur du propos. Vous découvrirez un monde sous la surface de cette violence affichée. La froideur des tueurs cache forcément une humanité fragile, émouvante. Ces gens-là ne sont pas fait autrement que le citoyen lambda. C’est juste que leur parcours a pris une voie inhabituelle et que leurs sentiments ont trouvé un moyen d’expression très direct, sans concession. Cette intégrale  de « Naja », par Bengal et Morvan, est parue aux éditions Dargaud.

 

 

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24/08/2012

Funérailles / La mort de staline, T.2 / Dargaud

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Joseph Staline a été un des artisans majeurs de la construction de l’URSS, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Cet homme au caractère d’acier, d’où son nom, s’est forgé un rôle de dirigeant à poigne au moyen d'intrigues souterraines et d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik, et en s'appuyant sur la toute-puissante police politique et sur la bureaucratisation croissante du régime. Il imposa progressivement un pouvoir personnel absolu et transforma l'URSS en un régime de type totalitaire dont le culte obligatoire rendu à sa propre personne fut un des traits les plus marquants. Ces agissements historiques offrent quelques similitudes avec la toute-puissance actuelle de Vladimir Poutine. Staline fit nationaliser intégralement les terres, et industrialisa l'Union soviétique à marche forcée par des plans quinquennaux, au prix d'un lourd coût humain et social. Son long règne fut marqué par un régime de terreur et de délation paroxystique et par la mise à mort ou l'envoi aux camps de travail du Goulag de millions de personnes. Après sa mort, les dissensions internes au parti ont causé de sérieux remaniements tout aussi brutaux, portés par Nikita Khrouchtchev. Nury et Robin ont juste un peu accommodé la réalité, déjà excessive, pour nous offrir une passionnante relation des événements dans « Funérailles », deuxième tome de « La mort de staline », aux éditions Dargaud.

 

 

M.Descornet

 

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