31/07/2012

La couleur des dieux / Ella Mahé, T.4 / Glénat / coll.Caractère

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Un cycle se termine avec cet album où l’on retrouve la restauratrice de manuscrits anciens Ella Mahé, une jeune femme qui les yeux vairons, un bleu, un noir, une particularité qui sème le trouble en Egypte car une princesse oubliée partageait cette singularité avec Ella Mahé. Cette princesse sans nom a connu l’exil. Mais les populations qui l’ont recueillie lui ont voué un culte éternel, perpétué par leur descendance. Thomas Reilly, un aventurier charmeur, part avec Ella Mahé à la recherche du tombeau de la princesse. On dit qu’il recèle de fabuleuses richesses. C’est en traversant le désert que la vraie nature de Thomas resurgit. Loin de lui les belles ambitions affichées sur le patrimoine historique. Ses motivations sont purement mercantiles, à la grande déception d’Ella. La légende de la princesse sans nom est associée à une couleur qui n’existe nulle part sur terre, et que les indigènes appellent la couleur des dieux. Thomas Reilly, qui n’est donc pas l’égyptologue érudit qu’il prétendait être, s’imagine tout le profit qu’il pourra tirer d’une telle découverte. Maryse et Jean-François Charles réussissent une nouvelle fois à réaliser une BD sensible et humaine, teintée de mystère. Christophe Simon y assure la partie historique. « La couleur des dieux », quatrième tome de « Ella Mahé », aux éditions Glénat, collection Caractère.

 

 

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30/07/2012

Les otages / Floc’h, Germain, Dubois / Futuropolis

 

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Nombreux sont ceux d’entre nous qui sommes attirés, voire fascinés par l’Afrique, probablement en partie parce que nous y avons un passé colonial. Il est facile de trouver un cours de Djembé et de se laisser envahir par le tambourinement envoûtant. Sophie suit les cours de Pete, un Togolais charismatique, qui propose à ses élèves un voyage dans son pays hors des circuits touristiques, une sorte d’immersion dans la vraie vie. Séduite par cette promesse d’authenticité, Sophie convainc son compagnon Antoine, qui y voit la réalisation d’un vieux rêve. Aveuglés par les belles paroles de Pete, le couple ne sent pas venir l’arnaque qui les attend au Togo. Arrivés sur place, le rêve se transforme en cauchemar. Pete se révèle être un gourou bonimenteur dangereux. Sophie et Antoine sont séquestrés, leurs moindres mouvements sont épiés. Ils ne peuvent pas quitter la communauté qui les héberge dans des conditions d’hygiènes exécrables. Leur naïveté se paye cher. Ils sont coincés. Leur calvaire va s’empirant. La maladie et la violence imprègnent de plus en plus leur morne quotidien d’otages. On se dit que tout cela doit avoir un sens, comme de faire prendre conscience de la réalité togolaise. Hors des clichés convenus cette BD dénonce les prêcheurs africains qui abusent de la crédulité des gens, les escrocs qui leur tendent des pièges criminels. « Les otages », par Floc’h, Germain et Dubois, aux éditions Futuropolis.


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29/07/2012

Midnight crossroad / O’Boys, T.3 / Cuzor, Colman / Dargaud

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Cette BD est directement inspirée du roman de Mark Twain « Les aventures de Huckleberry Finn ». Un jeune garçon fuit son père alcoolique et violent. Il croise le chemin d’un esclave noir en fuite accusé du meurtre de ce même garçon. Les deux fuyards décident de partir vers le Sud. Huck Finn et Charley William parcourent les contrées qui bordent les rives du Mississipi et qui vivent au rythme du blues. Le blues va d’ailleurs être une révélation pour Charley qui va se mettre à en jouer avec une belle virtuosité et acquérir le surnom de Lucius No Fingers. Sous couvert de cet anonymat, Charley, alias Lucius, tente sa chance pour devenir un grand bluesman. Il en a l’étoffe. Huck retourne alors chez lui mais apprend que son ami Charley est recherché pour meurtre. Il se lance alors sur la piste de Lucius No Fingers pour le prévenir, accompagné par Suzy, une vagabonde délurée. La BD, superbement mise en images, s’écarte intelligemment du roman mais reprend les thèmes chers à Mark Twain, le caractère social, la relation entre la réalité et l'illusion, les régionalismes, les travailleurs des classes inférieures et l'exagération, la liberté par la fuite. Stefan Colman reprend le scénario à la suite de Philippe Thirault sans aucune rupture, ni de rythme, ni d’ambiance. Une série attachante « O’Boys », dont le troisième tome,« Midnight crossroad », est signé Cuzor et Colman, aux éditions Dargaud.

 

 

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25/07/2012

Deuxième génération / Kichka / Dargaud

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Michel Kichka est le fils de Henri Kichka, auteur d’un livre autobiographique sur l’holocauste et sur les camps de concentrations dont il est un rescapé. Henri Kichka a vu sa maman, son papa, ses frères et sa petite sœur mourir à Auschwitz. Il a survécu. Ce n’est pas un miracle car s’il existe un dieu il n’aurait pas permis les camps. Après avoir vécu l’enfer et perdu toutes les personnes qu’il aimait, Henri n’a plus jamais pleuré, même quand son fils cadet s’est suicidé. Par contre, ce drame a provoqué en lui un déclic. Lui qui ne parlait jamais de ce qu’il avait vécu à Auschwitz s’est mis à tout raconter dans le détail. Il a écrit un livre et organisé d’innombrables visites sur place, pour que jamais l’humanité n’oublie ce dont elle est capable. Son fils aîné Michel a toujours vécu dans cette ombre macabre. Il s’est mis, lui aussi, à raconter son vécu, pas celui des camps de la mort, mais celui de fils de rescapé, ayant grandi dans une famille profondément marquée, coupée de ses racines, meurtrie par une douleur sourde et pesante. Ce témoignage de la deuxième génération a lui aussi une dimension extrêmement poignante et montre combien le traumatisme subi s’inscrit dans la durée, ce qui n’empêche pas l’humour et la joie de vivre de triompher. Michel Kichka ne cache pas l’inspiration qu’il a trouvée chez Art Spiegelman et il l’assume pleinement avec cette BD « Deuxième génération », chez Dargaud.

 

 

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24/07/2012

Le grand large / Shrimp, T1 / Donck, d'Aoust, Burniat / Dargaud

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Albert tient un petit resto dans un quartier modeste. Il s’est fait une spécialité des croquettes de fromage aux crevettes. Albert, de nature timorée, s’est entiché d’une jolie asiatique qui habite non loin de son resto. Un soir, alors que la belle lui fait le plaisir de pousser la porte de son établissement, Albert se décide à lui faire sa déclaration. Mais un élément perturbateur s’immisce entre eux, le copain officiel. Par un terrible concours de circonstances, Albert se retrouve pourtant embarqué à bord d’un navire de croisière en compagnie de l’élue de son cœur. Le seul souci, c’est que tous les passagers, et d’ailleurs aussi les membres de l’équipage, sont chinois. Albert fait un peu tache. Son expertise en matière de croquettes de fromage aux crevettes va lui sauver la mise. Joyeusement décalée, cette histoire pétulante et gouleyante nous emmène vers des horizons insoupçonnés. Les édinautes qui ont contribué au projet ne s’y sont pas trompés. Car cette BD a été financée grâce par son public via le site de participation My Major Company, associé à Dargaud et qui concurrence conceptuellement les éditions Sandawe. Ces trois auteurs, pour leur première BD, s’inscrivent dans le courant humoristico-social de la nouvelle génération d’auteurs dont le fer de lance est Manu Larcenet. Une attachante surprise : « Le grand large », premier tome de « Shrimp », par Donck, d'Aoust et Burniat, aux éditions Dargaud.

 

 


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23/07/2012

Sanctum / Boichi, Yajima / Hôtel / Boichi / Glénat / coll.Seinen

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Après le succès rencontré par « Sun Ken Rock » chez un autre éditeur, Boichi voit deux de ses autres créations publiées chez Glénat. « Hôtel » est un recueil d’histoires courtes dont une qui donne son titre au bouquin, et c’est probablement la plus percutante. L’auteur nous projette dans un avenir pas si lointain, alors que l’homme a épuisé le énergies fossiles et profondément déréglé le climat et la stabilité de son environnement. La fin du monde semble inéluctable. Deux projet sont alors mis en chantier, l’un consiste en l’envoi d’une navette habitée dans l’espace, dans l’espoir d’atteindre, après quelques générations, une planète où l’homme pourrait s’installer. L’autre projet a eu plus de mal à s’imposer. Il s’agit de la construction d’une gigantesque tour destinée à préserver le génome de toutes les espèces vivantes sur terre à l’exception de l’humain, qui doit assumer la responsabilité du désastre. Cette tour ultra-résistante est gérée par un ordinateur central intelligent. Les autres récits de cet excellent volume traitent aussi de la fin du monde. « Sanctum » joue aussi sur le même tableau mais avec une orientation plus spirituelle, inspirée des croyances chrétiennes. Cinq tomes sont prévus. Le premier peine un peu à démarrer et à accrocher le lecteur, mais le dessin de Boichi fait toujours mouche. « Sanctum », par Boichi et Yajima, et « Hôtel », par Boichi, aux éditions Glénat, collection Seinen.

 

 

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21/07/2012

Je suis le gardien de mon frère / Makyo, Wei Liu / Glénat

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La famille représente à la fois un refuge et un univers de tensions. Lorsqu’un secret pèse sur les relations, il peut générer des débordements incontrôlables qui peuvent conduire à des drames. C’est ce qui se passe dans cette BD à l’ambiance noire, dans laquelle deux frères subissent un traitement différent de la part de leur père. L’un des deux est systématiquement maltraité ou battu. Bien sûr, le lecteur se doute bien qu’il y a plus que probablement une histoire d’adultère là-derrière et que le malheureux gosse est un bâtard. Mais la réalité n’est peut-être pas aussi simple. Sans dévoiler trop le fin fond de cette histoire cruelle, relevons que le plus grand attrait de cette histoire réside dans la complexité de la relation entre les deux frères, en lien avec leur passé et avec les révélations que leur réservent le présent et l’avenir. Nous assistons en fait à un irrémédiable processus de destruction d’une famille minée par le non-dit, la jalousie, l’incompréhension, la rancœur et la culpabilité refoulée. A cela s’ajoute une dimension superstitieuse non négligeable. Le climat malsain qui règne tout au long de ce terrible récit ne trouve aucun espace de rémission, si ce n’est parfois les pointes de naïveté ou de pure candeur. La dualité est au centre de cette BD habilement construite et parfaitement crédible. « Je suis le gardien de mon frère », par Makyo et Wei Liu, aux éditions Glénat.

 

 

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