31/12/2011

Slow play / La Contessa, T.1 / Crisse, Herval / Drugstore / coll.Aventure

 

Arsène Lupin a ouvert la voie à une lignée de gentlemen cambrioleur qui se mettent un point d’honneur à dérober des joyaux avec beaucoup de finesse et de subtilité, en signant leurs forfaits d’une carte de visite toute personnelle. Cette fois, nous avons droit à la version féminine, une sorte de lady cambrioleuse, la Contessa. Nous verrons à la fin de l’album que ses motivations dépassent le simple attrait pour le luxe. Son prochain larcin s’apprête à prendre le large sur un navire de croisière. A bord, un tournoi de poker de très haut niveau va opposer quelques gros joueurs expérimentés. L’enjeu est un magot de quinze millions de dollars en petites coupures, enfermé dans une boîte de verre dans un coffre-fort inviolable. Il y aurait là un beau défi pour la Contessa. Mais elle n’est pas seule à préparer un coup. Une bande de cambrioleurs convoite les millions. A leur tête se trouve une vieille connaissance de la Contessa. Il lui propose de se joindre à eux. Elle a l’habitude de jouer en solo mais accepte malgré tout la proposition. L’intrigue est de facture classique mais réserve quelques agréables surprises. Graphiquement aussi, c’est très sage. Le tout donne une BD très lisible, divertissante, mais sans plus. « Slow play », premier tome de « La Contessa », par Crisse et Herval, aux éditions Drugstore, collection Aventure.

 

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30/12/2011

La conjuration de Baal / Alix, T.30 / Simon, Lafon, Martin / Casterman

 

Autant quelques titres de cette série font figures d’épisodes malheureux, autant ce trentième tome se révèle une excellente histoire, riche et agréable à lire, dessinée avec soin. Alix et son ami Enak se trouvent à Pompéi, au pied du Vésuve qui fume mais n’est pas encore entré dans sa célèbre éruption. Bien vite, Alix doit se rendre à Rome où César se trouve en mauvaise posture face aux ardeurs de plus en plus belliqueuses de son rival Pompée. Mais Alix se jette dans la gueule du loup, ou plutôt celle de Baal, une divinité terrifiante adulée par une secte de Molochistes assoiffés de sacrifices humains. A leur tête, le grand prêtre semble vouer une haine toute particulière à Alix. César affaibli ne peut assurer la protection efficace de son ami. Barricadé avec Enak dans sa demeure romaine, Alix va vite devoir engager une âpre lutte contre un ennemi féroce. Cet album a visiblement fait l’objet d’une consciencieuse construction. On y retrouve des références multiples aux albums qui ont fait la renommée de la série. Il y a un subtil équilibre entre la variété des lieux et la fine restitution des rues et ruelles de la Rome antique. Les personnages principaux occupent bien sûr la scène mais les figurants sont légion et donnent un aperçu très intéressant de la réalité quotidienne de l’époque. Un bel album : « La conjuration de Baal », trentième tome de « Alix », par Simon et Lafon, d’après Jacques Martin, aux éditions Casterman.

 

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29/12/2011

Une nuit de pleine lune / Hermann, Yves H. / Glénat

 

Hermann fait figure de valeur sûre. La qualité de ses dessins et de la mise en couleurs surpassent de loin la moyenne de ses confrères. L’énergie qui s’en dégage, les ambiances profondes, la tension permanente, les tronches très typées, les profils psychologiques en béton des personnages, la mise en page percutante, et j’en passe, sont autant d’éléments qui font des albums d’Hermann de vrais petits bijoux. Aux manettes du scénario, on retrouve Yves Huppen, son fils et scénariste de nombreuses BD déjà. Lui aussi se distingue par une intrigue ciselée, faite de pas grand-chose, un minimalisme qui permet de toucher à l’essentiel. Le résultat se traduit par une efficacité redoutable. C’est encore le cas avec ce huis-clos effroyable dans une villa isolée. Une bande de jeune voyous tente de cambrioler un vieux couple de retraités. Ils s’introduisent dans la villa en l’absence des propriétaires pour forcer le coffre-fort dans lequel un indicateur leur avait affirmé se trouver une somme conséquente, de quoi financer les rêves de chacun. Mais le rêve va virer au cauchemar. Les choses vont en effet partir en couille lorsque l’imprévu va s’inviter dans leur petit plan pourtant bien huilé. La personnalité instable des uns et des autres va alors se révéler au grand jour, mais de nuit, une nuit de pleine lune évidemment. « Une nuit de pleine lune », par Hermann et Yves H., aux éditions Glénat.

 

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28/12/2011

La dernière vie / Gimenez / Le Lombard

 

C’est toujours agréable de lire d’une traite un long récit qui s’étale sur deux tomes comme celui-ci. L’histoire, en deux mots, est celle d’une jeune gars qui se retrouve aspiré par un jeu vidéo et doit y surmonter les épreuves en mettant réellement sa vie en jeu. Dit comme ça, on a affaire à une pure resucée de « Tron », le film culte en la matière. La BD s’en éloigne mais trop peu pour vraiment échapper à la comparaison. Et elle ne plaide pas en sa faveur. Nous suivons Fito, un lycéen fou de jeux vidéos qui essaye un nouveau jeu dont sa copine lui a fourni une copie. L’effet est saisissant. Fito se trouve littéralement aspiré par le jeu. Ce qui lui sauve la mise, c’est qu’il avait pris la précaution de choisir le mode démonstration. Sa copine Clara n’a pas eu sa chance. Elle a été retrouvée gisant devant son ordinateur, dans un coma profond. Les pronostics sont peu engageants. Fito, convaincu que le jeu en la cause de cet état, tente alors d’en percer les secrets. Il fait appel à un expert, le célèbre critique Raf. A deux, ils vont expérimenter toutes les variantes du jeu mortel afin d’atteindre le niveau où ils pourront délivrer Clara de sa léthargie. C’est joliment dessiné. La mise en page se défend, avec un résultat efficace sur le plan narratif, mais avec un récit dont l’originalité ne convainc pas. « La dernière vie », une histoire en deux tomes, par Juan Gimenez, aux éditions Le Lombard.

 

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27/12/2011

Refoulement / Doppelgänger, T.2 / Corbeyran, Bec / Soleil

 

Christophe Bec est un spécialiste des ambiances oppressantes propres au récit d’horreur. Ici, sur un scénario d’Eric Corbeyran, il reste dans le registre surnaturel avec le phénomène du Doppelgänger. Ce terme d’origine allemande désigne un double métaphysique, une sorte de fantôme de vous-même qui aurait pris corps et viendrait vous hanter. Dans le cas de Germain, il se découvre un mystérieux double qui apparaît furtivement, surtout depuis qu’il a hérité d’un manoir en ruine dans un village reculé. Il s’y passe d’étranges événements. Un volcan éteint cause la destruction de son manoir, ce qui n’est pas plausible. Dans le village, Nelly, une jeune femme hagarde et solitaire attise la curiosité de Germain. Il fait la connaissance de Franek, un médium à la retraite qui va l’aider à faire la lumière sur les phénomènes inexplicables qui l’entourent. Franek explique à Germain le principe du Doppelgänger. Il affirme même que c’est une réalité et qu’il en est la preuve vivante. En fait, il serait plus juste de parler de preuve morte. Car Franek n’a pas de pouls. Il est froid comme un cadavre. Des caractéristiques qui se retrouvent également chez Nelly. Mais cela n’explique pas la présence du sosie parfait de Germain. Si ce n’est pas un cousin, ce pourrait être son frère jumeau, s’il en avait un. « Refoulement », deuxième tome de « Doppelgänger », par Corbeyran et Bec, aux éditions Soleil.

 

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26/12/2011

Un plan sur la comète / Une épatante aventure de Jules, T.6 / Bravo / Dargaud

 

Après « La Question du père » qui voyait Jules au centre d’un questionnement sur la paternité, voici une nouvelle question existentielle qui sous-tend « Un plan sur la comète ». Jules et son amie Janet sont contactés par leurs amis extra-terrestres Tim et Salsifi. L’heure est grave. Une commission intergalactique a observé la trajectoire d’une gigantesque comète qui se dirige tout droit vers la terre. Les extra-terrestres ont les moyens d’éviter le désastre et l’extinction de la race humaine et déviant le projectile stellaire. Mais ils n’en ont pas l’intention car ils estiment l’humain nuisible pour la planète. Son éradication permettra l’émergence d’une nouvelle forme de vie qui pourrait se montrer plus respectueuse de son environnement et de ses semblables. Il est vrai que l’observateur extérieur peut aisément se forger une opinion peu flatteuse de l’activité humaine. Nous nous entre-tuons et nous épuisons les ressources naturelles par un comportement excessif, irrationnel, égoïste et irresponsable, animé de sentiments belliqueux et un esprit mercantile de chacun pour soi. Voyez cette petite fille chinoise écrasée par une voiture et agonisant dans l’indifférence des passants qui la contournent. Le constat est dur et ne plaide décidément pas en notre faveur. Une BD qui donne à réfléchir tout en nous divertissant : « Un plan sur la comète », sixième épatante aventure de Jules, par Bravo, chez Dargaud.

 

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24/12/2011

Chats chats chats / Lapuss, Larbier / Delcourt / coll.Humour de rire

 

Cet album s’adresse à un très large public, mais surtout aux propriétaires de chats. Il n’y a aucun dialogue. Toute la force de cette collection de gags réside dans la communication visuelle et un peu auditive aussi puisqu’il y a quelques miaulements. Le thème central n’est pas un mystère, il s’agit des chats. Les auteurs ont fait preuve d’une démarche quasiment scientifique, sociologique pour se livrer à une fine observation de nos félins préférés. Si vous avez un chat et que vous l’observez attentivement, vous constaterez combien son caractère est affirmé et combien il est irrésistiblement drôle. Un chat peut se montrer incroyablement affectueux et puis, l’instant d’après, terriblement ingrat. Il peut réussir à vous faire tourner en bourrique par son comportement agaçant, tout comme il peut faire fondre votre cœur avec attendrissement. Tous les chats sont animés d’une insatiable curiosité. Ils adorent également jouer et chaparder. Ce qu’ils font le mieux, c’est dormir. On dit qu’un chat dort en moyenne vingt-huit heures par jour. Et pourtant, ils peuvent déployer une énergie folle à courir derrière une baballe au bout d’un fil. Leur instinct de chasseur se manifeste parfois à très mauvais escient. Des générations de pantoufles s’en souviennent. Cet album se lit idéalement à petites doses, seul ou à deux, avec le chat qui vous laboure les cuisses. « Chats chats chats », par Lapuss et Larbier, aux éditions Delcourt, collection Humour de rire.

 

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