30/11/2011

Les Princesses égyptiennes / Baranko / Les Humanoïdes associés

 

La suite et fin des aventures des deux filles du Pharaon Ramses trois ne manque pas de relief. Ce récit rudement bien documenté nous raconte une histoire aux accents d’éternité. Bien sûr, il y a ce fond culturel ancestral avec ces divinités imposantes, mais il y a aussi et surtout la teneur des événements racontés. Le prêtre Amenhotep Apou, conseiller malicieux du pharaon, relate comment une civilisation s’est vue menacée d’extinction. Cela a commencé par quelques tremblements passés presque inaperçus. Puis sont survenus des signes plus inquiétants, des tremblements mais aussi des émanations volatiles. Enfin, une secousse magistrale a anéanti une cité entière, provocant également un raz de marée gigantesque qui a décimé l’intégralité des survivants. Il est difficile de ne pas voir dans cette succession infernale une gradation dramatique. La transposition à d’autres époques et d’autres lieux est aisée. Pensons par exemple à la chute de l’Empire romain. Pensons également à la chute encore plus vertigineuse des bourses que nous vivons actuellement et qui nous annoncent peut-être que le pire est à venir. Comme dans les pages de la BD, nous pourrions assister à des scènes sanglantes de pillage. Des mères pourraient tuer pour la survie de leurs enfants, avec cette même violence qui anime déjà les petites incivilités quotidiennes. « Les Princesses égyptiennes », par Baranko, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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29/11/2011

A l’abordage / Boule et Bill, T.33 / Verron, d’après Roba / Dargaud

 

Verron a repris les personnages créés par Roba en adoptant son style au plus près. Même s’il n’a pas totalement réussi à reproduire le coup de crayon du maître, il a réussi à conserver la personnalité du trait et des personnages qu’il fait vivre. La mécanique des gags fonctionne très bien et sur un schéma similaire à celui de l’ensemble de la série. Il est remarquable de constater qu’il ya toujours moyen d’exploiter un univers délimité, restreint, comme celui de ce petit garçon et de son cocker, entourés de papa, maman et de la tortue Caroline, et puis aussi du copain Pouf et d’autres, sans oublier les chiens du quartier avec qui Bill échange des bons plans nonosses. Ce nouvel album est dédié au thème des pirates. Tous les gamins de tourtes les générations se sont un jour glissé dans la peau de ces marins sanguinaires. Boule ne fait pas exception. Il en faut peu pour se créer tout un monde et se raconter des aventures passionnantes. Un déguisement sommaire, une vieille caisse en bois et un magnifique drapeau à tête de mort peinte en noir sur une nappe blanche. C’est l’imagination au pouvoir. Sauf que bien sûr, le vrai pouvoir ne manque jamais de se manifester. La maman de Boule déboule furax. Elle a les boules de voir le sort funeste réservé à sa nappe. C’est pétillant, drôle et réjouissant : « A l’abordage », trente-troisième tome de « Boule et Bill », par Verron, d’après Roba, aux éditions Dargaud.

 

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28/11/2011

Tombé du ciel, T.2 / Berberian, Gaultier / Futuropolis

 

Il y a trois personnages principaux dans cette BD atypique. Il ya d’abord Emile, le quadragénaire médiocre, puis il y a Boris, l’extra-terrestre, et enfin il y a Emile, jeune musicien plein d’ambition. Entre les deux Emile, vingt-huit ans se sont passés, vingt-huit années qui ont vu les rêves se transformer en regrets et les belles ambitions devenir de vagues souvenirs. Même le coup de foudre amoureux du jeune Emile du passé s’est transformé en fiasco sentimental. Boris l’extra-terrestre fait irruption dans la vie d’Emile du présent. Evidemment, les embrouilles vont commencer. Emile assiste à la désintégration de son patron par son nouvel ami venu d’une autre planète. Il ne peut l’accepter même si son boss, un type abject, l’a bien mérité. Boris ramène donc la victime à la vie, mais avec une petite erreur de montage. Il a désormais la tête à l’envers. Cette situation, quoique cocasse, va ameuter les forces de l’ordre qui vont serrer de près les allées et venues d’Emile. Justement celui-ci s’apprête à effectuer un retour dans le passé grâce à Boris. Il va y découvrir ce moment clé qui a fait basculer sa vie vingt-huit ans plus tôt. Il y a eu un braquage et Emile a été tué. Cette intrigante histoire a des allures d’enquête policière sociologique abracadabrante mâtinée de science fiction. Le plus remarquable, c’est que la sauce prend. « Tombé du ciel », tome deux, par Berberian et Gaultier, aux éditions Futuropolis.

 

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25/11/2011

Il Pennello / Allais, Perrotin / Sandawe

 

Cet album est édité grâce au internautes qui investissent pour en permettre le financement. « Il Pennello » raconte la mésaventure étrange vécue par Anton, un dessinateur médiocre qui n’a jamais réussi à se faire publier. Un concours de circonstances le met en présence d’un curieux antiquaire qui lui propose un marché. Il lui prête un pinceau aux vertus soi-disant paranormales en échange de l’exclusivité sur les œuvres qu’il aura créées. N’ayant rien à perdre, l’artiste maudit accepte. Ses premiers essais sont immédiatement concluants, et même proprement époustouflants. La précision de son trait et la fluidité avec laquelle il dessine sont sans commune mesure avec ses minables productions précédentes. Ce pinceau magique a appartenu à Léonard de Vinci qui l’aurait utilisé à la fin de sa vie, alors que son art risquait un déclin. Le pinceau est ensuite passé de main en main, permettant à des peintres de produire des chefs d’œuvre avant de connaître un destin tragique. Il y a donc danger. Anton découvre rapidement que le pinceau possède un pouvoir maléfique. Il peut donner vie aux objets imaginés, et il peut aussi détruire ceux qui sont représentés et ensuite raturés. Anton veut assouvir un fantasme, donner vie à Pelisse, l’héroïne de « La Quête de l’Oiseau du temps ». Un récit sympathique servi par un dessin un peu lisse mais prometteur : « Il Pennello », par Allais et Perrotin, aux éditions Sandawe.

 

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24/11/2011

Panik room / Kid Paddle, T.12 / Midam / MAD Fabrik

 

Panik room, Kid Paddle, Midam, MAD Fabrik

Ca fait quatre ans qu’on l’attendait. Le nouvel album de « Kid Paddle » envahit enfin les présentoirs des libraires et c’est la panique. Kid Paddle n’a a priori peur de rien. Ce gamin sympa a une casquette verte vissée sur une tête dont les neurones sont stimulés par les jeux vidéos le plus trash. Le jeu favori de Kid Paddle, c’est celui du Petit barbare qui doit sauver une princesse en se battant contre des Blorks, des monstres protéiformes. Mais l’univers de Kid Paddle ne se limite pas à cela. Il vit avec son papa et sa sœur Carole qui ne partage pas du tout la passion de son frérot, la décoration de leur chambre respective en témoigne. Chez Carole, le papier peint rose représente de charmantes poupées chat, de quoi donner des sueurs froides à Kid Paddle. La rivalité entre eux se concrétise surtout par les plans gores de Kid et de ses potes. Les copains de Kid semblent tout aussi frappés que lui. Ce sont cependant des enfants comme les autres, mais pas comme la plupart des adultes les idéalisent. Ils ont leur monde à eux, leur terrain d’apprentissage de la vie. Midam parvient à nous en donner une juste représentation, tout en l’agrémentant de situations irrésistiblement drôles, des gags aux ressorts redoutablement efficaces, qui fonctionnent auprès de tous les publics, fruits d’une longue gestation. « Panik room », douzième tome de « Kid Paddle », par Midam, aux éditions MAD Fabrik.

 

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23/11/2011

Voyage en Satanie, T.1 / Vehlmann, Kerascoët / Dargaud

 

Fabien Vehlmann s’affirme comme un scénariste qui compte dans le milieu de la BD. On lui doit notamment les séries « Le Marquis d’Anaon », « Seuls » et la reprise actuelle de « Spirou et Fantasio ». Un des ses one-shots, intitulé « Jolies ténèbres », s’était particulièrement fait remarquer il y a deux ans. Il était dessiné par Kerascoët. Ce pseudonyme est utilisé par un couple de dessinateurs avec qui Vehlmann remet le couvert pour créer « Voyage en Satanie ». Ce titre et le thème d’une expédition spéléologique évoquent immédiatement le roman de Jules Verne « Voyage au centre de la terre ». Ce ne sont pas des hommes préhistoriques, mais une communauté de reclus qui vit dans les entrailles de la terre. Ils vivent en bordure d’un gouffre sans fond qui éructe de temps à autre des vapeurs brûlantes. Un explorateur un peu fou entend prouver l’existence de l’enfer en se basant sur les théories de Darwin sur l’évolution des espèces. Il va sans dire que ses travaux théoriques ne lui valent que railleries de la part de la communauté scientifique. Parti pour prouver ses dires, il n’est jamais revenu. C’est sa sœur partie sur ses traces que nous suivons dans cette BD d’où se dégage une certaine poésie mais dont on sent les tensions sous-jacentes qui apparaissent dans le groupe et s’amplifient au fur et à mesure de ce « Voyage en Satanie », premier tome, par Vehlmann et Kerascoët, aux éditions Dargaud.

 

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22/11/2011

Love is in the air guitare / Le Quellec, Ronzeau / Delcourt / coll.Mirages

 

L’air guitare est une guitare imaginaire. Derrière cette étrange définition se cache un concept à la fois surréaliste et terriblement commun. Nous avons tous, ou en tout cas la plupart d’entre nous, déjà fait semblant de jouer de la guitare sur un air qui nous plaît particulièrement. En mille neuf cent soixante neuf, lors du festival de Woodstock, Joe Cocker avait ouvert la porte à la démonstration publique d’une interprétation d’air guitare. Depuis une quinzaine d’année, la discipline a acquis une notoriété tout particulière puisqu’un concours international annuel a lieu à Oulu en Finlande. Les fans de l’air guitar s’y retrouvent pour laisser libre cours à un joyeux délire. Ils viennent de tous les pays et de toutes les sociales. Il y a autant d’hommes que de femmes. Et ils rivalisent de talent et d’imagination pour faire littéralement voir au public une guitare qui n’existe pas. Yann Le Quellec a découvert ce monde de fantaisie et a été séduit. Il est devenu un aficionados et a voulu partager sa passion à travers une BD. Pour réussir ce défi complètement fou, il s’est acoquiné avec Romain Ronzeau. Les deux compère arrivent à nous faire voir l’invisible guitare avec la difficulté supplémentaire qu’il n’y a même plus la bande son. Une vraie prouesse ! Un superbe morceau d’air musique joué sur une air guitare : « Love is in the air guitare », par Le Quellec et Ronzeau, aux éditions Delcourt, collection Mirages, évidemment.

 

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