31/10/2011

Mantique / Prométhée, T4 / Bec, Bocci, Raffaele / Soleil

 

La mythologie grecque a donné naissance à Prométhée. La marche du temps y a associé des significations métaphoriques liées à l’apport de connaissance telles que cette soif qui pousse l’homme à toujours savoir plus, à dépasser le savoir de ses ainés. Cette ambition démesurée va conduire l’humanité à sa perte programmée, par excès de technologie, par irrespect de son environnement naturel, des choix qui mettent en danger l’équilibre à la fois écologique, social et économique de la planète. Ce péril du à la soif de connaissance se retrouve dans les fondements du dogme chrétien. Pourtant, Jésus, le messie, le porteur de lumière, qui se traduit en grec par « lucifer »… Jésus, à l’instar de Prométhée, apportait la connaissance aux hommes. Lucifer désigne actuellement Satan, l’ange préféré de dieu, déchu pour l’avoir défié. Lucifer et Jésus ne pourraient être que les deux facettes d’une même personne. Et si notre monde avait lui aussi deux faces, deux réalités ?! Sans rien dévoiler de l’intrigue, ces quelques réflexions sommaires ouvrent des pistes plausibles pour la compréhension de ce récit empli de mystère. Les huit derniers jours, à treize heures treize précises, des événements cataclysmiques frappent la planète entière. L’humanité subit-elle une attaque extra-terrestre ? Ou pire ? « Mantique », quatrième tome de « Prométhée », par Bec, Bocci et Raffaele, aux éditions Soleil.

 

19:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mantique, prométhée, bec, bocci, raffaele, soleil |  Facebook |

La tête abîmée / Le Fils de l’officier, T1 / Cothias, Ordas, Gallant / Bamboo / coll.Grand angle

 

Il fut un temps où un homme fut condamné à la crucifixion. Mais avant d’être mis à mort, il fut forcé de porter sa croix tout le long du chemin qui le mènera vers le lieu de son supplice ultime. Ce parcours à l’issue irrémédiable est jalonné d’épreuves douloureuses. Une couronne d’épines lui martyrise la tête. Le peuple l’injurie, le houspille. Il tombe et se relève plusieurs fois. A un moment, il rencontre sa mère. Puis une âme charitable le vient en aide pour porter son lourd fardeau. Une autre lui donne un peu de réconfort en essuyant son visage. D’autres encore pleurent sur son sort. Mais personne ne tente rien pour empêcher l’inéluctable. Au seuil de la mort, le supplicié est dépouillé de ses dernières possessions, ses vêtements. Puis il est cloué sur la croix et meurt au terme d’une lente agonie. Cette histoire a traversé le temps. Elle a été transcrite et magnifiée par des éléments relevant du merveilleux. Les grands dogmes en ont fait l’un de leurs piliers. Car cette histoire nous parle. C’est une métaphore de notre condition humaine, de notre existence et des épreuves que nous subissons, les trahisons, la pitié, l’empathie que nous rencontrons forcément tout au long d’une vie qui se termine par la déchéance physique et mentale, puis la mort. Cette BD raconte une vie marquée par les épreuves. « La tête abîmée », premier tome du « Fils de l’officier », par Cothias, Ordas et Gallant, chez Bamboo, collection Grand angle.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la tête abîmée, le fils de l’officier, cothias, ordas, gallant, bamboo, grand angle |  Facebook |

30/10/2011

Le vent mauvais / Résistances, T2 / Derrien, Plumail / Le Lombard

 

La Résistance est un terme qualifiant surtout le mouvement structuré français opposé à l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale. C’est aussi un état d’esprit, une attitude qui peut se révéler positive ou négative selon le contexte. La résistance aux tentations et la résistance au changement n’ont pas le même sens. C’est sur ces différents tableaux que jouent les auteurs de cette BD. Ils situent leur récit pendant l’occupation de Paris. Les protagonistes résistent quant à eux soit à l’ennemi, soit à leurs sentiments, soit aux deux. Le résultat, c’est une série aux multiples facettes, complexe comme peut l’être la réalité, et l’est toujours l’amour. André aime Sonia qui l’aime en retour. Mais Sonia aime aussi Louis qui l’aime en retour. Quand à André et Louis, ils se vouent une belle amitié. André est résistant. Il s’est enrôlé aux côtés du général De Gaulle et accompli des missions dangereuses. Sonia est juive et travaille pour un commandant nazi qui l’assure de sa protection, mais qui semble éprouver des sentiments pour elle. Pendant qu’André était à Londres, Sonia est tombée dans les bras de Louis. A son retour à Paris, Sonia est revenue vers lui, au détriment de Louis. C’est compliqué, quoique très banal finalement. L’histoire se termine de manière un peu abrupte. « Le vent mauvais », deuxième tome de « Résistances », par Derrien et Plumail, aux éditions Le Lombard.

 

19:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le vent mauvais, résistances, derrien, plumail, le lombard |  Facebook |

Carnac / Bidot / Glénat / coll.Grafica

 

Les éditions Glénat s’associent aux éditions du Patrimoine, du Centre des monuments historiques français pour publier cet album signé Laurent Bidot. Cet auteur au style assez académique s’est illustré par quelques intéressantes réalisations, les séries « Le Linceul » et encore « L’Eternel », mais aussi des one-shot comme « l’Histoire du Mont Saint-Michel ». Ses sujets de prédilections se rattachent clairement au sacré et aux interrogations qu’il peut générer. Avec « Carnac », il évoque le mystère de l’érection des menhirs du site de Carnac, qui s’alignent sur plus de quatre kilomètres en un ensemble impressionnant. Les raisons de ces alignements ont suscité de multiples interprétations, parfois farfelues, souvent surnaturelles, une dimension qui s’est estompée par les démonstrations techniques qui expliquent comment quelques hommes peuvent aisément déplacer et ériger ces mégalithes. La BD propose l’histoire vraisemblable d’une communauté sédentaire qui entretient la mémoire de ses morts au moyen de ces énormes pierres sous lesquelles sont disposés des objets personnels du défunt. C’est très scolaire. Les us et coutumes de ce peuple vivant d’agriculture et d’élevage sont décrits de manière réaliste, un aperçu érudit de la période Néolithique. Par contre, le récit manque cruellement de relief. « Carnac », par Laurent Bidot, aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

 

 

 

07:24 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carnac, bidot, glénat, grafica |  Facebook |

29/10/2011

Phoenix, T2 / Gaudin, Peynet / Soleil

 

Le graphisme est très plaisant, à la fois précis, détaillé, et léger, efficace. De temps à autre apparaît une distorsion dans la qualité, par exemple lors d’un angle en plongée, mais l’ensemble se défend plus qu’honorablement. Ce qui compte surtout dans ce type de récit rythmé et prenant, c’est la lisibilité, la facilité de compréhension qui permette au lecteur d’être emporté par l’histoire. Et là, le contrat est pleinement rempli. Sur une île du Pacifique, un incident s’est produit, une expérience a mal tourné et a causé la mort étrange de nombreux habitants. Un groupe d’enfants s’en est miraculeusement sorti. Nous retrouvons l’un d’eux une petite trentaine d’années plus tard. Jon est devenu un traducteur-interprète reconnu. Sa vie se déroule admirablement bien jusqu’au jour où de violents maux de tête l’assaillent. Ce phénomène frappe indistinctement, sans cause apparente. Et il n’est pas le seul à vivre ce genre d’expérience douloureuse. La clé de cette énigme pourrait bien être détenue par Fincher, un vieil homme interné dans une institution psychiatrique. Ancien scientifique, il semble obnubilé par des visions cauchemardesques. Et puis, il y a encore un énigmatique meurtrier à la seringue. Et aussi Suzan, une aide soignante attentionnée qui aimerait bien comprendre. Ce thriller fantastique contemporain fait monter l’angoisse du lecteur d’un cran supplémentaire avec ce deuxième tome de « Phoenix », signé Gaudin et Peynet chez Soleil.

 

19:23 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phoenix, gaudin, peynet, soleil |  Facebook |

Martyr / Borderline, T4 / Robin, Berr / Bamboo / coll.Grand angle

 

Fernando Villa est écrivain. Son inspiration lui vient en période de transe. Ses yeux se révulsent et il se met à écrire sur tous les supports qui lui tombent sous la main. Ce qu’il écrit, ce sont des faits réels, des crimes perpétrés dans un passé proche. Ce don lui vient d’un chaman dont l’âme se serait incarnée en Fernando. Cette nouvelle histoire se déroule à Paris. Fernando discute de ses déboires avec ses amis dans un bar lorsqu’une violente explosion se produit non loin. Un homme a plongé dans la Seine et a explosé. Fernando entre alors en transe et voit les derniers instants du mort. Cette vision lui fournit des indications pouvant orienter l’enquête. Il les communique à la police par un coup de fil anonyme, histoire qu’on ne le prenne pas pour un illuminé qui se prétend médium. Les enquêteurs vont plutôt penser qu’il en sait trop pour être honnête. Ce nouvel opus d’une série vraiment attachante fait preuve d’une belle diversité thématique ainsi que de construction narrative. Même la faculté du personnage principal qui occupe un place centrale se décline de façon originale, au travers d’une perception en chronologie inversée. Quant à l’intrigue, elle prend intelligemment le lecteur au dépourvu. « Martyr », quatrième tome de « Borderline », par Robin et Berr, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

07:21 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martyr, borderline, robin, berr, bamboo, grand angle |  Facebook |

28/10/2011

Les bêtes de la nuit / Le Vampire de Bénares, T1 / Bess / Glénat

 

Bénares est une importante ville d’Inde, également appelée Varanasi. Elle a la particularité d’occuper exclusivement la rive gauche du Gange, la rive droite étant vierge de toute habitation. Bénares, dédiée à Shiva, s’est imposée comme l’un des principaux berceaux de l’hindouisme. Il ne fait pas bon se baigner dans le Gange, un véritable cloaque putride dans lequel flottent même des restes humains suite aux crémations pratiquées au bord du fleuve. Cela n’empêche pas les pèlerins d’y faire leurs ablutions. La ville entretient un imposant caractère sacré. Il y a cinq ans, Bénares a été la cible d’un triple attentat à la bombe. C’est à une époque un peu moins récente que ce situe le récit. Georges Bess s’inspire fortement d’une histoire que lui a racontée le journaliste Mircéa J. Sparot. Mircéa était à Bénares à la recherche de son beau-père, également journaliste. Il a disparu lors d’une explosion et alors qu’il enquêtait sur des crimes non élucidés, ni même répertoriés. Cette affaire est sortie au grand jour lors de l’arrestation d’un fou furieux qui a tué quelques personnes à coup de dents, en se prenant pour un vampire. Une trentaine d’autres meurtres semblables lui ont été attribués. En réalité, les victimes retrouvées exsangues seraient des milliers depuis des dizaines d’années. Superbe album, un fabuleux retour pour Georges Bess : « Les bêtes de la nuit », premier tome du « Vampire de Bénares », aux éditions Glénat.

 

19:20 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les bêtes de la nuit, le vampire de bénares, bess, glénat |  Facebook |