17/10/2011

Arzak, l’arpenteur / Moebius / Glénat / Moebius productions

Moebius, alias Jean Giraud, a clairement pour objectif d’explorer les limites de la bande dessinée en tant que moyen de communication, d’en remettre en question les normes au moment où elles risquent de figer la part artistique et faire basculer ce fantastique support vert de l’artisanat trop régenté. Arzach s’inscrivait dans cette démarche expérimentale lors de sa première apparition au milieu de années septante. Ce personnage au départ muet nous interpellait par des histoires qui n’en étaient pas vraiment, que le lecteur ne pouvait pas décoder si ce n’est en s’abandonnant à l’onirisme auquel il était invité. Cette fois, Arzak nous revient doté de la parole et dans un contexte beaucoup plus balisé. L’aventure dans laquelle nous le suivons dénote une franche évolution vers quelque chose de structuré, même si une part de rêve qui aurait évolué vers une forme d’abstraction psychédélique subsiste en demi-teinte. Cet Arzak dénaturé hérite de ce que nous savions ou croyions savoir de lui, et se construit une personnalité faite de chair hybride et d’un passé équivoque. Trois albums sont d’ores et déjà annoncés. La mise en images est somptueuse. Le format de la BD permet à cet univers de prendre une belle expansion. Le thème du métissage et de la tolérance entre les peuples semble poindre au sein de ce superbe récit. « Arzak, l’arpenteur », par Moebius, aux éditions Glénat, en partenariat avec Moebius productions.

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arzak, l’arpenteur, moebius, glénat, moebius productions |  Facebook |

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