15/10/2011

Chambre obscure / Bonin / Dargaud

 

A la fin du dix-neuvième siècle en France, un voleur astucieux et stylé sévit. Il s’intéresse particulièrement à des œuvres d’art, des bijoux. Né sous la plume du romancier Maurice Leblanc, Arsène Lupin a séduit des générations de lecteurs et inspiré pléthore d’auteurs. Cyril Bonin fait partie du lot. Il s’en démarque cependant par un regain d’originalité, mélant des éléments classiques d’une enquête à la Hercule Poirot, policier imaginé par Agatha Christie, à des allusions au féminisme. C’est d’ailleurs historiquement un choix judicieux puisque c’est à la même époque que les mouvements de libération des femmes se ravivent et se structurent pour imprimer leurs actions réformistes dans la durée. Alma se revendique des féministes. Voyageuse aventurière, elle affiche ostensiblement sa liberté conquise au prix d’importants sacrifices. Son mode de vie s’accomode du célibat, même si ses atouts lui valent quelques prétendants, malheureusement vite refroidis. L’inspecteur Alcide Leblanc est tombé sous le charme, lui aussi, mais avec discrétion quoiqu’avec persévérance. Cartésien obstiné, et paradoxalement superstitieux, il tente d’élucider un vol de tableaux bien singulier commis en la demeure de cette famille bourgeoise aux personnalités bien affirmées. De son tracé somptueux, Bonin fait vivre cette intrigue fouillée. Splendide ! « Chambre obscure », un dyptique ingénieux signé Cyril Bonin aux éditions Dargaud.

 

20:39 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chambre obscure, bonin, dargaud |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.