19/05/2011

Avril 1915 – Ypres / Les Sentinelles, T.3 / Delcourt / coll.Hors collection

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La bataille d’Ypres est restée dans les mémoires de guerre comme le siège de quelques batailles extrêmement sanglantes, associée aussi au déferlement des armes chimiques. C’est d’ailleurs la première fois que ce type d’armes est utilisé massivement, et plus particulièrement le gaz moutarde, dès lors appelé Ypérite. La première guerre mondiale est un temps de terribles désillusions. L’essor technologique du dix-neuvième s iècle laissait entrevoir des progrès pour l’humanité, un mieux-être pour tous. Cette vision idilique a été réduite en morceaux par l’usage qui a été fait de la science pendant la grande guerre. De plus, ces technologies développées dans un chaos sanglant n’ont pas été suivies d’une gestion adéquate. Des stratégies obsolètes ont conduit à une utilisation sauvage, une course folle menée tous azimuts par les différents camps belligérants. Les Allemands concentraient leurs efforts sur les gaz tandis que le Français préféraient d’autres disciplines. Ce socle purement historique sert de point de départ à une captivante fiction imaginée par Xavier Dorison et illustrée par le talentueux Enrique Breccia, à la lisière du genre steampunk. « Avril 1915 – Ypres », troisième tome des « Sentinelles », aux éditions Delcourt, collection Hors collection.

 

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18/05/2011

Magasin sexuel / Turf / Delcourt / coll.Hors collection

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En amour, la qualité des préliminaires augure du meilleur ou du pire pour la suite des ébats. Ce premier tome de « Magasin sexuel » a les allures de sympathiques préliminaires. Il n’y a aucune équivoque sur le sujet et sur la volonté affriolante. Cependant, malgré le titre explicite, pas question de résumer le sexe à une basse activité animale. Les éléments du récit se mettent en place avec pudeur. Un village français typique, avec son maire ersatz de celui de Champignac, un tenancier de bistro victime d’attentats sémantiques, un marché traditionnel dont la quiétude est bouleversée par l’apparition inopinée d’une échoppe de sex-toys. Les bigotes apostrophent le maire, partagé entre l’obligation  de satisfaire ses administrés et son envie de se rapprocher de la charmante jeune fille qui tient le sex-shop ambulant mais qui pourrait très bien vendre des bottes et des tuyaux d’arrosage comme son papa, au lieu de canards en plastique. C’est juste que les sex-toys, c’est à la mode et ça se vend mieux De là va naître une histoire au ton décalé, baignée dans une sorte de candeur malicieuse. Cette BD jubilatoire possède de nombreux atouts, une délicatesse colorée et attachante, un pur ravissement. De magnifiques couleurs, un univers étincelant, des personnages excentriquement conformistes, une BD unique : « Magasin sexuel », par Turf, aux éditions Delcourt, collection Hors collection.

 

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17/05/2011

Après Minuit / Belleville story, T.2 / Malherbe, Pierrot / Dargaud

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Belleville est un quartier enclavé dans Paris, c’est Chinatown dominée par les triades, la mafia chinoise. Dans les caves et arrières boutiques grouille un monde de business très lucratif, alimenté par une main d’œuvre importée en toute illégalité et dont l’approvisionnement est assuré par des passeurs, un réseau remarquablement organisé. Et puis, il y a les caïds pur jus, des Français inconscients qui tentent de se faire une place dans cette chasse gardée. Parmi eux, Freddy se retrouve embarqué dans une affaire entre chinois. Le Parrain Wang l’oblige à tuer un certain Zhu, payé pour sortir une jeune fille des griffes de la mafia et la ramener en Chine auprès de ses parents. Zhu a la réputation d’être un vrai dur, un impitoyable tueur redoutablement efficace. Le novice Freddy, placé face au Zhu, n’a pas eu le cran de presser sur la détente, et Zhu l’a épargné. Les deux hommes en viennent même à faire équipe, sur des bases fragiles et une suspicion latente. C’est que derrière leur carapace de caïds, Freddy et Zhu partagent paradoxalement un idéal de justice. La justice, au même titre que la liberté, l’égalité, la tolérance est un enjeu qui peut s’exprimer de façon concrète par des comportements et des manifestations variées et même antagonistes. « Après minuit », superbe second tome mouvementé de cette admirable « Belleville story », par Malherbe et Pierrot, aux éditions Dargaud.


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16/05/2011

Héritages / Gourdon, Hans / Dupuis

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Dans la lignée de la série « Sorcières », qui a, de son côté, un peu de mal à décoller, un nouveau récit de sorcière tente d’envoûter un lectorat dont l’attrait pour le genre a été ravivé par « Les Démons d’Alexia ». Ici, nous nous intéressons également à une jeune femme moderne qui vit une vie a priori normale mais qui possède un don. Nina peut guérir les blessures par imposition des mains. L’effet secondaire de cette merveilleuse faculté, c’est que la régression du mal de la victime entraîne une altération de l’état de la guérisseuse. Nina s’en remet rapidement, mais elle évite d’étaler cette particularité au grand jour. Elle s’en est d’ailleurs fait le serment. Ainsi, lorsque son fiancé se retrouve mortellement blessé suite à un accident et qu’elle impose ses mains, elle interrompt son intervention à l’arrivée d’un témoin, enlevant toute chance de survie à son amoureux. Elle découvre ensuite que l’accident fait partie d’un complot à son encontre et que ses ennemis disposent de puissants pouvoirs. Elégamment mis en images, ce drame en un acte pourrait bien se poursuivre par d’autres rebondissements, tant les personnages sont attachants et le pitch prometteur, quoique relativement classique. En attendant on se délecte de ces pages magnifiques, au traitement pictural exquis. C’est assurément le plus grand mérite de cette BD visuellement sublime. « Héritages », par Gourdon et Hans, aux éditions Dupuis.

 

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15/05/2011

Fifty-fifty / Jeremiah, T.30 / Hermann / Dupuis

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Un mourant sur son lit d’hôpital, une confidence, un sac de diamants dissimulé dans une ville inaccessible, inondée et infestée d’alligators, peuplée d’humanoïdes mutants, dans un monde dévasté. Le décor est planté, au milieu Jeremiah et Kurdy transformés en chasseurs de trésor se démènent pour mettre la main sur le précieux sac et le ramener, indemnes, à son propriétaire qui leur a promis un partage fifty-fifty. Sauf que cette promenade de santé se transforme en parcours du combattant et piège à rat. Cette palpitante quête est bien entendu l’occasion pour Hermann de suivre son fil rouge préféré et d’attirer notre attention sur les dangers d’une gestion irréfléchie des ressources naturelles de notre bonne vieille terre. Si nous ne modifions rien à notre comportement de consommateur, une catastrophe climatique majeure pourrait bien redessiner notre paysage planétaire, provoquant des cataclysmes répétés auxquels ne résisteront pas nos infrastructures, véritables fétus de paille à l’échelle du monde et des forces de la nature. S’ensuivra une inévitable désagrégation des structures sociales, une nouvelle donne qui favorisera l’émergence des théories les plus extrêmes, de l’autoritarisme, de l’exacerbation des antagonismes. Nos chances d’en sortir ? Bah, c’est fifty-fifty. « Fifty-fifty », trentième tome de « Jeremiah », par Hermann,aux éditions Dupuis.

 

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14/05/2011

Voyage aux îles de la désolation / Lepage / Futuropolis

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Les îles Kerguelen sous administration française forment un archipel perdu au sud de l’océan Indien, à plus de trois mille trois cent kilomètres de toute terre habitée. Elles n’ont été découvertes qu’au dix-huitième siècle. Inhabitées, elles constituent une des plus importantes réserves naturelles au monde. Balayées en permanence par des vents violents et froids, aucune communauté humaine ne les peuple si ce n’est une armada de scientifiques et les techniciens et logisticiens qui les accompagnent. Ces conditions climatiques extrêmes leur ont valu le surnom d’îles de la désolation. Ravitailler ces îles représente une expédition périlleuse, un voyage éprouvant pour des marins aguerris. Rare sont les voyageurs qui les accompagnent pour d’autres motifs. Rare sont aussi les possibilités d’embarquer à bord du Marion Dufresne, un paquebot ravitailleur de taille imposante. Emmanuel Lepage, à force de patience, a eu cette opportunité. Pendant plusieurs semaines, sont carnet de croquis s’est rempli des innombrables images qui se sont offertes à lui. Le résultat est un objet de toute beauté, à la fois plaidoyer humaniste et ôde à la nature sauvage. C’est aussi un magnifique carnet de voyage en BD, superbement illustré, qui, loin de nous laisser un sentiment d’affliction, nous laisse béat. Un monde certes rude, mais authentiquement enchanteur. « Voyage aux îles de la désolation », par Lepage, aux éditions Futuropolis.

 

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13/05/2011

Mathias / Jérôme K. Jérôme Bloche, T.22 / Dodier / Dupuis

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Comme d’habitude, cette enquête de Jérôme K. Jérôme Bloche commence par un banal moment de son quotidien. Il porte secours à une vieille dame qui ne répond plus au téléphone, et pour cause, elle est tombée dans l’escalier chez elle. Au moment où Jérôme s’apprête à appeler une ambulance, un escadron du GIGN fait irruption, le moleste rudement et l’emmène pour interrogatoire et détention provisoire. Ce petit séjour au cachot est le premier d’une série. De même les coups reçus lors de cette intervention musclée ne sont que les premiers d’une véritable collection d’hématomes. En fait, tout au long de cette histoire de truands, Jérôme passe le plus clair de son temps immobilisé, que ce soit enfermé dans un cachot, un coffre de voiture, une remise, et aussi une chambre d’hôpital vu le nombre impressionnant de coups dont il est victime, des brutalités policières aux sévices infligés par les bandits, en passant par une vulgaire branche d’arbre. Cette succession confère un cachet très particulier à cette BD au ton inimitable, un exercice de style dans lequel excelle Dodier. Les autres ingrédients qui font mouche dans cette aventure, c’est un drame familial, une cavale mortelle, un hypothétique magot planqué, un dramatique quiproquo, une fiancée qui rêve de stabilité et une dalle descellée. Au final, un album très réussi : « Mathias », vingt-deuxième tome de « Jérôme K. Jérôme Bloche », par Dodier, aux éditions Dupuis.

 

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