22/04/2011

Gin-Fizz / Sisco, T.3 / Legrain, Benec / Le Lombard

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Sisco fait partie de l’élite présidentielle chargée de commettre des actes très limites, voire criminels, au nom de la raison d’état. Le point faible de Sisco réside dans cette once de conscience qui subsiste en lui et qui le pousse à agir en marges des strictes directives. Ca lui a valu certains ennuis. Mais il échappe au blâme ou à la mise à pied. Cependant, son sort n’est peut-être pas nécessairement enviable. Il se retrouve affecté à la protection rapprochée de Julie, la fille du Président français, une peste incontrôlable, capricieuse et imbue d’elle-même. Julie fréquente des lieu de débauche. Elle y a construit une réputation sulfureuse. Son surnom est « Gin-Fizz », en référence à sa consommation de cocaïne son une forme particulière. Cette addiction la mènera à sa perte. Malgré la vigilance de Sisco, qui n’a rien vu venir, une dose frelatée conduit Julie tout droit à l’hôpital. Il semblerait que Julie soit la cible d’un complot visant à toucher indirectement le Président. Nettement plus convainquant que la première mission de Sisco, ce troisième tome nous emmène dans les coulisses du pouvoir, avec un regard sans complaisance sur les liens entre politiques et médias, entre milieux autorisés et interlopes. Le dessin s’affine, gagnant en maturité et en fluidité. Une bien belle surprise pour une série à suivre attentivement. « Gin-Fizz », troisième tome de « Sisco », par Legrain et Benec, aux éditions Le Lombard.

 

M.DESCORNET

 

 

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21/04/2011

Ilango / Les Epées de verre, T.2 / Corgiat, Zuccheri / Les Humanoïdes associés

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Cette BD échappe à la catégorisation. Elle assimile subtilement des éléments d’héroïc fantasy, d’aventure et de saga familiale. Est-ce ce savant mélange qui nous la rend sympathique ou la personnalité de ses protagonistes, ou encore l’originalité et le charme du graphisme ? Probablement une conjonction de ces différents atouts. Dans un monde dévasté par le dérèglement climatique, nous assistons à une illustration de la sempiternelle oppression des faibles par les forts. Le méchant, c’est Orland, un chef de bande qui a tué le père de Yama et réduit en esclavage toute sa communauté. Yama a trouvé refuge auprès de Miklos, un ermite qui lui a enseigné l’art du combat et maniement des armes, en particulier celui de l’épée. Car Yama possède une épée hors du commun, une épée de verre au pouvoir fabuleux. Des années plus tard, Yama recherche l’assassin de son père. Accompagnée de Miklos et de trois créatures fidèles, Yama arpente les quartiers mal famés de la cité de Karelane. Les miséreux qui s’y entassent vivent sous le joug du seigneur local et de sa terrible milice à la tête de laquelle se trouve un certain Orland. La quête de Yama lui réserve d’autres surprises de taille. Une BD enchanteresse, majestueuse, resplendissante, mais aussi obscure, grave et cruelle. « Ilango », deuxième tome des « Epées de verre », par Corgiat et Zuccheri, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

M.DESCORNET

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20/04/2011

Féroces tropiques / Bellefroid, Pinelli / Dupuis / coll.Aire Libre

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Faire son entrée dans la BD par la collection Aire Libre représente un privilège. C’est que ce récit féroce recèle quelques belles découvertures. Graphiquement, le lecteur se prend une claque magistrale, comparable celle suscitée par Hugo Pratt. Alors que Pratt poussait la technique du trait jusque dans ses plus loins retranchements, Pinelli insuffle son âme dans la couleur, tirant de ses tubes la quintessence de leur intensité. Le plus beau, c’est la synchronisation avec la trame de cette fiction s’inscrivant dans un contexte historique, la première guerre mondiale, ses prémisses et ses suites. Englué dans cette période trouble, Heinz, un peintre allemand fauviste incompris, au talent aussi méconnu que celui de Pinelli, participe à une expédition océanographique au bout du monde. Abandonné en Papouasie, recueilli par les indiens coupeurs de têtes, Heinz va de révélations en révélations. Pétrie d’humanisme, cette BD hors normes, fait l’apologie de l’anticonformisme et de la fraternité entre les peuples, de l’universalité de la fibre artistique, des émotions qu’elle génère, mais aussi de la rencontre contrariée entre la nature et l’homme. Une BD audacieuse, instinctive, à la forte personnalité chromatique, à la fois belle et sauvage, crédible bien que fictionnelle, épique et étrangement prosaïque : « Féroces tropiques », par Bellefroid et Pinelli, aux éditions Dupuis, collection Aire Libre.

 

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19/04/2011

Un goût de paradis / Tony Chu, T.2 / Layman, Guillory / Delcourt / coll.Contrebande

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On peut faire de la BD loufoque tout en faisant preuve d’une remarquable cohérence. Le monde a subi une épidémie mortelle de grippe aviaire. Depuis lors, les poulets sont interdits à la consommation. Tony Chu est un agent de la R.A.S., pour Répression des Aliments et des Stupéfiants. Cette unité très spéciale emploie des inspecteurs aux qualités elles aussi très spéciales. Tony Chu est un cibopathe, un mot qui vient du latin cibus, qui signifie aliment, nourriture, et du grec pathos qui se rapporte à la souffrance, au changement accidentel. Pour le dire crument, Tony est capable, en ingérant un échantillon, de retracer le parcours de n’importe quel aliment, que ce soit des légumes, des fruits ou de la viande, y compris de la viande humaine. Cette faculté s’avère très pratique pour retracer les circonstances d’un meurtre. Dans cette nouvelle histoire bien déjantée, il goûte pour les besoins d’une enquête à une plante aux origines incertaines, très prisée une fois cuite, en raison de sa saveur gallinacée. Mais mangée crue, elle déclenche chez Tony un feu d’artifice orgasmique inouï. Sans aller jusqu’à cette extrême, cette BD produira de l’effet chez le lecteur, telle une déflagration de péripéties pleines de peps. « Un goût de paradis », deuxième tome de « Tony Chu », par Layman et Guillory, aux éditions Delcourt, collection Contrebande.

 

M.DESCORNET

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18/04/2011

Perfect child / Damoclès, T.3 / Henriet, Callède / Dupuis

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Damoclès, le courtisan du roi, figure légendaire de la mythologie grecque, s’est retrouvé dans la situation périlleuse de diner avec un épée suspendue au-dessus de sa tête par un simple crin de cheval. Ce danger qui nous menace et sur lequel nous n’avons pas prise, c’est le cheval de bataille de l’agence Damoclès. Ely Braxton fait partie des agents surentraînés à qui sont confiées les missions de protection des personnalités les plus riches ou influentes, qui font appel à ses services. Loin de l’image du garde du corps baraqué et de marbre, Ely est en proie à des tensions psychologiques. Célibataire endurcie, mais néanmoins pas insensible à la force des sentiments, elle tente d’éviter les pièges que l’existence nous tend tout au long de notre parcours de vie. Elle ressemble donc à tout un chacun. Nous sommes également tous à la recherche du bonheur. Pour beaucoup, cette quête se concrétise par l’arrivée d’un enfant, un enfant que l’on idéalise, que l’on voudrait parfait. Les progrès de la génétique permettent une sélection. La société Perfect Child met a disposition une telle technologie, moyennant finance. Sa fondatrice est la cible des intégristes de tous bords. Ce troisième tome, à la fois grave et frivole, tout aussi intelligemment construit que les précédents, aborde avec une grande justesse une question éthique centrale. « Perfect child », troisième tome de « Damoclès », par Henriet et Callède, aux éditions Dupuis.

 

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17/04/2011

Les Temps nouveaux / T.1 / Warnauts, Raives / Le Lombard

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En Belgique, dans les années trente, alors que le nazisme montait en Allemagne, un mouvement nationaliste belge catholique d’extrême droite voyait le jour et remportait quelques succès électoraux, surtout grâce à la personnalité de Léon Degrelle. Lors de l’occupation allemande, le parti Rex versa dans le fascisme et la collaboration pure et dure. Cette page sombre de l’histoire politique de Belgique, bien souvent occultée, sert de terreau fertile à l’imagination de Warnauts et Raives. Ils situent leur récit à la veille de l’éclatement belliqueux mondial, au cœur des Ardennes wallonnes. Thomas choisi ce moment pour y faire son retour après de nombreuses années passées au Congo, alors colonie belge. Il est en froid avec son frère Charles qui a épousé son amour de jeunesse et ne partage pas ses convictions. Les deux frères ont des conceptions politiques diamétralement opposées. Thomas, le cynique forgé par l’aventure, ne partage pas le conservatisme de Charles, engagé dans le rexisme. Cette dualité, ces tensions intrafamiliales représentent une honnête transposition des luttes intestines qui secouent alors la société belge dans son ensemble. Adoptant un point de vue historico-politique à travers un prisme social, Warnauts et Raives, ce duo d’auteurs inséparable porte un regard vitriolé sur « Les Temps nouveaux », titre de leur nouvelle série acide aux éditions Le Lombard.

 

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16/04/2011

Monsters / Kid Paddle / Midam / MAD Fabrik

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Au commencement, il y avait Kid Paddle. Puis les monstres envahirent l’univers et Kid Paddle se réfugia derrière son avatar pour éviter le « Game over ». Il n’empêche que les créatures en tous genres se sont bel et bien incrustées, tout particulièrement dans notre imaginaire collectif. Ce beau livre, quoique monstrueux, nous apporte moult éclaircissements sur la genèse des plus éminents représentants de ce monde d’effroi. Il y a bien sûr le monstre créé par le docteur Frankenstein, modèle presque parfait du genre. Mais aussi Nessie, le mystérieux locataire d’un lac au fin fond de l’Ecosse. Ou encore Terminator, l’androïde venu du futur pour assassiner préventivement le chef d’une révolution anti-machines. Vous l’aurez compris ce sont surtout des stars consacrées par le cinéma qui peuplent les pages abominables de cet album didactico-fantastique volumineux, joliment mis en page, agrémenté d’imposantes reproductions tonitruantes. L’admiration, la vénération même, vouée aux monstres par Midam éclate dans toute sa splendeur et sa démesure. L’hémoglobine, l’haleine pestilentielle, la morve gluante, le souffle sulfureux et autres substances horrifiques suintent allègrement de ce livre divertissant qui s’adresse à un large public, et en particulier aux jeunes lecteurs nourris aux mamelles de l’épouvante. « Monsters », Hors série Kid Paddle, par Midam, aux éditions MAD Fabrik.

 

M.DESCORNET

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