11/04/2011

Etat de veille / Reviati / Casterman

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Ce roman graphique de plus de trois cent cinquante pages aborde un sujet hautement sensible. Autant le dire d’amblée, il n’est pas aisé d’accéder à la lecture éveillée de ce récit parfois étouffé par un hermétisme abscons. Le lecteur averti qui se sera accroché, verra son champ réflexif s’élargir ou conforté par un réquisitoire contre les travers de la société dite « moderne », et plus particulièrement l’aliénation sous toutes ses formes qu’elle induit. La toute puissance du superflu a tendance à occulter les valeurs humaines essentielles. La communication déclinée sous d’innombrables formes technologiques contribue à l’uniformisation des besoins. Les masses téléphages s’empiffrent de programmes pré-formatés, qui les plongent dans une abrutissante léthargie. Ce sommeil qui garantit le calme social est savamment entretenu par les détenteurs du pouvoir, augmentant par là leurs possibilités d’action, repoussant toujours plus loin le point de rupture qui fera basculer la société dans la révolte. Cet état de renoncement, se situe au cœur du récit de Davide Reviati, qui dépeint une communauté d’ouvriers, et de leurs enfants, dont la vie se trouve phagocytée par les impératifs de production d’une usine pétrochimique. Au-delà de ce contexte particulier, l’auteur dénonce des pratiques soporiphiques déshumanisantes. « Etat de veille », par Reviati, aux éditions Casterman.

 

M.DESCORNET

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : etat de veille, reviati, casterman |  Facebook |

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