03/03/2011

Naja, T.5 / Morvan, Bengal / Dargaud

naja5.jpg

Le rythme échevelé des quatre premiers tomes laisse place à un cinquième opus à la fois décoiffant et interpellant. Les lecteurs qui croyaient pouvoir se laisser emmener par un récit violent à la manière d’un film de Tarantino se retrouvent un peu interloqués par cette conclusion qui livre toutes les clés de compréhension et donne corps à la série dans son entièreté. L’apparente trame basique se mue en une succession soudaine de révélations déstabilisantes. Naja est une tueuse professionnelle d’une froideur inégalée. Elle se livre à une épopée sanglante et fratricide puisqu’elle tente d’éliminer les autres tueurs du top trois de l’organisation dont elle fait partie. En réalité tous trois se traquent mutuellement. Ca n’a apparemment pas de sens. Naja montre non seulement une insensibilité morale à l’égard de ses victimes, mais aussi une incroyable résistance à la douleur. En réalité, elle ne ressent absolument aucune émotion ni sensation physique. Nous découvrons enfin les raisons de cet état. Il nous faut pour cela remuer le passé de la jeune femme, explorer ses origines familiales. A contre-pieds du schéma classique du citoyen paisible qui devient un impitoyable vengeur, Naja opère une mutation inverse à nos yeux, une belle pirouette scénaristique. Le cinquième tome de « Naja » clôt remarquablement cette série signée Morvan et Bengal aux éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : naja, morvan, bengal, dargaud |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.