31/01/2011

La Malédiction des trente deniers, 2e partie / Blake et Mortimer, T.20 / Van Hamme, Aubin, Schréder / Blake et Mortimer

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Cette aventure de Blake et Mortimer aura connu un parcours chaotique. Scénarisée par Jean Van Hamme et initialement dessinée par René Sterne, le décès de ce dernier a entraîné la succession de plusieurs dessinateurs. C’est d’abord Chantal De Spiegeleer, l’épouse de René Sterne, qui termine l’album entamé par son défunt mari. Puis, pour cette deuxième partie, c’est à Antoine Aubin qu’est confiée la mise en images, avec le soutien d’Etienne Schréder. Malgré ces bouleversements, l’ensemble conserve une certaine unité de style, répondant en grande partie à la charte graphique du créateur de la série, Edgar Pierre Jacobs. Ce dernier volume accuse pourtant un changement de taille, c’est la place consacrée aux zones de textes, si chères à Jacobs et qui décrivent ce qui se passe dans l’image. Les puristes trouveront ceci regrettable. Car au-delà de l’apparente redondance, c’est surtout un style plus littéraire qui se dégage des pages signées Jacobs, une ambiance plus théâtrale, accentuée par un vocabulaire plein d’emphase. C’est un peu de l’âme de Blake et Mortimer qui disparaît. Heureusement, l’aventure reste de qualité et les personnages évoluent dans un environnement codifié qui respecte l’esprit global tout en apportant des innovations. « La Malédiction de trente deniers, 2e partie », vingtième tome de « Blake et Mortimer », par Van Hamme et Aubin, avec l’aide de Schréder.

 

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28/01/2011

Kerioth / Intégrale / Boidin, Bertho / Vents d’Ouest

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Les éditions Vents d’Ouest ont été bien inspirées d’inscrire la réédition, dans leur collection des intégrales, de cette série qui n’a pas bénéficié de toute la visibilité et de toute la notoriété espérées lors de sa publication initiale. Il faut dire que, justement, en termes de visibilité, le premier tome de « Werner et Charlotte », séquelle de « la Guerre des Sambre », est graphiquement pris en main par Boivin. Double présence donc, de ce dessinateur talentueux, dans les rayons des librairies, même si la supervision de Yslaire apporte indéniablement une maturité supplémentaire dans « Werner et Charlotte ». « Kerioth » n’en reste pas moins une œuvre intéressante, assez aboutie. Une cité lacustre voit son avenir menacé par des termites voraces qui s’attaquent aux piliers qui la soutiennent. Aucun remède n’a été trouvé pour faire face à ce danger. La cité est donc condamnée à s’enfoncer dans les flots, du moins pour ce qui est des quartiers les plus défavorisés, habités par la populace. Le régime est plutôt dictatorial, même s’il existe un semblant d’assemblée parlementaire. La Mairesse, manipulatrice, tire les ficelles dans l’ombre et fomente un plan machiavélique. Pendant ce temps, la sédition s’organise et se désorganise aussi, en proie à des luttes de clans. Superbement dessiné, ce récit captivant mérite d’être redécouvert. L’intégrale de « Kerioth » est parue aux éditions Vents d’Ouest, par Boidin et Bertho.

 

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27/01/2011

Mia Maï / All Watcher, T.5 / Desberg, Bourgne / Le Lombard

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Le gigantesque volume des flux financiers à l’échelle planétaire génère un colossal bénéfice pour ceux qui trouvent le moyen d’en tirer profit. Imaginez qu’un seul homme, ou qu’une entité multi-céphale, détienne une sorte de monopole de fait sur ces revenus occultes. C’est ce que font les auteurs de cette BD où la fiction pourrait bien se situer largement en-deçà de la réalité. Car pour capter l’attention d’un public composé de naïfs comme la plupart des citoyens lambdas que nous sommes, il ne faut pas faire compliqué. Or, les montages financiers peuvent atteindre un niveau de complexité vertigineux. « All watcher » n’en reste pas moins une belle entrée en matière pour qui se voue à l’éveil. L’intrigue s’intensifie alors que le déroulement des événements emprunte des détours inattendus. Les incorruptibles agents de l’IRS chargés de traquer l’hypothétique All Watcher ne peuvent pas se défaire de leur passé ni de leur vie privée, avec toutes les faiblesses que cela peut renfermer. All Watcher et ses sbires ont accès à des sources d’information rudement sophistiquées. Larry Max offre peu de prise mais la part sombre de sa collègue Mia Maï offre un intérêt sensible. Très respectueux de la charte graphique de Vrancken, qui a créé le personnage principal avec Desberg, Bourgne illustre à merveille ce cinquième tome de « All Watcher », chez Le Lombard.

 

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26/01/2011

A la poursuite du Griffon d’or / Ric Hochet, T.78 / Tibet, Duchâteau / Le Lombard

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Tibet nous a quitté il y a peu. Le septante-huitième tome des aventures de Ric Hochet est resté inachevé sur sa table à dessin. Les éditions du Lombard ont choisi de le publier tel quel, même si Tibet avait exprimé son souhait de voir les aventures du reporter détective se poursuivre après sa disparition. Cet album fait donc figure d’exception. C’est un hommage aussi à ce dessinateur talentueux, d’une régularité et d’une constance remarquables. Le premier jet des planches est publié en vis-à-vis de leur version définitive, encrée mais pas mise en couleurs. Au fil des pages et de la progression dans l’album, les finitions se font plus rares. Les décors n’apparaissent plus. Puis ce ne sont que des masses disposées dans l’espace, avec quelques traits et l’ébauche plus poussée de l’un ou l’autre personnage, d’une expression, d’une situation. Enfin, la conclusion de l’enquête est résumée en quelques lignes pas le scénariste. Cette occasion rare de découvrir le travail de recherche graphique et les étapes de la réalisation d’une BD se déguste ici avec délectation. Le lecteur ne perd pour autant rien de l’intensité de l’intrigue. Le plaisir est donc double, sans effacer l’omniprésent sentiment de regret lié à la disparition soudaine de Tibet. Il avait un sacré coup de crayon. « A la poursuite du Griffon d’or », septante-huitième tome de « Ric Hochet », par Tibet et Duchâteau, aux éditions Le Lombard.

 

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25/01/2011

La Guerre des Sambre / Automne 1768 / Werner et Charlotte, T.1 / Yslaire, Boidin / Glénat / Futuropolis

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Le premier album de « Sambre » a révolutionné le paysage graphique de toute une époque et a inspiré de nombreux jeunes auteurs. Le scénario original de Balac, repris ensuite par Yslaire en auteur complet, n’est pas en reste. Afin d’en exploiter toute la richesse, Yslaire dresse l’arbre généalogique de la famille Sambre, sur plusieurs générations. La légende dit que les origines des Sambre remonterait jusqu’à l’aube de l’humanité et qu’une guerre immémoriale les poursuit depuis lors. Werner et Charlotte en constituent l’un des jalons. Nous sommes au dix-huitième siècle. Un orphelin aux yeux rouges est introduit dans la bonne société par son bienfaiteur. C’est lors d’une réception que Werner fait la connaissance de Charlotte et de sa mère, une lignée caractérisée par des cheveux roux. L’attirance est quasiment immédiate, comme si le destin avait décidé de les unir malgré les arrangements de mariage prévu pour Charlotte. Il est inimaginable qu’elle fréquente un orphelin désargenté alors que son avenir, et particulièrement celui de sa mère, dépendent de son futur époux, un homme bien placé qui leur permettra de revenir dans les bonnes grâces de Versailles. Un graphisme soigné, irréprochable, une narration fluide et passionnante : « Werner et Charlotte », premier tome, par Yslaire et Boidin, aux éditions Glénat et Futuropolis.

 

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24/01/2011

Le Sang des innocents / Neige Fondation, T.1 / Convard, Adam, Poli, Hostache / Glénat

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La saga de « Neige » s’était achevée et avait connu un engouement certain. Il aurait été dommage de ne pas emboîter le pas à toutes les séries qui voient leur univers se décliner en séquelles en tous genres. Ici, ce sont les prémisses de l’histoire qui nous sont proposés. Tant d’éléments ont déjà été dévoilés dans la série originale qu’il ne nous reste pas grand-chose à nous mettre sous la dent. Le lecteur aura certes le plaisir de se replonger dans cette Europe enneigée suite à un cataclysme climatique, peuplée d’hommes et de femmes victimes de graves maladies dont une en particulier. De là se profile l’importance d’un sérum et la lutte pour en obtenir des doses, doses dont la production est l’apanage d’un petit groupe autarcique armé et bien protégé. Et puis, il y a des hordes de mutants, des cannibales affamés, des tueurs viscéraux, des bêtes féroces à l’apparence pourtant encore humaine. Le décor est planté. Les aventures d’un groupe de voyageurs peuvent à présent s’y dérouler. De facture très classique, le récit n’apporte rien de plus qu’un divertissement accessoire. Le lecteur avisé préférera nettement se replonger dans la série initiale, un pur chef d’œuvre qui se suffit à lui-même. Les autres se montreront peut-être plus indulgents et liront avec intérêt « Le Sang des innocents », premier tome de « Neige Fondation », par Convard, Adam, Poli et Hostache, aux éditions Glénat.

 

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21/01/2011

La position du tireur couché / Tardi, Manchette / Futuropolis

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Jacques Tardi atteint un niveau d’excellence inouï dans le difficile exercice de la transposition du roman en BD. Il entretient une relation privilégiée avec Jean-Patrick Manchette, avec qui il avait déjà collaboré pour l’album « Griffu ». Ici, il s’agit d’une adaptation posthume puisque l’écrivain nous a quitté. Tardi donne corps de manière éblouissante à une histoire de tueur professionnel qui décide de raccrocher. En réalité, c’est un pauvre type pas très malin, même s’il connaît les ficelles du métier. Sitôt sa décision signifiée à son employeur, il rentre naïvement chez lui et s’apprête à se mettre au vert. Il se berce évidemment de douces illusions. On ne quitte pas ainsi une profession aussi lourde de responsabilités. Les truands n’aiment pas la désertion de leurs petits soldats, des reconvertis potentiellement menaçants, de mauvais exemple pour la relève. Il ne faut dès lors pas s’étonner de voir sa démission purement rejetée avec pour conséquence un contrat sur sa propre tête. Dans son style admirablement polar, Tardi nous emmène dans les pas de ce mort en sursis, à la recherche de son passé et des promesses d’un riant avenir qu’il y avait abandonnées. Désillusions, trahisons et bastons émaillent son chemin de loser qui abat ses dernières cartes sans stratégie. L’irrémédiable chute d’un homme qui avait tout misé sur des choix illusoires. « La position du tireur couché », par Tardi et Manchette, aux éditions Futuropolis.

 

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