31/12/2010

Le Pavillon des plaisirs / Djinn, T.10 / Dufaux, Miralles / Dargaud

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Alors que l’Inde est encore sous le joug du colonisateur britannique et que des tensions montent un peu partout dans le pays, un jeu d’influence prend une tournure nouvelle. Le prince est fiancé à une jeune fille ravissante et intelligente qui a toutes les qualités mais un défaut de taille cependant, puisqu’elle est la fille du principal opposant à l’occupant anglais. L’autorité de tutelle tente de le localiser et de le capturer afin de le réduire au silence, car son influence grandit de jour en jour. Sa fille constitue un appât de taille. Le prince est tout acquis à la cause des britanniques et représente un levier inestimable. Il est donc tout naturellement le centre des enjeux de part et d’autre. La mère du prince, en porte à faux avec les opinions de son fils, fait appel à une Djinn pour faire pencher la balance. Elle lui demande de fournir des armes à sa future belle-fille. Commence alors une éducation très particulière, celle du plaisir charnel, qui permet aux femmes d’envoûter les hommes, de le contraindre à leurs caprices, de les soumettre à leur volonté, par le moyen le plus trivial, mais aussi le plus efficace, par la faiblesse la plus remarquable des hommes. Une superbe BD aux ambiances érotisantes peintes dans un tourbillon de couleurs enivrantes; une intrigue à la fois diplomatique et sensuelle ; un petit bijou aux éclats multicolores : « Le Pavillon des plaisirs », dixième tome de « Djinn », par Dufaux et Miralles, chez Dargaud.

 

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30/12/2010

Ernest Latulipe / Magasin général, T.6 / Loisel, Tripp / Casterman

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L’expérience « Magasin général » se poursuit avec un égal plaisir. Pour rappel, la conception de cette BD repose sur un partenariat à nul autre pareil. Régis Loisel et Jean-Louis Tripp se réservent chacun la part de la réalisation qui leur plaît le plus. Loisel adore traduire une histoire en crayonnés énergiques tandis que Tripp prend son pied dans le rendu méticuleux des matières et des ombres qui confèrent au récit des ambiances soignées. Quant à l’histoire, ils la concoctent ensemble, mais c’est parfois à se demander si les personnages n’auraient pas pris leur envol, indépendamment de la volonté des auteurs, tant leurs péripéties se succèdent harmonieusement. Pourtant, le tumulte secoue cette petite communauté perdue dans un bled du Québec. Marie, la tenancière du Magasin général, se dirige chaque jour davantage vers un épanouissement personnel depuis qu’elle est devenue veuve. Son comportement bouscule les habitudes jusqu’à provoquer un tollé lorsqu’elle séduit le fiancé d’une autre. Sous la pression insoutenable des quolibets assassins, Marie s’en était allée à Montréal, au grand désarroi de ses détracteurs, ainsi dépourvus des précieuses fournitures dont ils s’approvisionnaient chez Marie. Un récit inspiré, des thèmes traités avec délicatesse et justesse, une superbe mise en images : « Ernest Latulipe », sixième tome de « Magasin général », par Loisel et Tripp, aux éditions Casterman.

 

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29/12/2010

Artan / Les Fenêtres d’Eristom, T.1 / Drommelschlager / Quadrants

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Artan Beltak est technicien. C’est un métier tout à fait commun mais il l’exerce dans un monde qui ne l’est pas, du moins à nos yeux. En effet, son environnement, c’est une société futuriste aseptisée, dans laquelle tout est programmé. Dès la conception, chaque être humain est génétiquement prédestiné à assurer un rôle et à ne pas s’écarter de son chemin tout tracé. Cette organisation globale a pour objectif de garantir le bonheur pour tous. Ce monde s’appelle Eristom et se veut une image du paradis sur terre. Le moindre détail a été peaufiné pour rendre la vie de ses habitants paisible et douce dans une atmosphère rassurante, hyper sécurisée. Pas la moindre turbulence ne vient perturber la parfaite harmonie d’Eristom. Mais Artan est assailli par des cauchemars répétés peuplés par des visions étranges, des êtres aux propriétés atypiques. Artan s’irrite de plus en plus. Un jour, alors qu’il effectue une intervention chez un client, il aperçoit sur un mur une série d’images épinglées en mosaïque. Et ces images représentent les créatures de ses cauchemars, de quoi le déstabiliser profondément et le pousser à enfreindre les règles. Si la thématique du monde parfait ne relève pas d’une originalité inouïe, l’approche se veut ici assez convaincante. La superbe personnalité graphique de l’auteur y joue un rôle primordial. « Artan », premier tome des « Fenêtres d’Eristom », par Raphaël Drommelschlager, aux éditions Quadrants.

 

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28/12/2010

Le Don, T.1 / Carnevale, Bartoli / Le Lombard

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Lorsque l’on évoque un don, on pense souvent aux contes de fées ou aux pouvoirs des super-héros. Il s’agit alors d’une faculté extraordinaire, bénéfique pour celui qui le possède. Rarement, le don est perçu comme une tare dont quelque pauvre malheureux serait affublé, qu’il serait forcé de porter comme un boulet, une encombrante propriété qui pourrait lui nuire jusqu’à le rendre fou. C’est cette conception à contre-pieds que X et Y ont choisi de privilégier. Leur héros souffre de percevoir les catastrophes qui vont arriver aux gens dont il croise le chemin et qui leur sont la plupart du temps fatales. Ce don horriblement traumatisant, il ne l’a pas pour lui-même. Il ne peut donc prédire l’heure de sa propre mort. Il n’empêche que cette particularité ruine ses relations sociales au plus haut point. Impossible pour lui de côtoyer quelqu’un sans être victime d’un flash de voyance. Ce don n’est pas franchement original à proprement parler mais le traitement qui en fait sort des sentiers battus. Ce premier tome installe le contexte, et essentiellement le personnage principal, mais ne révèle pas grand-chose encore de l’intention finale. Le châpitrage confère même à l’album un côté décousu un tantinet dérangeant. Heureusement, une fois passée cette impression, on accroche résolument. La suite est attendue avec intérêt : « Le Don », premier tome, par Carnevale et Bartoli, aux éditions Le Lombard.

 

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27/12/2010

Et tu redeviendras poussière / Le Chineur, T.2 / Bétaucourt, Pagot / Bamboo / coll.Grand Angle

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Suite et fin de ce diptyque de facture assez classique mais qui recèle tout de même quelques sympathiques originalités. Gabin Kashenko est un antiquaire professionnel, un chineur. Il participe au rendez-vous annuel du marché des brocanteurs de Dain-sur-Souzon, un patelin tranquille dans un coin retiré de la France. Cette tranquillité est bien vite troublée par l’irruption d’une bande de petites frappes qui se croient intouchables. Mais là n’est pas la véritable source des événements qui vont bouleverser la quiétude des bons citoyens du bourg. Gabin se retrouve bien involontairement pris dans un engrenage infernal qui le forcer à jouer un rôle clé dans une histoire de famille peu reluisante. Alors que le premier tome plante habilement le décor et y situe les différents protagonistes avec fluidité et cohérence, ce second opus se complique un peu. On n’en attendait pas moins. Trop souvent, la mayonnaise ne prend pas et tourne au vinaigre après une entrée en matière alléchante. Ici, les promesses sont tenues, sauf que c’est déjà fini. Les auteurs ont eu l’intelligence de ne pas allonger la sauce, conséquence, nous ne sommes pas pleinement rassasiés. Mais ne faisons pas la fine bouche et savourons ce récit attachant. « Et tu redeviendras poussière », second tome du « Chineur », par Bétaucourt et Pagot, chez Bamboo, collection Grand Angle.

 

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25/12/2010

Trois Christs / Mangin, Bajram, Néaud / Quadrants

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Le suaire de Turin est un drap en lin ancien qui montre l'image d'un homme présentant les traces de tortures physiques correspondant à une crucifixion. Pour certains, il s'agit d'une contrefaçon médiévale ou de l'œuvre d'un artiste réalisée à des fins de dévotion ou de tromperie. Pour d'autres, le drap serait une relique, le Saint Suaire, linceul ayant recouvert Jésus de Nazareth lorsqu'il fut mis au tombeau. Parmi eux, certains attribuent d'ailleurs à l'apparition de son image sur les fibres une origine miraculeuse. La polémique a été alimentée très tôt, notamment parce que les Évangiles ne mentionnent pas cet objet, et a secoué le moyen âge. L'Église catholique, propriétaire du linceul, ne s'est jamais prononcée officiellement sur l'authenticité du drap. Elle a toutefois accepté les résultats de la datation par le carbone quatorze qui conclut à un âge médiéval au treizième ou quatorzième siècle. Cette datation a été très rapidement contestée par les partisans de l'authenticité. Et ça continue encore et encore. Valérie Mangin s’est emparée du sujet et en a tiré une parodie sous forme de variations sur un thème. Elle imagine trois possibilités. Soit dieu existe, soit dieu n’existe pas, soit dieu est radioactif. Et pour illustrer son propos, elle s’est adjointe l’un des plus talentueux créateurs d’univers, Denis Bajram. Quant à Fabrice Néaud, il signe le prologue et l’épilogue de ce divin « Trois Christs », aux éditions Quadrants.

 

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24/12/2010

Joseph Adam / La Compagnie des ténèbres, T.1 / Galliano, Milano / Glénat

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Un aventurier avec un chapeau mou vissé sur la tête, la chemise ouverte, une imposante machette à la main et une jolie fille très déshabillée à ses côtés, pataugeant dans un marais au cœur d’une jungle hostile, visiblement peuplée d’une tribu vénérant la mort puisqu’un gigantesque crâne sculpté dans le roc trône à l’arrière plan… la couverture se veut ouvertement racoleuse et plante définitivement le décor de cette aventure façonnée dans de la bonne terre fertilisée à la sauce « Indiana Jones ». Fond historique, aventure effrénée et une généreuse dose de fantastique soutienne une récit qui se révèle efficacement accrocheur. Il n’était pas nécessaire de déployer tant de références pour attirer le lecteur. Quoique, à bien y réfléchir, au vu de la production pléthorique de bandes dessinées et de la véritable guerre que se livrent les armadas de commerciaux des éditeurs de tous bords, il devient primordial de concevoir une couverture bien pensée, qui donnera envie au libraire de mettre l’album en évidence, puis de séduire le lecteur, un peu perdu et souvent dubitatif devant tant de choix. S’il est vrai que bien souvent le soufflé se dégonfle à la lecture, certaines perles se parent d’atours trop communs alors qu’elles méritent un écrin plus prestigieux qui, paradoxalement, les rendrait invisibles. « Joseph Adam », premier tome de « La Compagnie des ténèbres », par Galliano et Milano, aux éditions Glénat.

 

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