30/11/2010

Fort Thélème / Commando colonial, T.3 / Appollo, Brüno / Dargaud / coll.Poisson pilote

 

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La campagne d’Afrique pendant la seconde guerre mondiale a mis les soldats à rude épreuve. Non seulement, le conflit armé était bien présent avec tout ce qu’il a de terrible en soi, mais le désert s’est érigé comme un ennemi insidieux, implacable. Certains ont succombé, peut-être pas physiquement car le corps a des limites étonnantes, mais la raison se montre bien plus fragile et prompte à chavirer. A moins que les conditions extrêmes ne fassent au contraire recouvrer la raison en ces temps de folie meurtrière. Le major Antoine Robillard, accompagné du quartier-maître Maurice Rivière, sillonne le désert à la recherche d’un homme qui aurait probablement franchi le pas. Ils sont engagés dans les forces françaises libres et ont pour mission de retrouver le capitaine Jean-Baptiste Ferrand, disparu dans le désert et supposé déserteur, sans mauvais jeu de mots. Le hic, c’est qu’il n’est pas parti les mains vides et que ce qu’il détient pourrait changer le cours de la guerre. Le dessin épuré de Brüno va à l’essentiel. Il explore les recoins de la ligne claire avec originalité. Le rythme du récit jouit d’une admirable maîtrise qui rehausse l’attrait du scénario surprenant de Appollo. Un savant dosage entre aventure, histoire et humour : « Fort Thélème », troisième tome de « Commando colonial », par Appollo et Brüno, aux éditions Dargaud, collection Poisson pilote.

 

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29/11/2010

L’Assaut de Torquilstone / Ivanhoé, T.2 / Yann, Sanchez / Delcourt

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Ivanhoé figure parmi les grands classiques de la littérature anglaise. Ce roman chevaleresque présente l’antagonisme entre les Normands et la Saxons, deux principales peuplades d’Angleterre, qui se livrent une guerre sans merci et déchirent le royaume entier. Cette rivalité prend sa source dans la fameuse bataille d’Hasting, un haut fait de guerre inscrit dans la grande Histoire d’Angleterre et qui eut lieu en mille soixante six. Le roman « Ivanhoé », de Sir Walter Scott, a été écrit bien après, alors que le conflit n’existait plus. En réalité, l’auteur a utilisé un procédé narratif qui lui permet de décrire par transposition l’affrontement entre les Anglais et les Français, sans heurter les sensibilités, de manière détournée. Sir Walter Scott y tourne également en dérision les joutes chevaleresques, entourées d’une aura de noblesse et d’honneur qu’il démolit ici en étalant sans concession les bassesses, les trahisons, les complots et l’ignoble attrait pour le sang, conclusion de combats souvent déloyaux ou truqués. Yann et Elias Sanchez s’accaparent le récit. Ils collent le plus fidèlement possible au texte tout en le magnifiant dans ses intentions sous-jacentes. Ils mettent par exemple en exergue la condition des juifs et la détermination des captifs maures. Une œuvre riche à découvrir dans une BD de qualité : « L’Assaut de Torquilstone », deuxième tome de « Ivanhoé », par Yann et Elias Sanchez, aux éditions Delcourt.

 

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26/11/2010

Little Jones / XIII mystery, T.3 / Henninot, Yann / Dargaud

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A Chicago, une petite fille et son grand frère traînent dans les rues et expriment leur révolte contre la police en écrivant sur les murs des slogans comme « tuez les porcs », une expression popularisée par le mouvement des Black Panthers. Les Black Panthers sont nés dans le milieu des années soixante et ont connu une forte expansion pendant quelques années, jusqu’à disparaître en raison de fortes dissensions internes. Ce mouvement radical revendique la réalisation d’un programme en dix points pour la cuase des noirs, dans la lignée de Martin Luther King et de Malcolm X. Les Black Panthers ont cependant choisi un mode d’action bien plus radical que les simples discours politiques. Ils s’organisent pour mener des actions violentes qui ne leur assurent pas bonne presse auprès d’une large frange de la population noire qui les juge contre-productifs. C’est dans contexte que Little Jones grandit et fera les rencontres qui la mèneront à devenir le lieutenant Jones, bien des années plus tard. Un scénario bien huilé, rien d’étonnant de la part de Yann, qui s’est admirablement approprié les codes de la série « XIII », mêlant pure fiction et presque réalité. On y apprendra enfin le prénom de Jones, une révélation à la hauteur du mystère qui l’entoure. Quant au dessin de Henninot, c’est du pur bonheur. « Little Jones », troisième tome de « XIII mystery », par Henninot et Yann, aux éditions Dargaud.

 

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25/11/2010

Gauthier de Flandres / Nomade, T.1 / Dufaux, Xavier / Le Lombard

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Derrière une superbe couverture charpentée comme celle de la série « Croisades », un récit rudement attrayant nous dévoile certains faits liés à l’un des personnages de la série mère. On appelle ça un « sequel » et, bien souvent, ce genre de produit dérivé répond à un but mercantile. Rare sont les véritables sequels qui apportent un supplément d’âme à l’œuvre originelle. « Nomade » réussit à relever ce défi. Jean Dufaux y précise même dans sa préface que si l’imagination vient à manquer, si l’intérêt n’y est plus, et même si quatre tomes sont d’ores et déjà annoncés, il n’allongera pas la sauce inutilement. Ce premier tome se révèle savoureux à souhait. Nous y suivons d’abord Renaud de Châtillon et sa sœur qui escortent une charrette blindée renfermant une créature mystérieuse. Capturés par la secte des Assassins, le frère et la sœur sont secourus par le chevalier Gauthier de Flandres qui propose de les racheter. De périlleuses épreuves attendent cet homme au cœur noble mais tourmenté. Il ignore encore que sa route croisera celle d’une terrible guerrière qui scellera son destin. Excellente mise en lumière d’un des protagonistes de « Croisades », cet album nous offre une nouvelle occasion de nous extasier devant la maestria graphique de Xavier. En bonus : la genèse d’une page. « Gauthier de Flandres », premier tome de « Nomade », par Dufaux et Xavier, aux éditions Le Lombard.

 

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24/11/2010

Pénélope / Les Champs d’Azur, T.2 / Giroud, Brahy / Glénat / coll.Grafica

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Pénélope est une figure de la mythologie grecque. C’est la fille du roi Icarios. Sa beauté incomparable lui vaut de nombreux prétendants. Pour les départager, une série d’épreuves est organisée, dont Ulysse sort vainqueur. Mais leur vie de couple va vite être mise à mal par la guerre de Troie et les vingt années d’absence d’Ulysse. Pendant tout ce temps, les princes grecs tentent de convaincre Pénélope d’accepter l’idée du décès d’Ulysse et de se remarier. Afin de les repousser, elle invente une multitude de stratagèmes dont la fameuse tapisserie qu’elle faisait le jour et défaisait la nuit. La tapisserie de Pénélope est désormais une expression qui désigne un ouvrage sur lequel on travaille sans cesse et que l’on ne termine jamais. Cette image convient bien aux pionniers de l’aviation, des inventeurs inlassables qui ne reculent devant aucun danger pour vaincre les lois de la pesanteur et réaliser le rêve d’Icare de voler comme les oiseaux. Mais Pénélope trouve une autre référence au sein de la BD, en la personne d’une séduisante jeune femme qui refuse de se croire veuve. Ce récit, en plus de proposer une trame solide et passionnante, révèle une vraie identité graphique par le dessin de Luc Brahy et les couleurs de Christian Favrelle. « Pénélope », deuxième tome des « Champs d’Azur », par Giroud et Brahy, chez Glénat, collection Grafica.

 

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23/11/2010

Les Naufragés / Ogregod, T.1 / Jodorowsky, Janjetov / Delcourt / coll.Neopolis

 

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Les premières ont de quoi inquiéter le lecteur. Un statisme certain les caractérise et le graphisme des personnages s’apparente ostensiblement à des photographies retravaillées. Sauf que ce ne sont pas complètement des humains puisqu’ils ont quatre jambes, un peu comme les centaures mais avec des jambes plutôt humaines. Et puis, leur peau est bleue, comme celle des centaures imaginés par Seron dans les années quatre-vingt et qui ont vécu une demi douzaine d’aventures dans les pages du journal de Spirou. Mais revenons à Ogregod. Ces êtres sont dénommés des quatropes. Ils vivent sous le joug de colons tout à fait humains, d’une humanité faite d’abjection. Le régime totalitaire qui dirige la planète Okkar monte une expédition pour évaluer les potentialités de nouveaux vaisseaux et planifier la conquête de toute la galaxie. Feront partie de l’équipage huit héritiers des familles les plus influentes, accompagné d’un robot instructeur et d’un esclave quatrope. A peine le voyage spatial a-t-il commencé que de fortes dissensions apparaissent, causant un naufrage sur une planète inconnue, hostile. Ce début laisse présager d’intéressants développements. Le terreau est riche. Attendons le semis et la récolte. « Les Naufragés », premier tome de « Ogregod », par Jodorowsky et Janjetov, aux éditions Delcourt, collection Neopolis.

 

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22/11/2010

Rose d’Elisabethville / Séraphine, Barboni / Dupuis / coll.Aire Libre

 

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En cette année de commémoration de l’indépendance du Congo, il est de bon aloi de publier un album traitant du sujet. Mais publier pour publier, répondre à une logique commerciale pure, c’est peu reluisant. Alors tant qu’à faire, autant miser sur la qualité. Séraphine ne figure pas parmi le dessinatrices les plus prolixes mais sa production témoigne d’un cheminement vers l’excellence. Graphiquement très maîtrisé, cet album de circonstance aborde les relations entre la Belgique et sa colonie au moment où celle-ci acquiert son indépendance, au moment où son destin, à l’heure du divorce, va basculer pour le meilleur ou pour le pire. Un jeune couple cristallise les tensions. L’harmonie règne entre Rose et Eric. Rose est infirmière. Eric est journaliste et ses articles prennent ostensiblement position pour les anti-colonialistes et Patrice Lubumba, ce qui lui attire évidemment des ennemis politiques. Rose attire malgré elle la convoitise de malfrats sans scrupules. Elle a reçu d’une connaissance du Katanga, où elle a grandi, une pierre précieuse et une lettre, un testament. Ce document va la lancer dans un jeu de piste périlleux. Tout en finesse, ce récit mené par deux femmes réussit le mélange idéal de l’intrigue géopolitique et un brin romantique, défendue par des personnages consistants. Une BD belle, prenante et intelligente : « Rose d’Elisabethville », par Séraphine et Barboni, aux éditions Dupuis, collection Aire Libre.

 

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