22/11/2010

Rose d’Elisabethville / Séraphine, Barboni / Dupuis / coll.Aire Libre

 

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En cette année de commémoration de l’indépendance du Congo, il est de bon aloi de publier un album traitant du sujet. Mais publier pour publier, répondre à une logique commerciale pure, c’est peu reluisant. Alors tant qu’à faire, autant miser sur la qualité. Séraphine ne figure pas parmi le dessinatrices les plus prolixes mais sa production témoigne d’un cheminement vers l’excellence. Graphiquement très maîtrisé, cet album de circonstance aborde les relations entre la Belgique et sa colonie au moment où celle-ci acquiert son indépendance, au moment où son destin, à l’heure du divorce, va basculer pour le meilleur ou pour le pire. Un jeune couple cristallise les tensions. L’harmonie règne entre Rose et Eric. Rose est infirmière. Eric est journaliste et ses articles prennent ostensiblement position pour les anti-colonialistes et Patrice Lubumba, ce qui lui attire évidemment des ennemis politiques. Rose attire malgré elle la convoitise de malfrats sans scrupules. Elle a reçu d’une connaissance du Katanga, où elle a grandi, une pierre précieuse et une lettre, un testament. Ce document va la lancer dans un jeu de piste périlleux. Tout en finesse, ce récit mené par deux femmes réussit le mélange idéal de l’intrigue géopolitique et un brin romantique, défendue par des personnages consistants. Une BD belle, prenante et intelligente : « Rose d’Elisabethville », par Séraphine et Barboni, aux éditions Dupuis, collection Aire Libre.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rose d’elisabethville, séraphine, barboni, dupuis, aire libre |  Facebook |

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