15/11/2010

Notre mère la guerre / Deuxième complainte / Maël, Kris / Futuropolis

 

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La guerre des tranchées fait figure de farce sordide, immonde. Le première guerre mondiale, de quatorze dix-huit, fut une boucherie inqualifiable. Et une farce amorale. Les soldats envoyés au front dans des costumes bleu et rouge offraient des cibles parfaites aux Allemands tandis que les officiers menaient leurs petits soldats de plomb dans des opérations dénuées de sens, à l’encontre de toute stratégie. Le carnage a englouti une jeunesse entière. Près d’une siècle s’est écoulé depuis et il ne reste probablement aucun témoin direct vivant capable de transmettre la mémoire. Car la mémoire ne se lit pas seulement dans les livres d’histoire. Le tableau ne serait pas complet sans la parole de ceux qui ont vécu l’enfer. C’est à ces hommes réduits à l’état de chair à canon que rend hommage cette BD tout au long de pages d’une rare dureté et d’une terrible justesse. Et comme si le sang ne coulait pas déjà suffisamment, un assassin sévit. C’est ce meurtrier qu’est chargé de démasquer le héros de ce récit. Mais héros serait alors un terme galvaudé. Est-on un héros quand on exécute les ordres, même absurdes et crapuleux, ou plutôt quand on refuse un combat insensé et que l’on finit avec douze balles dans une peau de prétendu traître déserteur ? Une bouleversante BD servie par un dessin étonnant, parfaitement au diapason du scénario : « Notre mère la guerre. Deuxième complainte », par Maël et Kris aux éditions Futuropolis.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : notre mère la guerre, deuxième complainte, maël, kris, futuropolis |  Facebook |

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