09/09/2010

Acqua Alta, T.1 et T.2 . / Schmitt / Casterman

 

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Lorsque vous plongez littéralement dans cette BD, vous êtes submergés par une vague aux embruns familiers. Rapidement, l’apparition d’un cube dont la taille évolue précise en vous le souvenir d’une belle découverte, celle qui avait causé la fièvre d’Urbicande, une structure cubique qui envahissait la ville en prenant de l’ampleur. Et vous voilà englouti par l’univers des Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters. Car cette histoire en deux tomes, « Acqua Alta », pourrait harmonieusement s’incruster dans cet univers. Graphiquement, Daria Schmitt fait preuve d’une extraordinaire maîtrise. Ses couleurs, mariées avec science, contribuent grandement à la beauté de l’œuvre. Quant à la mise en scène, elle frôle la perfection. Le tableau serait impeccable s’il n’y avait cette sourde lassitude, de plus en plus présente au fil des pages. Le récit s’embourbe dans cet élément aquatique omniprésent, dans lequel pataugent des personnages inconsistants derrière un vernis pourtant séduisant. La variété architecturale compense une dommageable unité de lieu alors que des caractères trop lisses aggravent une histoire qui tourne en rond, au risque de disparaître dans un tourbillon. Au final, cette BD présentée en diptyque possède un charme indéniable mais peu de corps, ou alors bien caché au fond d’un insondable abysse. « Acqua Alta », une histoire en deux tomes, par Schmitt, aux éditions Casterman.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : acqua alta, schmitt, casterman |  Facebook |

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