31/08/2010

Les Désarmés / Mezzo, Pirus / Drugstore

 

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Cet album volumineux est une réédition d’une histoire en deux tomes, mais une réédition retravaillée, surtout au niveau de la narration et des couleurs. Le résultat est une merveille de polar noir. Le duo d’auteurs avait récemment bluffé les lecteurs avec « Le Roi des mouches », une critique sociale acerbe. Fort de ce succès, ils remettent en musique une de leurs précédentes réalisations avec un bonheur jouissif et communicatif. C’est une véritable perle qui en ressort. Dans un bled au fin fond du Texas, Baby Jack, un paumé, revient dans sa ville natale. Il prend une chambre dans un hôtel face à la banque, un poste d’observation idéal pour préparer un mauvais coup. Ce qu’il ignore, c’est que sa chère maman, Angie, s’apprête elle aussi à dérober le contenu de la banque, au sein d’un gang de crapules dont fait partie le Sheriff lui-même. Ce qu’Angie ignore, elle, c’est que son rôle est écrit d’avance et ne correspond pas au script qui lui a été communiqué. Quant au Sheriff, il ignore, c’est qu’il est lui-même le jouet de ses commanditaires et que le destin ne sera pas aussi brillant qu’il se plaît à l’imaginer. Là-dessus vient se greffer une histoire de famille des plus glauques. On n’en demandait pas tant, mais on est servi, et de belle manière. Un superbe récit, prenant de bout en bout, digne des meilleurs polars : « Les Désarmés », par Mezzo et Pirus, aux éditions Drugstore.

 

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30/08/2010

Noces sacrilèges / Sang royal, T.1 / Jodorowsky, Liu / Glénat / coll.Grafica

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Cet album mérite pleinement de figurer au catalogue de la collection Grafica. Le dessinateur chinois Dongzi Liu fait montre d’une belle maîtrise graphique. Sa palette de couleurs ne semble pas non plus lui réserver de secrets, même s’il en privilégie certaines, savamment choisies pour soutenir un récit féroce. Dans le genre médiéval fantastique, Jodorowsky n’a pas à démontrer son savoir-faire. Dès lors, on est en droit de se demander pourquoi il remet le couvert avec ce « Sang royal » inutilement versé. Car au-delà d’une superbe mise en image, c’est un récit purement shakespearien que l’on découvre. Il y est question d’amitié trahie, de noces contre nature, de retournements de situations, parfois rocambolesques mais toujours tragiques. C’est brutal, cruel, âpre. La vengeance est le moteur du personnage principal, le prince Alvar, dépossédé de son trône par son cousin félon qui, de plus, lui a ravi son épouse et lui a donné un fils. Ce bâtard avéré est un gamin imbuvable, à l’ego surdimensionné. Alvar réapparaît, une décennie plus tard, après avoir retrouvé la mémoire grâce aux bons soins d’une souillon qui lui a donné une fille. L’histoire se complique encore. Mieux vaut vous forger votre propre opinion. « Noces sacrilèges », premier tome de « Sang royal », par Jodorowsky et Liu, aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

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27/08/2010

Confisqués ! / L’élève Ducobu, T.16 / Godi, Zidrou / Le Lombard

 

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A chaque rentrée scolaire, c’est devenu une tradition, un nouvel album de l’élève Ducobu envahit les présentoirs des libraires. Cette année, le seizième tome accuse quelques signes d’essoufflement. La qualité des gags se montre inégale. L’entrée en matière s’inspire du schéma du « Petit Spirou » avec une histoire plus longue. En quelques pages, Ducobu explore les entrailles d’un tiroir d’instituteur, là où finissent tous les objets confisqués. C’est un mystère qui a de tous temps intrigué les cancres. Le voici enfin percé. S’ensuivent une foison de running gags, un procédé qui en soi n’est pas contestable, le meilleur exemple en étant « Kid Paddle ». Mais là où les auteurs se fourvoient, c’est dans le délire qui les anime visiblement. Ils puisent de plus en plus profondément dans leur imagination, mais ils ont entamé les couches les plus pauvres de la mine d’or. Il serait temps de laisser tomber ce filon épuisé. La variété incroyable dans la mise en forme de cet album est un signe révélateur du manque de contenu qu’ils tentent de contrebalancer. Quelques bonnes pages émaillent cependant cette BD. La parution en parallèle du magazine « Rik Spoutnik », séquelle de la série, un peu sur le modèle de « Game Over » pour « Kid Paddle », se révèle hautement dispensable. « Confisqués ! », seizième tome de « L’élève Ducobu », par Godi et Zidrou, chez Le Lombard. Les tiroirs des instits risquent bien d’en être dépourvus.

 

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26/08/2010

Le Sang des bâtisseurs, Livre 1 / Le Galli, Jaffredo / Vents d’Ouest / coll.Fantastique

 

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Le décor de cette intrigue moyenâgeuse est une abbaye en construction. La communauté des moines est en effervescence car ils sont victimes d’une série d’horribles meurtres aux relents sataniques. Les corps sont retrouvés mutilés, éviscérés et maculés de signes cabalistiques indéchiffrables. Les esprits s’échauffent encore lorsque l’architecte assassiné est remplacé par une femme. C’est impensable et contraire à toutes les idées reçues de l’époque, d’autant plus qu’elle est en bons termes avec une jeune fille aux cheveux roux, assurément une sorcière. Cette entrée en matière évoque irrémédiablement le roman « Le Nom de la rose » d’Umberto Eco. Mais, hormis le contexte, il ne faut pas se fier aux apparences. Umberto Eco est un expert sémiologue. Ses romans renferment de savantes réflexions qui dépassent largement le dénouement d’une intrigue. Le succès qu’il rencontre inspire de pâles imitations comme « Le Code Da Vinci », qui n’arrivent pas au quart du tiers du niveau atteint par exemple par « Le Pendule de Foucault ». Le Galli et Jaffredo, n’ont heureusement pas cette prétention, n’en déplaise à ceux qui oseraient la comparaison. Une BD documentée, instructive et palpitante, admirablement mise en images : « Le Sang des bâtisseurs », par Le Galli et Jaffredo, aux éditions Vents d’Ouest, collection Fantastique.

 

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25/08/2010

Fuites / Thomas Silane, T.5 / Chanoinat, Buendia, Zaghi / Bamboo / coll.Grand Angle

 

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La principale particularité de cette série, c’est un appareil photo qui révèle les circonstances des meurtres dont la scène est prise dans son champ. Le propriétaire de cet appareil miraculeux ou peut-être maudit, est Thomas Silane, un homme embarqué malgré lui dans une affaire d’impitoyables mafieux. Le voilà cette fois en Tchétchénie, un des pires décors pour des aventures mouvementées, face à des situations extrêmement périlleuses. Silane tente de récupérer son appareil photo tombé entre les mains de Sergueï Melichev, un criminel, un dangereux parrain de la mafia russe. Melichev a compris les étonnantes facultés de l’appareil et s’est mis en tête de le disséquer pour en percer les secrets. Le lecteur n’en attendait pas moins. Au-delà de cette importante question, les auteurs développent une intrigue complexe, réfléchie, qui gagne en densité d’album en album. Tout comme le héros, nous nous empêtrons de plus en plus dans un engrenage infernal dont il semble qu’aucune rémission ne soit possible. Malgré cette progression narrative inquiétante, le lecteur ne perd pas pied. Les auteurs prennent soin de conserver une parfaite fluidité au fil des pages. « Fuites », cinquième tome de « Thomas Silane », par Chanoinat, Buendia et Zaghi, aux éditions Bamboo, collection Grand Angle.

 

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24/08/2010

La Pierre du matin blanc / Valentine Pitié, T.1 / Benn / Dargaud

 

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André Benn, dessinateur notamment de Mic Mac Adam et de Woogee, se lance en auteur complet dans la réalisation d’un diptyque et Arctique. C’est l’histoire particulière de Valentine Pitié, une jeune femme partie dans le grand nord en compagnie de ses parents. C’est une sorte de pèlerinage que le papa voulait effectuer sur les terres qui ont vu le début de leur fortune. La maman n’y était pas favorable, probablement à cause de cette légendaire intuition féminine. Car les événements étayent ses craintes. Valentine se retrouve seule, à la merci de la faim et du froid. Un Inuit du nom de Yakupi la recueille au seuil de la mort. Elle devient sa deuxième compagne. Commence dès lors pour elle un parcours initiatique complet, allant des mœurs sexuelles aux techniques de chasse en passant par les codes relationnels en communauté. André Benn s’attarde parfois longuement sur certains aspects, prenant le contre-pied des récits au rythme effréné. Il est vrai que les vastes étendues glacées incitent à la quiétude. Pourtant la violence est bien présente. Il y a l’environnement, rude, et puis les hommes, endurcis. Certains comportements nous semblent choquants, selon nos codes de référence à nous. Le second tome nous permettra certainement une instructive comparaison avec la soi-disant civilisation. « La Pierre du matin blanc », premier tome de « Valentine Pitié », par Benn, aux éditions Dargaud.

 

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23/08/2010

Les Carrés, T.3 / Une enquête de Kazimir / Adam, Martin / Vents d'Ouest

 

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Le troisième et dernier tome des « Carrés » est vendu dans un coffret qui vous permettra de ranger soigneusement l’ensemble de la trilogie. En plus de l’épilogue de la mission confiée à Kazimir Doen, nous avons droit à une nouvelle intrigue complète, aux rebondissements ébouriffants. Kazimir est sur la piste du tableau représentant un carré blanc, après avoir déjà récupéré les noirs et les rouges. C’est avec une toile lourde de symbolique que se clôt cette histoire mouvementée. Le tableau dénommé « carré blanc sur fond blanc » existe réellement. Il est l’œuvre du peintre Kasimir Malevitch. Cette toile monochrome datant de mille neuf cent dix-huit est considérée comme une œuvre majeure et fondatrice de la peinture contemporaine et plus particulièrement de l’art abstrait suprématiste, né en Russie. C’est donc sans étonnement que nous voyons notre héros s’envoler vers Moscou. Le tableau appartient à Dimitri Kissof, un truand recherché par la police. Kazimir ne se décourage pas, malgré cette lassitude perpétuelle qui se sent en lui. Cet état émotionnel va d’ailleurs trouver dans cette dernière aventure, une résonance particulière. Car il va rencontrer une sorte d’alter ego pour qui la toile blanche compte énormément. Une BD riche en émotion et en action, servie par un dessin à la fois précis et naïf, duquel se dégage une belle sensibilité : Troisième tome des « Carrés », par Adam et Martin, aux éditions Vents d’Ouest.

 

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