30/07/2010

Le Trésor maudit / Black Crow, T.2 / Delitte / Glénat / coll.Grafica

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Black Crow est le surnom d’un corsaire redouté. De son vrai nom, Samuel Prescott est né d’un père blanc et d’une mère indienne. Il est aussi un veuf esseulé pour qui l’amitié n’a pas de prix. Le notable flamand Van Steenvoorde l’a bien compris. Il a fait arrêter Jack, un ami très proche de Black Crow, et exerce sur ce dernier un chantage crapuleux. Si le corsaire ne l’emmène pas en Afrique, Van Steenvoorde fera exécuter Jack pour piraterie. Black Crow n’a d’autre choix que d’accepter. Il embarque donc le Flamand et ses hommes à bord de son navire corsaire. A bord, la tension monte entre les quelques membres de l’équipage fidèles à Black Crow et les nouveaux venus qui n’obéissent qu’à Van Steenvoorde. Bien vite, la violence va crescendo jusqu’au meurtre de sang froid. L’objet de ce voyage périlleux est un trésor renseigné sur une carte et qu’un astrolabe permettrait de dénicher. Jean-Yves Delitte dessine à une cadence infernale. La précision de son trait n’en souffre nullement. Ce dessinateur officiel de la Marine belge nous gratifie de magnifiques vues maritimes. Son souci du détail force l’admiration, notamment pour le rendu du gréement des bateaux. Le récit passionnant est du même tonneau. « Le Trésor maudit », deuxième tome de « Black Crow », par Delitte, aux éditions Glénat, collection Grafica.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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29/07/2010

Au Nom du Président / I.R.$., T.12 / Desberg, Vrancken / Le Lombard / coll.Troisième vague

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Cet épisode apporte son important lot de réponses aux nombreuses questions sur la vie personnelle de Larry Max, contrôleur fiscal de poigne au service de l’Internal Revenue Service, le fisc américain. Dans l’album précédent, Larry rencontrait enfin la mystérieuse Gloria, avec laquelle il entretenait une longue relation téléphonique, notre héros tourmenté va aller de découverte en découverte. Il aura ainsi des explications sur l’assassinat de ses parents. Ce dénouement ne se fait pas sans un lourd prix à payer. Alors que certains protagonistes tirent leur révérence, d’autres entrent en scène, dont une charmante jeune femme qui agrémentera sûrement de sa présence les prochaines enquêtes de Larry Max. Graphiquement, la série se poursuit avec une technique au lavis qui lui confère un réalisme accru. Ce souci du détail s’accorde parfaitement avec un scénario bien huilé, extrêmement solide, reposant sur un socle documentaire fouillé. On est loin des séries qui surfent sur la vague Largo Winch, loin de cette déferlante de sous-produits médiocres. Non, ici, il faut reconnaître tout le mérite d’une intrigue soignée, de personnages au profil psychologique complexe et d’une mise en images irréprochable. « Au Nom du Président », douzième tome de « I.R.$. », par Desberg et Vrancken, aux éditions Le Lombard, collection Troisième vague.

 

 

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28/07/2010

Abbesses / Le Dessinateur, T.2 / Erroc, Trolley, Dimberton / Bamboo / coll.Grand angle

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Les dessinateurs judiciaires ne sont pas connus, ni même reconnus. Ce sont des témoins de l’ombre, des témoins de la noirceur humaine. Ils assistent aux procès des pires criminels dont il sondent le visage jusqu’à pénétrer dans les plus profond recoins de leur âme. On ne sort pas indemne d’un tel métier. Dans cette BD, nous suivons les agissements d’un dessinateur judiciaire victime d’un drame personnel et qui, subitement, décide de se transformer en justicier. Il traque les criminels à leur sortie de prison et les exécute froidement. Désabusé, en proie à une forte rancœur intériorisée, le dessinateur s’attaque à une proie de choix, un tueur qui utilisait un sabre, ce qui lui a valu le surnom de Samuraï. Mais ce n’est pas si facile qu’avec les précédents. Car le Samuraï se défend et passe même à la contre-offensive. Pour corser l’affaire, le dessinateur tente de dissimuler ses activités nocturnes à sa partenaire inspecteur de police en charge de l’affaire du mystérieux justicier. Bien menée, cette intrigue en deux tomes se conclut par une surprenante pirouette. Une attention particulière est portée sur les motivations du dessinateur et sur ses angoisses, évitant habilement de tomber dans les clichés de l’impitoyable justicier vengeur. « Abbesses », second tome du « Dessinateur », par Erroc, Trolley et Dimberton, aux éditions Bamboo, collection Grand angle.

 

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Avant minuit / Belleville story, T.1 / Malherbe, Perriot / Dargaud

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Belleville, c’est le quartier chinois de Paris. Dans ce microcosme règne la loi des triades, les maffias de Chine et de Hong Kong, aux méthodes plus cruelles et radicales que les siciliennes ou napolitaines. C’est là que Freddy travaille. Freddy est une ordure, un sale type qui rackette quelques commerçants et pauvres désoeuvrés pour le profit d’un proxénète polonais. Freddy trempe dans pas mal de magouilles bien crades. Une nuit, il doit procéder à un deal très dangereux. Il s’agit de refourguer des équipements électroniques à une bande rivale, des caïds qui ne plaisantent pas. La livraison va vite tourner mal. Le sang va couler. Car la marchandise que renferme la camionnette n’est pas celle qui était prévue. Une vingtaine de clandestins chinois s’y entassent. Freddy et son boss prennent la fuite avec la cargaison qu’ils vont livrer à un maffieux chinois. C’est alors que débarque un certain Monsieur Zhu qui est là pour trouver quelqu’un. Freddy va se retrouver au cœur d’une histoire bien complexe, coincé entre des caïds tous plus méchants les uns que les autres, chargé d’éliminer Monsieur Zhu. Mais Freddy joue de malchance et le temps passe. Ses relations avec Monsieur Zhu s’intensifient, jusqu’à en devenir presque amicales. Freddy risque gros s’il n’honore pas le contrat. Un polar rythmé, intense et réaliste : « Avant minuit », premier tome de « Belleville story », par Malherbe et Perriot, aux éditions Dargaud.

 

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27/07/2010

Décès d'André Geerts

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André Geerts, l’auteur de Jojo, est décédé ce mardi 27 juillet 2010, à 54 ans, des suites d’une pénible maladie.

La BD en Bulles présente ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis. Cet homme d’une humilité et d’une gentillesse remarquables nous manquera énormément.

André Geerts était le papa de Jojo, gamin attendrissant désormais orphelin.

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L’album n°13 de Jojo « Une pagaille de dieu le père » avait remporté le prix de la BD sociale (Carolus Quintus) en 2004. La qualité de cet album tient notamment à sa simplicité narrative et à son extraordinaire sincérité, cocktail qui donne force à un propos faussement innocent, soulevant gentiment des questions de portée métaphysique.

Chaque aventure de Jojo, derrière des thèmes d’apparence naïfs, traite imperceptiblement des sujets hautement sensibles qu’André Geerts amenait avec une finesse incomparable.

D’une densité rare, ces albums remarquables enchantent les lecteurs de tous âges par la justesse qu’ils recèlent et le travail méticuleux qu’ils exigent.

 

Les aventures de Jojo ont conquis les lecteurs de tous âges par leur fraîcheur et leur grande sincérité. A 54 ans, André Geerts était resté un grand bambin. Avec Sergio Salma, il lança également la série "Mademoiselle Louise", une pauvre petite fille riche dont les rares apparitions découlent du même filon de tendresse graphique que son charmant Jojo. Maîtrisant aussi bien le noir et blanc que les couleurs, André Geerts s'est construit un style personnel où se mélangent émotion et ironie, amitié et joies simples. Rarement un auteur aura autant ressemblé à son univers : généreux, sensible, timide et modeste.

Mais, au-delà des histoires et des images qu’il nous a laissées et qui continueront longtemps à nous mettre le cœur en joie, c’est avant tout l’homme que l’on regrettera, son extraordinaire esprit d’enfance, sa préoccupation des autres et la chaleur de son accueil vis-à-vis de chacun. Car André Geerts n’était pas seulement un énorme artiste mais également un être d’exception.

Né le 18 décembre 1955 à Bruxelles, André Geerts aurait pu être pâtissier, pharmacien, parolier, joueur professionnel de tennis ou vainqueur du Tour de France. Heureusement pour nous tous, il a préféré se consacrer à la bande dessinée.

Sorti de l’Institut Saint-Luc, comme bien d’autres artistes locaux, il publie sa première planche en 1974 dans LE SOIR-JEUNESSE et envisage une carrière dans le dessin de presse.

C’est le journal SPIROU qui lui ouvre presque aussitôt ses portes, le rodant à l’animation de rubriques (“La Petite chronique vénusienne”, sur scénario de Jean-Marie Brouyère), aux histoires complètes et aux cartoons. Ces derniers seront édités en deux volumes (“Bonjour, monde cruel” et “Bonsoir, monde cruel”) vingt ans plus tard en 1996 et réédités en intégrale en 2008, sans avoir pris une ride.

En 1983, il crée Jojo, la série qui le rendra célèbre, toujours chez Dupuis. Il dessine, sur un scénario de Pierre Le Gall, "Jabert contre l'adversité", en 1990 chez Delcourt Avec Sergio Salma, André Geerts lancera en 1993 la série “Mademoiselle Louise » qui a été éditée d’abord chez Casterman, puis chez Dupuis.

André Geerts a reçu une vingtaine de prix dont

- 1994 : Prix œcuménique de la BD à Angoulême pour le tome 1 de “Mademoiselle Louise” ;

- 1997 : Grand prix de la ville de Durbuy pour “Monde Cruel” ;

- 1998 : Crayon d’or de la ville de Bruxelles attribué par la Chambre Belge des Experts en Bandes Dessinées ;

- 2004 : Prix de la BD sociale (Carolus Quintus) attribué lors du festival de Ganshoren, pour le tome13 de Jojo « Une Pagaille de dieu le père » ;

- 2007 : Prix des lecteurs jeunesse  au festival de Vaison-La-Romaine pour “Jojo vétérinaire”,  le 17e album de la série.

 

Le 18e album de Jojo “Mamy Blues” sortira le 1er octobre.

 

 

Adieu l'artiste !

P***** de Monde cruel

 

 

26/07/2010

Voir Vienne ou mourir / Souvenirs de la Grande armée, T.3 / Alexander, Dufranne / Delcourt / coll.Histoire et Histoires

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En mille huit cent neuf a lieu à Abensberg une bataille sanglante, comme beaucoup à cette époque, opposant les troupes autrichiennes à l’armée napoléonienne, dite la Grande armée. Historiquement parlant, cette bataille fut décisive dans la poursuite des ambitions de Bonaparte. C’est grâce à Abensberg qu’il a pu relancer ses offensives contre l’Autriche. Mais ce n’est pas ce qui intéresse le plus les auteurs de cette BD. Les combats ont fait des milliers de tués et de blessés. Après le camp de bataille qui est déjà en soi une infernale boucherie, les blessés sont acheminés vers les camps où des médecins débordés les soignent dans l’urgence, avec des décisions radicales. Les amputations se succèdent, sans anesthésie. La souffrance s’insinue et frappe sans pitié. Parmi les soldats blessés, Le Belge doit subir une intervention au dos. Il a de la chance de tomber entre les mains du médecin Merlot, car son confrère Delaunay traîne une réputation de boucher. En convalescence, Le Belge surprend des détrousseurs de cadavres puis assister à un règlement de compte entre Delaunay et Merlot. Un récit dur, témoin d’une époque cruelle, doublé d’une vengeance qui a trop tardé. « Voir Vienne ou mourir », troisième tome emballant de « Souvenirs de la Grande armée », par Alexander et Dufranne, aux éditions Delcourt, collection Histoire et Histoires.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

23/07/2010

Le Pont du diable / Héloïse de Montfort, T.2 / Font, Marazano / Glénat / coll.Vécu

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Héloïse de Montfort est une jeune noble experte dans le maniement de l’arc. Ces prouesses et ses exploits lui valent une belle renommée en ce moyen âge tourmenté. Dans le premier tome, elle s’était vue confier une mission en compagnie de quelques autres virtuoses. A cinq, ils devaient s’emparer d’un livre dans une bibliothèque de l’Eglise. Dans cette deuxième aventure, Héloïse est appelée par le seigneur d’un village terrorisé par un monstre. De nombreux habitants ont été tués pendant les nuits de pleine lune. Les abords du pont sont la source de toutes les craintes. On dit qu’un maléfice y serait lié et que la malédiction pèse sur tous les villageois. Quand Héloïse arrive, l’accueil est froid, presque hostile. Le village se méfie, sauf un jeune garçon avec lequel elle va pouvoir trouver une piste et espérer dénouer le noeud du mystère. Cette série n’est pas franchement originale. Les auteurs proposent des histoires on ne peut plus classiques, tant par le scénario que par le dessin. Si le lecteur avide de nouveauté et d’audace n’y trouvera pas son compte, il faut reconnaître que cette BD a un côté reposant. De plus, quoique très classique, la structure du récit est impeccable, réglée comme du papier à musique. Le dessin, les couleurs et la mise en page ne sont pas en reste. « Le Pont du diable », deuxième tome de « Héloïse de Montfort », par Font et Marazano, aux éditions Glénat, collection Vécu.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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