14/06/2010

Fahrenheit 451 / Bradbury, Hamilton / Casterman / coll.Ligne rouge

fahrenheit451

Dans un futur proche, un bouleversement majeur a déstabilisé l’équilibre sociétal en profondeur. L’individu et son épanouissement sont relégués au second plan. Tout ce qui peut concourir à l’élévation intellectuelle et au libre arbitre est impitoyablement détruit. Sur l’autel de cette dictature, les premiers objets à être immolés sont les livres, porteurs de la connaissance et vecteurs du débat d’idées. L’autodafé est exécuté par ceux-là même qui étaient jadis chargés d’éteindre les incendies, les pompiers. Ce choix hautement symbolique traduit à merveille le propos de Ray Bradbury dans son roman initial. Les pompiers occupent une place honorable dans l’opinion publique et représente même l’image du héros désintéressé dans notre inconscient collectif. En faire l’instrument du pouvoir totalitaire relève du coup de génie. Appelés à intervenir, les pompiers débarquent avec leurs lance-flammes chez les personnes prises en flagrant délit de posséder des livres. Il n’est pas rare de brûler aussi les fautifs avec leur maison entière. L’adaptation en BD, dessinée par Tim Hamilton, traduit admirablement toute la tension du bouquin. Nous y suivons avec d’autant plus d’intérêt la progression mentale et l’éveil d’un pompier en proie à une crise de conscience qui se conclura par un recentrage sur l’authentique. « Fahrenheit 451 », par Bradbury et Hamilton, aux éditions Casterman, collection Ligne rouge.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casterman, ligne rouge, hamilton, fahrenheit 451, bradbury |  Facebook |

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