31/03/2010

Jour de grâce / Jakupi, N’guessan / Dupuis

Graphiquement, le lecteur est rapidement emballé par le style à la fois très lisible et personnel de cet album au découpage efficace. C’est l’histoire d’un pickpocket minable dont la vie n’a pas de sens et qui ne subsiste que grâce à ses petits larcins ou au crochet des autres. Un beau jour, alors qu’il détaille son butin après un petit bain de foule lucratif, un homme, l’apostrophe violemment. C’est une de ses victimes qu’il vient de détrousser qui l’a suivi. Il se trouve que c’est son oncle Mathias. Celui-ci se désole de voir son neveu dans une telle condition. En tant que mafieux, il ne peut pas laisser impuni le vol dont il a été victime, et en tant qu’oncle, il se doit d’infliger une bonne correction au délinquant. Et comme dans ces milieux là on ne rigole pas, ce sera la mort. Tonton Mathias laisse à son neveu une journée pour donner un sens à sa vie et ne pas finir comme une petite crotte ou comme, pourquoi pas, une serpillière humide. Il n’en mène pas large le neveu. Il décide surtout de prendre le large. Mais le tonton n’est pas un tendre. Il se retrouve à chaque tentative de fuite sur son chemin, se désolant de plus en plus des démarches foireuses du fils de son regretté frangin. Le récit repose sur un pitch de départ prometteur. Son développement n’arrive pas à confirmer cette bonne impression, alors que les auteurs se sont donné de multiples occasions. « Jour de grâce », par Jakupi et N’guessan, aux éditions Dupuis.

 

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30/03/2010

Le Déclic, T.3 / Manara / Drugstore

En Amazonie, une secte organise ses activités dans une énorme coquille d’escargot. C’est un symbole riche de sens, qui évoque la régénérescence permanente, cyclique. La spirale se retrouve dans de nombreuses sociétés primitives ou évoluées en divers endroits de la planète. Le cycle de la vie est assuré par l’accouplement. Il est à noter que l’escargot est hermaphrodite. Mais trêve de considérations naturalistes. Dans cette forêt amazonienne, nous retrouvons Claudia, cette jeune femme de bonne éducation mais qui cache un naturel passablement dépravé. Il paraîtrait qu’un implant crânien lui stimule une zone hautement érogène lorsqu’il est activé par une commande à distance. Ce petit boîtier serait heureusement perdu. Claudia effectue un reportage sur cette fameuse secte de l’escargot. Ses adeptes se maintiennent dans un état pré-orgasmique constant qui favoriserait la communication avec l’univers. Le gourou est entouré de jeunes filles qui se masturbent sans cesse sans jamais atteindre l’extase. Nul besoin de préciser que cette BD s’adresse à un public averti. La succession de situations toutes plus affolantes les unes que les autres mettra assurément le lecteur en symbiose avec les adeptes de la secte. Le scénario n’est pas vraiment très développé. Par contre l’élégance du trait de Manara exalte le plaisir des yeux. « Le Déclic », troisième tome, par Manara, aux éditions Drugstore.

 

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29/03/2010

Atomium-Express / Nico, T.1 / Berthet, Duval / Dargaud

Que s’est-il passé dans le désert de Roswell le trois juillet mille neuf cent quarante sept ? Officiellement, un ballon sonde se serait écrasé. Rien de bien extraordinaire. Mais d’aucuns prétendent qu’il s’agissait d’une soucoupe volante et que l’armée américaine a voulu maquiller cette découverte pour en tirer profit. Une avancée technologique sans pareil lui aurait assuré la suprématie sur l’Union soviétique, en pleine guerre froide. Que se serait-il passé si les Etats-Unis avaient révélé cette vérité ? L’humanité toute entière aurait bénéficié d’un essor de l’industrie. Surtout qu’en réalité, ce n’est pas une seule soucoupe volante qui s’est écrasée, mais bien deux, une à Roswell et une en Sibérie, plaçant Russes et Américains à égalité. Au départ de cette hypothèse, les auteurs de cette BD résolument kitsch construisent un scénario bien compliqué. Ils conservent le contexte historique que nous connaissons mais lui impriment des modifications qui découleraient des avancées scientifiques extra-terrestres. Vingt ans après les deux crashes, la guerre froide est toujours intense mais tout notre environnement se décline à la mode kitsch, typique des années soixante et septante, mais poussée à l’extrême. Bel exercice de style ! Ce premier tome de « Nico » démarre très fort, peut-être un rien trop fort car il a une petite tendance à désarçonner le lecteur. « Atomium-Express », par Berthet et Duval, aux éditions Dargaud.

 

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27/03/2010

Un matin pour tout horizon / Les Voyages de He Pao, T.5 / Vink / Dargaud

He Pao est une jeune femme d’origine européenne. Elle a vécu en Asie, y a vécu des aventures extraordinaires. Elle a acquis une technique et un savoir virtuose dans les arts martiaux, assorti à de solides connaissances en médecine chinoise. Car tout se tient. L’esprit et le corps ne font qu’un. La parfaite connaissance de soi englobe ces deux aspects. Et comme tout être humain, He Pao a des défauts. Elle a du les reconnaître, les accepter et composer avec eux. Cette jeune femme a atteint un niveau de sagesse phénoménal. Il est temps pour elle de regagner la terre de ses origines, loin à l’Ouest. Sur ce chemin, des rencontres décisives l’empêcheront de revenir sur ses pas ou, de manière plus basique, de se poser même la question. Ces rencontres sont tantôt amicales tantôt hostiles, mais toujours riches d’enseignement et présentées comme autant de jalons. Le récit est d’ailleurs décomposé en étapes, comme des tableaux, un peu comme les représentation religieuses telles que le chemin de croix dans les églises. Pour poursuivre dans cette comparaison, soulignons le véritable travail de bénédictin fourni par Vink au niveau graphique. Certaines pages sont de pures merveilles que l’on prend plaisir à contempler. Contemplation et aventure sont les deux moteurs de cette superbe série qui s’achève ici. « Un matin pour tout horizon », cinquième tome des « Voyages de He Pao », par Vink, aux éditions Dargaud.

 

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26/03/2010

Dallas / Umbrella Academy, T.2 / Ba, Way / Delcourt / coll.Contrebande

Le groupe de super-héros le plus atypique de tout l’univers comics est de retour pour une mission tout aussi déjantée que la précédente. Bien entendu, il va s’agir de sauver la Terre de la destruction programmée par des super-méchants. Dans le premier tome, l’académie parapluie nous avait évité l’apocalypse. Cette fois, l’affaire risque bien de mal tourner. Quoique le bien et mal se confondent finalement très fort dans cette série hors normes. Depuis l’apparition de Superman, l’industrie de la bande dessinée américaine s’est concentrée avec frénésie sur l’avènement des super-héros. N’oublions pas bien sûr les « Garfield » et autres « Snoopy » qui ont conservé leur public, mais la masse populaire s’est ruée comme un seul homme sur les histoires de super-héros. Puis sont apparus des anti-super-héros, un peu comme Gaston Lagaffe chez nous côté anti-héros. Mark Millar a ainsi pondu l’excellentissime « Wanted » et, de leur côté, Ba et Way nous gratifie d’une incroyable troupe de super-héros dépressifs ou complètement dérangés, une famille en proie à des luttes intestines mais qui arrive miraculeusement à sauver le monde. On oserait même ajouter « par accident ». Une BD qui décoiffe : « Dallas », deuxième tome de « Umbrella Academy », par Ba et Way, aux éditions Delcourt, collection Contrebande.

 

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25/03/2010

Jersey Boy / Mister Hollywood, T.2 / Lenaerts, Gihef / Dupuis

Orson est un jeune scénariste d’Hollywood, un de ces golden boys de l’industrie cinématographique américaine. Lorsqu’il s’était mis en tête de faire ce métier, son entourage s’y est vigoureusement opposé, sauf son père qui l’a encouragé à réaliser son rêve et suivre sa voie. Depuis son départ du cocon familial, Orson n’y est plus retourné. A présent, il y est obligé, et pour une bien triste raison, le décès de son père. Comme il s’y attendait, les retrouvailles avec sa mère et son frère sont tendues, d’autant plus qu’Orson débarque avec Marsellus, un scénariste marginal, coutumier des esclandres et qui avait besoin de se mettre au vert après un coup d’éclat. Le franc parlé de Marsellus va amplifier les dialogues assassins et peut-être aussi inciter Orson à la modération et au compromis. C’est bien là que se trouve un des atouts majeurs de cette série. La qualité des dialogues et la profondeur des interactions entre les personnages donne une consistance au récit des plus intéressantes. Nous suivons ainsi le parcours professionnel d’un homme, avec ses questionnements, les multiples écueils auxquels il est confronté et qui proviennent de toutes parts. Mais son ennemi le plus dangereux, c’est lui-même. Orson est assailli par ses propres phobies qui minent sa confiance en lui. « Jersey Boy », deuxième tome de « Mister Hollywood », par Lenaerts et Gihef, aux éditions Dupuis.

 

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24/03/2010

La Petite fille Bois-Caïman, 2e partie / Les Passagers du vent / Bourgeon / 12bis

En Amérique du Nord, en pleine guerre de sécession, Zabo Murrait voit toute sa famille décimée et la propriété familiale de Nouvelle-Orléans complètement détruite. Elle prend la fuite en compagnie d’un Français afin de se réfugier dans une autre propriété, perdue dans le bayou de Louisianne. Dans cette demeure un peu à l’abri de la furie des hommes, elle retrouve son aïeule Isabeau, une centenaire qui lui raconte sa vie tumultueuse. Nous avons déjà suivi une partie de cette vie dans les épisodes précédents. Cette fois, nous allons découvrir l’un des chapitres les plus douloureux de son cheminement. Lors d’une révolte d’esclaves noirs, Isabeau a subi un viol de groupe au pied d’un arbre que les locaux appellent Bois-Caïman. De cette épreuve est née une petite fille métisse. Isabeau a du cacher l’origine de son enfant, pour pouvoir la faire accepter et pour pouvoir lui procurer une éducation correcte. Elle a du se battre pour cela comme à chaque étape de son existence. Isabeau a vécu la pire des épreuves qu’une vie peut réserver, un effroyable événement dont elle se livre enfin. François Bourgeon nous bouleverse avec un récit impeccablement construit et un dessin au perfectionnisme rare. Un conseil : blindez-vous le moral avant d’entamer cette lecture. C’est superbe, mais tellement dur ! « La Petite fille Bois-Caïman » deuxième partie, dernier épisode de la série « Les Passagers du vent », par Bourgeon, aux éditions 12bis.

 

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