27/02/2010

Dans le sillage des cormorans / Cap Horn, T.2 / Perrissin, Enea / Les Humanoïdes associés

A la fin du dix-neuvième siècle, la terre ne compte pas autant d’être humains qu’aujourd’hui. certaines régions sont nettement dépeuplées. C’est le cas de la Terre de feu, une région grande comme une bone moitié de la France, fréquentée uniquement par des aventuriers et surtout des chercheurs d’or, des missionnaires anglais, des pêcheurs de phoques, des militaires chiliens et argentins, quelques filles à la vertu discutable et les tribus séculaires Ona, Alakaluf et Yahgan. C’est là qu’est situé le Cap Horn, ce lieu de passage obligé entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. La Cap Horn est la Sentinelle prestigieuse et redoutable du continent américain, C’est une île, un rocher mythique haut de plus de quatre cents mètres. Ce caillou, ce point entre deux océans, est terrifiant. A part quelques jours par an, l’invincible Horn est la proie de furieuses tempêtes qui ont forgé sa renommée. C’est aussi de fureur dont il s’agit dans cette BD d’aventure. Les personnages aux motivations ambiguës évoluent dans leurs tourments, confrontés aux éléments déchaînés et surtout aux difficiles relations avec les autres. Des destins qui se croisent, des drames, de revirements de situation… ce sont là quelques-uns des ingrédients de ce récit pimenté et turbulent. « Dans le sillage des cormorans », deuxième tome de « Cap Horn », par Perrissin et Enea, aux éditions Les Humanoïdes associés.

 

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26/02/2010

Alef Thau / T.1 : L’Enfant tronc / T.2 : Le Prince manchot / Jodorowsky, Arno / Delcourt

Dans les années quatre-vingt, la série « Alef Thau » occupait une place plus qu’honorable dans le paysage de la BD fantastique. Mais au bout de sept albums, le dessinateur est brutalement décédé et c’est Covial qui achève prématurément la série avec un huitième et ultime album. Mais les lecteurs sont restés sur leur faim. Il y a deux ans, Jodorowsky lançait une série intitulée « Le Monde d’Alef Thau » avec Nizzoli, un sublime dessinateur. Il s’agissait d’une astucieuse mise en abîme dans laquelle le dessinateur Arno est plongé dans le coma et se livre à un combat intérieur intense. Ses proches lui viennent en aide en se succédant au chevet de son lit. Le deuxième tome est paru récemment. Parallèlement, les éditions Delcourt rééditent la série originaire. Alef Thau est né sans bras ni jambes. Il va acquérir ses membres les uns après les autres au cours d’épreuves plus difficiles les unes que les autres. Ces épreuves lui apportent également de riches enseignements comme autant d’étapes initiatives vers une construction de soi, au sens propre et au sens figuré. Pour une série grand public, cette BD recèle de surprenants atouts, emmenant, l’air de rien, le lecteur dans des réflexions métaphysiques profondes. « Alef Thau », premier tome « L’Enfant tronc » et deuxième tome « Le Prince manchot », par Jodorowsky et Arno, aux éditions Delcourt.

 

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25/02/2010

Ne tirez que sur ordre / Sisco, T.1 / Benec, Legrain / Le Lombard / coll.Troisième vague

Cette nouvelle série s’inscrit sans honte dans la lignée des BD d’action liées aux coulisses du pouvoir, un genre qui connaît un franc succès depuis la série « XIII » de Van Hamme et Vance. « Sisco » s’affirme avec fierté. Et quand on dit fierté, on pense forcément à la France. Loin des décors faciles car invérifiables des Etats-Unis, ce sont les rues de Paris, assez familières, qui servent de lieux à l’action. Quant au héros, il dénote franchement avec les références traditionnelles puisqu’il s’agit d’une pure crapule, un tueur sans états d’âme, un pourri qui n’a que sa belle gueule pour nous le rendre un tant soit peu sympathique. Et même son charme il en use à mauvais escient puisqu’il abuse de la naïveté de sa secrétaire. Sisco est un salaud de première. Nous le suivons dans ses missions peu reluisantes. Ici il est chargé de faire taire un témoin qui pourrait éclabousser l’Elysée. La raison d’état justifie les pires crimes. Mais un grain de sable se glisse dans la mécanique en la personne d’un laveur de carreaux qui a tout vu et a même filmé la scène avec son téléphone portable. Sisco va se livrer à une chasse à l’homme impitoyable pour empêcher ce témoin de transmettre ses preuves à une journaliste. Une BD bien foutue : « Ne tirez que sur ordre », premier tome de « Sisco », par Benec et Legrain, aux éditions Le Lombard, collection Troisième vague.

 

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24/02/2010

Le Chien Blanco, T.2 et T.3 / Taniguchi / Casterman / coll.Sakka

Nous aurons attendu plus de dix ans avant de voir paraître ce troisième tome en français, alors que les deux premiers bénéficient d’une réédition avec de nouvelles couvertures. Un quatrième devrait bientôt conclure la série. Cette création de Taniguchi dénote avec l’ensemble de son œuvre qui se révèle plutôt contemplative et introspective. Ici, nous suivons les traces d’un chien aux facultés exceptionnelles, fruit de manipulations génétiques. Nous sommes dans une des républiques de l’ancien bloc soviétique, une république frustrée de son statut au sein de la communauté des états indépendants. Car elle ne l’est justement pas, indépendante. L’armée a donc décidé de prendre les choses en main et de développer dans le plus grand secret une arme redoutable qui lui assurerait une victoire dans une guerre d’indépendance. Ceci alors que le gouvernement poursuit des négociations pacifiques pour arriver au même résultat sans savoir qu’une unité de chien de combat d’élite se constitue dans des laboratoires militaires. Blanco est le chien le plus abouti, mais il s’est échappé. Dans sa course folle, sa force se décuple. Il déjoue tous les pièges et décime des unités entières. Il devient une arme effroyable et incontrôlable. Un récit d’action qui s’attache aussi aux motivations. « Le Chien Blanco », par Taniguchi, aux éditions Casterman, collection Sakka.

 

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22/02/2010

Le Petit chat est mort / Jeremiah, T.29 / Hermann / Dupuis / coll.Repérages

L’univers de cette série est un monde post-apocalyptique dans lequel vivrait une humanité livrée à ses propres vices et sa propre violence. C’est finalement un monde très semblable au notre, l’hypocrisie d’une charmante façade en moins. Jeremiah et son ami Kurdy sillonnent les routes et les paysages torturés allant où bon leur semble, s’arrêtant pour ravitailler ou pour partager un moment avec de la famille ou des amis. D’étape en étape, nous découvrons toute l’étendue de la cruauté et de la perversité humaines. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il y a encore des gens honnêtes et sages, et qui ne sont pas nécessairement des moutons ou de la chair à canon. Et puis, il y a des petits chats. Jeremiah et Kurdy rendent visite à de vieilles connaissances. Dans cette ville dont le cœur bât au rythme de l’exploitation d’une mine, la vie est rude. Jeremiah s’interpose dans une bagarre entre un ouvrier et le fils du propriétaire de la mine. Cela lui vaudra quelques ennuis, surtout que le fiston n’est pas un modèle de vertu. Il cause même le désespoir de son père. La force du vrai guerrier lui vient de l’humilité. Elle lui permet de rester fidèle à ses convictions. L’amitié aussi est un atout majeur. Quant au pauvre petit chat, il va mourir. « Le Petit chat est mort », vingt-neuvième tome de « Jeremiah » par Hermann, aux éditions Dupuis, collection Repérages.

 

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11/02/2010

Qui veut gagner des filons ? / Chick Bill, T.70 / Tibet / Le Lombard

Vous le savez, Tibet nous a quittés le trois janvier, certains disent que c’était dans un dernier éclat de rire. Cette disparition va créer un vide très net que nous ressentirons pleinement lorsque nous refermerons la dernière page du dernier album qu’il aura dessiné. La belle régularité dans le rythme de parution des albums de Chick Bill et de Ric Hochet va s’interrompre bientôt. Dans « Qui veut gagner des filons ? », Chick Bill est en passe de se marier. Il file le parfait amour avec sa fiancée Olive Oyl. Autant dire que tout baigne. Mais un riche prospecteur a jeté son dévolu sur la belle, et il va tout faire pour empêcher le mariage. C’est ainsi que des méchants pas beaux vont chercher noise à Chick Bill. Le problème c’est qu’à trop déléguer, et surtout à des incompétents, la qualité du travail s’en ressent. Le shérif Dog Bull et son adjoint Kid Ordinn vont être victimes des méprises des affreux. Finalement, nous savons bien que la fin sera joyeuse mais tout le plaisir de la lecture réside dans cette succession de situations cocasses et de trouvailles dans les interactions entre des personnages qui nous réservent encore de belles surprises. Nous nous délectons aussi des jeux de mots bon enfant qui parsèment l’album, jusque dans le titre. Il va nous manquer, Tibet ! Espérons que la relève sera à la hauteur. « Qui veut gagner des filons ? », septantième album de « Chick Bill », par Tibet, aux éditions Le Lombard.

 

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10/02/2010

L’île / Le Mystère Nemo, T.1 / Gabella, Kenny / Delcourt / coll.Terres de Légendes

Cette BD est clairement inspirée du roman « L’Ile mystérieuse » de Jules Verne, la suite de « Vingt mille lieues sous les mers ». Le personnage central en est bien entendu Nemo, le capitaine du Nautilus. Tout un univers se met en place lorsque l’on évoque Nemo. Cet homme hors du commun fascine et intrigue. L’étendue de son savoir nous impressionne. Mais son caractère atypique éveille en nous une multitude de questions auxquelles nous n’avons reçu aucune réponse. Les raisons de cet aspect hermétique de la personnalité de Nemo, c’est probablement l’un des incitants qui a conduit Mathieu Gabella a réécrire cette histoire fantastique. Côté graphique, le dessin dynamique de Kenny se trouve magnifiquement mis en valeur par les couleurs de Maz. Cette BD est une excellente découverte. En pleine guerre de Sécession, cinq hommes échappent aux Sudistes grâce à une montgolfière. Ils s’échouent sur une île apparemment déserte. Des phénomènes étranges s’y produisent et attisent leur curiosité. Ils partent alors en expédition au cœur de la forêt. C’est là qu’ils découvrent un endroit farci de pièges sophistiqués, technologiquement très avancés. L’inventeur nous est connu. Il s’agit sans nul doute de Nemo. « L’île », premier tome du « Mystère Nemo », par Gabella et Kenny, aux éditions Delcourt, collection Terres de Légendes.

 

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