03/02/2010

On me l’a enlevée / Springer, Lambour / Vents d’Ouest

Attention, âmes sensibles s’abstenir. Tout débute par une fête foraine dans un petit village français banal. La journée se déroule paisiblement jusqu’à ce que retentisse le cri de détresse d’une maman à qui on a enlevé son bébé. Le plan d’alerte à l’enlèvement est immédiatement déclenché. Mais les recherches restent vaines. L’enquête piétine et les ragots commencent rapidement à envahir les conversations. Les médisances expriment les rancoeurs que les uns nourrissent envers les autres. Il y a aussi les suspicions à l’égard des nouveaux venus ou de ceux qui dérangent. Ce drame va mettre à jour les plus viles querelles, déclarées ou non, entre les habitants du village. Et puis, à côté de cela, vont surgir d’autres éléments qui gangrènent cette communauté. Ce sont tous les petits et grands malheurs, la solitude, la pauvreté, la misère sociale, engendrés par l’égoïsme ambiant. Ce sont tous ces laissés-pour-compte du système, mais aussi ceux qui en font partie jusqu’au jour où le malheur frappe et qui se retrouvent dans la détresse la plus immense. Ces thèmes sont brillamment amenés, avec délicatesse et sobriété mais aussi avec une justesse impitoyable. Le final souligne toute la profondeur des drames humains, pour lesquels personne n’est vraiment à blâmer si ce n’est la fatalité et la capacité de notre société à offrir le réconfort nécessaire. « On me l’a enlevée », par Springer et Lambour, aux éditions Vents d’Ouest.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vents d ouest, on me l a enlevee, springer, lambour |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.