08/01/2010

Souvenirs de l’Eternel Present / Schuiten, Peeters / Casterman / coll.Les Cités Obscures

Imaginez un monde figé, régi par la dictature de l’éternel présent. Aucune évolution n’y est permise. Le passé n’existe pas, le futur ne doit pas être évoqué. Toute réminiscence y est proscrite. Les livres sont victimes d’autodafé. Les dessins et autres représentations picturales sont des perversions abolies. Aucune perspective ne peut être envisagée. Par conséquent, aucun objectif ne peut être poursuivi, aucun but n’est à atteindre. C’est le vide intersidéral obligatoire, le rien dans toute son horreur absurde. Le réalisateur Raoul Servais avait puisé dans ses richesses et dans son environnement culturel, profondément surréaliste, pour concocter « Taxandria », un film ambitieux, de nature à éveiller les consciences et à bouleverser les codes de narration au cinéma. Mais au fil du temps, le projet s’est dilué, a perdu de sa spontanéité. Il a surtout été victime des compromis que l’argent exige. Car l’argent est le nerf de la guerre. Et si la guerre produit de l’argent pour certains, en règle générale ceux qui ont de l’argent n’aiment pas les changements et l’incertitude. François Schuiten avait réalisé les décors du film. C’est de cet univers graphique qu’il est parti pour illustrer cet album inspiré. Notre humanité est en évolution. Rien ne peut s’y opposer. L’art est fait pour nous le rappeler. « Souvenirs de l’Eternel Present », par Schuiten et Peeters, aux éditions Casterman, collection Les Cités Obscures.

 

BD commentée par Marc Descornet

07:00 Écrit par Marc Descornet - La BD en Bulles dans Commentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : casterman, schuiten, peeters, souvenirs de l eternel present, les cites obscures |  Facebook |

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