25/11/2009

La Malédiction des trente deniers / Blake et Mortimer, T.19 / Van Hamme, Sterne, De Spiegeleer / Dargaud

Jean Van Hamme a le chic pour pondre des scénarios qui plaisent au grand public. Cet album ne déroge pas à cette règle, à coup sûr. Et c’est là que réside la déception du lecteur averti. Il est désolant de voir un auteur de talent emboîter le pas à la mode du récit ésotérico-aventureux comme tant d’autres BD depuis le succès du Décalogue, comme tant de romans aussi. Car les trente deniers dont il est question ici sont bien évidemment le salaire de l’infâmie de Judas. Là dessus vient se greffer une malédiction à la « Pirates des Caraïbes » du style des vieilles pièces de monnaie qui portent malheur à qui se les approprie. C’est de l’archi-ressassé. C’est dommage, même si l’on reste admiratif devant la construction impeccable du récit. Une malédiction se serait-elle abattue sur le scénariste lorsqu’il cherchait l’inspiration ? Côté dessin, Ted Benoît s’est désisté. C’était pourtant lui qui avait su s’approprier le style de Jacobs avec le plus de justesse. C’est alors René Sterne qui a relevé le défi. Sterne était l’auteur de « Adler ». Il a travaillé avec acharnement pour maîtriser le trait jacobsien avec pour résultat un élégant compromis entre son style et celui du maître. Mais, tragique fatalité, René Sterne est brutalement décédé et c’est sa compagne Chantal De Spiegeleer qui a achevé avec un talent indéniable cette véritable  « Malédiction des trente deniers », dix-neuvième tome de « Blake et Mortimer », aux éditions Dargaud.

 

BD commentée par Marc Descornet

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