30/01/2009

Envers et contre tout / Jazz Maynard, T.3 / Raule, Roger / Dargaud

Nous allons enfin connaître la conclusion d’un suspense trépidant dans un décor inhabituel, celui de certains quartiers de Barcelone, avec la chaleur en plus. Du côté des personnages, le héros, Jazz Maynard, est un pro de la cambriole. C’est aussi un équilibriste confirmé, d’une souplesse rare. Cette qualité, alliée à une formidable capacité de réaction, lui est fort utile tant en combats singuliers que face à une armée de machines humaines. Autour de lui, une kyrielle de seconds rôles très typés et pourtant non-dénués d’une consistance ambiguë. Cette absence de manichéisme rend la grosse bagarre finale des plus intéressantes. La montée d’adrénaline nous attend à chaque page. Pour resituer l’action, disons que le Maire de Barcelone a été assassiné et que son successeur est un malfrat corrompu et bouffi d’ambition. Ajoutez à cela les interventions musclées des mafias de Barcelone et de Hong Kong. Et puis, il y a cette histoire de pièce de monnaie rarissime qui a précipité Jazz Maynard dans ce nid de vipères. Cet album clôt un cycle de magistrale manière, dans un déluge de violence certes, mais pas gratuite. Ce polar nerveux mêle habilement conflit social, choc des cultures et dilemmes sentimentaux. Le graphisme à la fois léché et vif contribue largement à l’efficacité du récit. La mise en page est particulièrement soignée. « Envers et contre tout », tome trois de « Jazz Maynard », par Raule et Roger, chez Dargaud.


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29/01/2009

Uss Kearsarge / Hauteville House, T.5 / Duval, Gioux, Quet, Beau / Delcourt / coll.Conquistador

Hauteville House est la maison où Victor Hugo a du s’exiler à Guernesey sous le régime de Napoléon trois. Cette référence n’est évidemment pas fortuite. Les auteurs prennent dans l’univers de Victor Hugo, et aussi dans sa vraie vie, une importante inspiration. Nous sommes dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Gavroche et Eglantine, des agents républicains, mettent tout en œuvre pour contrer Napoléon trois. Celui-ci mise sur la science pour arriver à ses fins. Il recherche des alliés jusque sur le continent américain ; en proie à la guerre de sécession. Eglantine a été arrêtée et sa vie est menacée. Pour la sortir de ce mauvais pas, Gavroche fait appel au Fantôme des Catacombes, le chef des truands de Paris. Le Fantôme exige en contrepartie que Gavroche se rende en Nouvelle Calédonie pour y délivrer un détenu du bagne. Pendant ce temps, une page de l’Histoire est en train de s’écrire, le combat banal entre le CSS Alabama et le USS Kearsarge se prépare. S’ils se réclament ostensiblement de Victor Hugo, les auteurs ne cachent pas leur évidente admiration pour Jules Verne. Les machines très présentes jouent un rôle crucial dans le récit. Les références foisonnent dans cette BD d’une belle densité. « Uss Kearsarge », cinquième tome de « Hauteville House », par Duval, Gioux, Quet et Beau, aux éditions Delcourt, collection Conquistador.


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28/01/2009

Ernest / Gus, T.3 / Christophe Blain / Dargaud

Le western est un genre qui a déjà été visité de multiple smanières. Oser proposer une histoire de cow boys est hautement risqué à l’heure actuelle. Les pièges sont nombreux, les clichés tous éculés, les redites sont légions. Christophe Blain a osé le faire et ne s’y est pas cassé les dents. Gus, son héros, est un roi de la gâchette, un peu comme Lucky Luke, mais c’est aussi un grand sentimental qui ne maîtrise pas toujours ses émotions. Gus est aussi un grand séducteur. Nous le retrouvons dans cet album du temps de sa jeunesse, brûlant d’un ardent désir pour les jolies dames. C’est l’époque où Gus veut se forger une rude réputation et où il n’hésite pas à explorer des voies périlleuses. Il devient donc joueur professionnel puis mercenaire, de préférence défenseur des plus faibles. C’est ainsi que des fermiers font appel à ses services pour les débarrasser d’une bande d’hors la loi qui les terrorise. Lors de la confrontation, Gus n’en mène cependant pas large, mais miraculeusement, les malfrats s’éclipsent. Un mystère parmi d’autres qui montre toute l’étendue du moteur narratif de Blain, les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Tout en cultivant un humour décalé, l’auteur donne beaucoup de cohérence à son récit, jouant sur la psychologie des protagonistes. Quant à Ernest, c’est un patron de saloon au passé trouble. « Ernest », troisième tome de « Gus », par Christophe Blain, aux éditions Dargaud.


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27/01/2009

Une brève histoire de l’avenir, T.1 / Attali, Pécau, Damien / Delcourt / coll.Série B

Cette BD est la libre adaptation d’un essai remarquable écrit par Jacques Attali, « Une brève histoire de l’avenir ». Dans cet ouvrage d’anticipation, l’auteur, éminent spécialiste des questions de géopolitique, nous promet un monde régi par le marché mondial. Les états auraient disparus au profit d’une forme d’hyperempire suivi par une révolution et une démocratie mondiale peuplée de nomades. Le nomadisme serait d’ailleurs universel, s’appliquant aussi bien aux individus qu’aux entreprises, aux ONG et autres institutions. Les hypernomades seraient l’élite dirigeante. Les infranomades seraient les opprimés. Cette situation mènerait à un hyperconflit. Cette vision chaotique, Pécau et Damien nous en proposent une interprétation en images. Nous allons suivre les péripéties de quatre amis, aux prises avec les mutations sauvages de leur environnement hyper-technologique. Un des éléments majeurs de cette histoire en trois tomes est la religion. Les antagonismes se sont accrus, les sectes se sont multipliées et certaines exercent une influence notable sur les plus hautes instances. Nous serons alors en deux mille douze. Si nous voulons éviter que cette vision apocalyptique ne se concrétise, il est temps d’agir. « Une brève histoire de l’avenir », premier tome, par Attali, Pécau et Damien, aux éditions Delcourt, collection Série B.


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26/01/2009

Vyshaya Mera, Marina… / Sam Lawry, T.5 / Richez, Chetville / Bamboo / coll.Focus

C’est un nouveau cycle qui s’ouvre avec cet épisode. Sam Lawry peut voir la mort avant qu’elle ne survienne depuis une blessure à la tête. Ancien militaire, il en a gardé des séquelles physiques et psychiques. Le don de voyance ne lui apporte rien de bon. Impuissant à interférer sur le cours du destin et face à l’inéluctable qu’il a pourtant prévu, Sam est profondément affecté. Il vient de subir un important traumatisme et se trouve dans un état de prostration avancé. Pendant que des proches vont tenter de le ramener à la raison, des événements se déroulent qui vont bientôt mobiliser Sam. La CIA développe un programme d’espionnage d’un genre très particulier. Elle fait appel à des médiums capables d’infiltrer par la pensée des installations classées secret défense du camp ennemi. Nous sommes en pleine guerre froide et les russes mettent au point un sous-marin révolutionnaire. C’est ce que découvre l’un des voyants. Il arrive même à en dresser quelques plans. Mêlant habilement fantastique et réalisme historique, cette série de bonne facture se renouvelle avec bonheur, offrant au lecteur des récits non conventionnels, allant jusqu’à démolir psychiquement le personnage principal. « Vyshaya Mera, Marina… », cinquième tome de « Sam Lawry », par Richez et Chetville, aux éditions Bamboo, collection Focus.


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24/01/2009

L’Homme de Washington / Lucky Luke / d’après Morris, par Gerra et Achdé / Lucky Comics

Cet album témoigne d’un bel effort des auteurs d’en revenir à l’esprit de la série dont ils ont hérité à la disparition de Morris. Leur première tentative « La Belle Province » avait franchement déçu. Ici, ils se sont manifestement mieux approprié l’univers de Lucky Luke. Le cow boy qui tire plus vite que son ombre est chargé d’escorte un candidat à la présidence des Etats-Unis, Rutherford Hayes. Celui-ci deviendra effectivement le dix-neuvième Président mais pour l’heure il est en pleine campagne électorale et il tient absolument à parcourir le pays pour l’inonder de discours bien sentis. Ce n’est pas une tâche aisée. Cet homme de dossiers, ce citadin civilisé, n’est pas entraîné à affronter les hordes de barbares de l’Ouest. Les rudes gaillards qui peuplent les saloons ne sont pas spécialement réceptifs aux sermons moralisateurs et aux développements jugés un peu trop intellectuels. Pour couronner le tout, l’épouse de Hayes est une farouche opposante aux boissons alcoolisées. Vous imaginez le chambardement. Et pourtant, de déconvenue en déconvenue, Hayes va trouver les mots qui font mouche et déjouer les pièges tendus par ses adversaires, ceci bien sûr avec l’aide de Lucky Luke. Un bon album truffé de jeux de mots bien sentis et de références culturelles, comme on les aime. « L’Homme de Washington », une nouvelle aventure de Lucky Luke d’après Morris, par Gerra et Achdé, aux éditions Lucky Comics.

 

BD commentée par Marc Descornet

 

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23/01/2009

Blessures nocturnes, T.1 / Mizutani, Tsuchida / Casterman / coll.Sakka

Mizutani est professeur de cours du soir. Chaque nuit, sa route croise celles d’enfants et adolescents confrontés au désespoir. Drogue, violence, prostitution ou négligence font partie de leur quotidien. Après un incident tragique, Mizutani décide de leur venir en aide. Devenu le Guetteur, il se promène inlassablement à la recherche de ces êtres en détresse, délaissés par un entourage indifférent à leur destin. Ainsi, il croise Shôta, un enfant de dix ans maltraité par ses parents et bousculé chaque jour à l’école. Heureusement, la directrice de l’école lui fait confiance et comprend son appel à l’aide. Son histoire se terminera bien, mais nombre d’entre elles n’ont pas une fin heureuse… Héritier d’un lourd passé, Mizutani ne baisse pas les bras pour autant car chaque nouvelle rencontre est un combat contre la fatalité et recèle une lueur d’espoir. Ce premier volume est composé de trois récits entrecoupés de courts extraits du journal de Mizutani. Son début  nous entraîne directement dans un univers d’une noirceur aussi profonde que la nuit. Chaque histoire racontée est bouleversante et ne laisse pas insensible. Abordé avec une grande retenue et illustré par un graphisme sobre et réaliste, cet album est une vraie réussite dont on attend la suite avec impatience ! « Blessures nocturnes », tome 1, par Osamu Mizutani et Seiki Tsuchida, est publié dans la collection Sakka des éditions Casterman.


BD commentée par Maïté Vanneste

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