08/04/2014

Harpignies / Elric, Darnaudet / Paquet / coll.Blandice

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Harpignies était un peintre paysagiste qui a eu son heure de gloire au dix-neuvième siècle. En fait, son succès ne fut pas éphémère du tout. Harpignies a reçu de très nombreuses distinctions officielles, jusqu'à celle de Grand officier de la Légion d'honneur. Ses oeuvres sont présentes dans de nombreux musées, dont le prestigieux Louvres à Paris. Mais son nom est peu à peu tombé dans l'oubli depuis sa disparition au milieu du premier grand conflit mondial, à l'âge de nonante-sept ans. Aujourd'hui, une BD nous offre un moment de découverte tout à fait savoureux. Le titre est tout simplement « Harpignies ». Elric et Darnaudet construisent une fiction subtile qui mêle des fragments de la vie du peintre et une histoire imaginaire que vivrait un de ses descendants de nos jours. Ce jeune homme se découvre un talent artistique comparable à celui de son aïeul. Il peint une toile qui, par un concours de circonstances, va devenir un faux vrai Harpignies. Encouragé par une fille dont il tombe amoureux, il va devenir faussaire le temps de quatre tableaux. Les BD qui vous transportent sont rares. Cet album est un petit bijou dont il vous sera impossible de décoller jusqu'à la dernière case. Il y est question de la réalisation de soi. Il y est question des occasions qui jalonnent notre vie et qu'il nous appartient de saisir. Du grand art ! « Harpignies », par Elric et Darnaudet, aux éditions Paquet, collection Blandice.

 

M.Descornet

 

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07/04/2014

Last man T3 / Balak, Sanlaville, Vivès / Casterman / Coll. KSTR

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Les éditions Casterman développent leur catalogue KSTR en explorant des directions inattendues. La série « Last man » a tout du manga, sauf que ce n'en est pas un. Un trio d'auteurs français s'approprie tous les codes de lecture des BD japonaises et nous proposent un récit au climat très particulier. C'est l'histoire d'un combat d'arts martiaux auquel décide de concourir un enfant plutôt chétif. Personne ne voulait former une équipe avec lui. Or, le règlement oblige les concourants à se présenter par paires. Un étranger se présente façon providentielle. Au terme d'extraordinaires péripéties, de combats acharnés mêlés de magie, ils remportent la coupe. Mais l'étranger disparaît avec la coupe. La maman du gamin s'était amourachée de lui. Elle enfourche une moto et emmène son fils vers l'inconnu, à la recherche du fuyard. En chemin, elle surmonte des épreuves, que ce soit des éléments naturels hostiles ou une horde de faux policiers aux mains baladeuses. Les ennuis se multiplient au gré de leur progression. Ils vont aussi trouver des âmes secourables. Les variations de plan et le soin apporté aux expressions faciales, de même que le rythme soutenu, plairont aux amateurs de manga. Quant à l'histoire en elle-même, elle ne manque pas d'attrait. « Last man », troisième tome, par Balak, Sanlaville et Vivès, aux éditions Casterman, collection KSTR.

 

M.Descornet

 

 

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04/04/2014

Perdu dans le temps / Section infini T1 / Tocchini, Queyssi / Le Lombard

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Les éditions du Lombard nous proposent une nouvelle série au graphisme audacieux, presque expressionniste. « Section infini » se décline sur deux époques. La Section Infini est un groupe secret créé au début du vingtième siècle et en lutte perpétuelle contre de mystérieux individus qu'ils nomment « pirates ». L'événement déclencheur le plus visible et interpellant est un bosquet complètement gelé alors tout autour, la température reste tempérée. Suite à cela, un drame se joue. Au fil du temps, les membres de la Section Infini se sont battus avec acharnement en payant le prix fort. Il y a eu des morts. Leur mission s'est transmise de génération en génération. Il est aussi question de voyage dans le temps. Le mystère est entier. Nous ne savons pas quelle est la nature exacte de la menace. Nous ne savons pas non plus qui sont ces étranges personnages qui semblent particulièrement agressifs. La section Infini traque les phénomènes paranormaux. Ce sont autant de manifestations d'un ennemi redoutable. Parallèlement, de nos jours, Edgar Cadès, un docteur en physique spécialisé en mécanique quantique et en géologie s'intéresse de près à certains événements dont il a été témoin. Il entre en contact avec la Section Infini. Un récit qui cherche un peu ses marques. Un graphisme particulièrement intéressant. « Perdu dans le temps », premier tome de « Section infini », par Tocchini et Queyssi, au Lombard.

 

M.Descornet

 

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03/04/2014

Louviers / Ken games T4 / Robledo, Toledano / Dargaud

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On croyait la série « Ken games » terminée vu la conclusion de l'histoire. C'en était déchirant vu la qualité toute attachante des trois personnages principaux. Mais le concept était clairement bouclé, trois personnages, trois albums. Point final. Et puis, l'idée a germé, celle de consacrer un album qui se situerait chronologiquement avant les autres et qui serait consacré à un personnage qui a joué un rôle secondaire mais pourtant déterminant. Et voilà Louviers. Louviers était le compagnon de Ciseaux, une tueuse à gages hors pair. Louviers et Ciseaux se connaissent depuis l'école. Ils ont grandi à la dure. Leurs parcours sont identiques. Ils se sont logiquement mis en couple. Et tout aussi inéluctablement ils ont eu des dissensions et se sont séparés. Louviers est parti en laissant un champ de ruine derrière lui. Il a détruit leur appartement et laissé Ciseaux pour morte. Elle en a réchappé. Lui a atterri au milieu d'un autre champs de ruines, dans un pays en guerre. Il a un contrat à exécuter. Sa couverture, c'est reporter photographe. Contrairement à l'adage, ce n'est pas parce Ciseaux est loin de ses yeux qu'elle est loin de son coeur. Elle habite ses pensées et alimente ses regrets. Cet album est une nouvelle fois une belle réussite qui complète parfaitement la série. « Louviers »,quatrième tome de « Ken games », par Robledo et Toledano, aux éditions Dargaud.

 

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02/04/2014

Joey / Le train des orphelins T4 / Charlot, Fourquemin / Grand angle

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Entre la moitié du dix-neuvième siècle et le premier tiers du vingtième, aux Etats-Unis, une association a organisé la transhumance d'orphelins. Près de deux cent cinquante mille orphelins et enfants des rues ont été conduits par train des grandes villes vers les zones rurales. L'objectif était double. D'une part donner une famille à des enfants désoeuvrés. Et d'autre part contribuer au peuplement des zones déshéritées. Il est clair que bon nombre de ses enfants représentaient une main d'oeuvre obéissante et bon marché, et pas seulement la concrétisation d'un désir de progéniture. La BD « le train des orphelins », de Charlot et Fourquemin, utilise ce fait historique comme prétexte à un récit touchant. C'est l'histoire de Jim, Harvey, Lisa et Joey. Ce sont quatre points de vues sur une même histoire commune. Chacun l'a vécue différemment mais intensément. C'est une histoire lacérée par la misère. Une histoire de mensonges, de trahisons, de coups bas, justifiés par une terrible volonté de survivre. Le plus poignant, c'est que ce sont des jeunes enfants que la vie a poussés à ce genre d'extrémités. Les événements du passé ont un impact sur les personnes âgées que nous retrouvons bien des années plus tard. Et c'est alors une histoire de retrouvailles qui prend le pas, avec toujours autant d'intensité. « Joey », quatrième tome du « train des orphelins », par Charlot et Fourquemin, aux éditions Grand Angle.

 

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01/04/2014

Dans les ténèbres / Prométhée T9 / Bec, Raffaele / Soleil

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Depuis peu, tous les jours, à treize heures treize, des événements catastrophiques frappent l'humanité. Par exemple, tous les avions en vol s'écrasent en même temps. « Prométhée » est une des séries les plus intrigantes du moment. Le scénariste Christophe Bec distille au compte-gouttes les ingrédients d'un suspense d'une rare densité. Il ponctue son récit de flash-back qui remontent aux origines des mythes. Dans la mythologie grecque, Prométhée a façonné l'homme avec de la terre glaise. Cette référence n'est pas innocente. L'une des hypothèses plausibles qui expliquerait les cataclysmes qui frappent les hommes serait que ceux-ci auraient déçu leurs créateurs. Ces créateurs seraient des extra-terrestres. Ils auraient décidé de supprimer l'humanité en commençant par détruire les technologies qui l'ont menées à dominer le monde. Il y a là derrière un excès d'orgueil, un des péchés originels. La punition serait donc précédée d'une bonne leçon, comme à un enfant pas sage. L'humanité met du temps à comprendre son erreur. Elle se pose les mauvaises questions et entreprend les mauvaises actions pour s'en sortir. Fondamentalement, c'est ce que nous vivons actuellement. Notre comportement nous conduit droit vers notre perte. Le dérèglement climatique se fait de plus en plus évident, mais nous persistons. « Dans les ténèbres », première partie, neuvième tome de « Prométhée », par Bec et Raffaele, chez Soleil.

 

M.Descornet

 

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31/03/2014

Entrée nord / Ordures T1 / Cinna, Piatzsek / Futuropolis

 

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Les éditions Futuropolis nous proposent « Ordures », une BD en deux tomes signée Cinna et Piatzsek. C'est l'histoire contemporaine de quelques jeunes désoeuvrés, autrement dit des racailles, des ordures. Ce sobriquet leur colle à la peau. Il faut dire qu'ils fouillent les décharges à la recherche de tout ce qui pourrait se revendre. La misère et la crasse se conjuguent harmonieusement à la violence pour composer leur quotidien. Ce récit en noir et blanc ne fait pas dans la demi-teinte. C'est une claque bien cinglante que l'on se prend en pleine gueule. Les grandes villes sont peuplées de citoyens de seconde zone, pour ne pas dire tout simplement de LA zone. Ils survivent de combines en tuyaux percés, de désillusions en bastons. La menace de se faire démolir le portrait par une bande de malfrats est permanente. Parfois, ils tentent de les intégrer, ces bandes. Mais ça se solde toujours par une mise au point musclée. Ce sont des déchets, des rebuts de la société. Et pourtant, ils ont aussi un nom, un prénom, des envies et de l'espoir, un idéal à atteindre. Ils s'appellent Moudy, Alex ou Samir et c'est leur histoire, même si elle est fictive, qui est étalée sur ces pages impitoyables. La nature humaine est féroce. Au-delà des apparences, masquées par notre petit confort tranquille, nous ne voyons plus la brutalité du réel. Une petite piqûre de rappel : « Entrée nord », premier tome de « Ordures », par Cinna et Piatzszek, chez Futuropolis.

 

M.Descornet

 

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